Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

mercredi 27 mai 2009

45 minutes d'écriture dans le tramway d'Eperon à Antarès

Eperon-Cité Plantagenêt

Le pipe show ou la chaude pisse est à l'affiche ce soir, la dame en noir et bleu a d'ailleurs déposé ses sacs à mes pieds comme s'il s'agissait d'une invitation ! Il ne faut pas l'influencer sinon la manipuler.


République

Destination Antarès, les portes s'ouvrent, des gens de toutes les couleurs, ils puent d'ailleurs !


Préfecture

"Pourquoi Sarko n'aura jamais de cheveux blancs? Parce que Carla Bruni ! héhé !!": de Fifi Brin D'acier. Ça s'agglutine et nous imaginons quels accessoires pourraient rendre plus agréable le tramway. 


Leclerc Fleurus

La brochette en face de moi, toute serrée, ils sont trop chou, de plus en plus rouges voire même de plus en plus gonflés.


Arrivée Gare

Départ de Fifi. Les gens se cramponnent avec un air triste et des yeux malheureux. Personne ne tente de tenir en équilibre façon exercice surfing.


Zola

Ouverture côté droit (pas gauche, ça slalome un peu) Ça freine brusquement, ça détend et ça re-roule.


Viaducs

L'homme au sac à dos jaune s'infiltre furtivement à travers les portes transparents qui s'ouvrent devant lui. Il passe le seuil et se fond le plus rapidement possible dans la masse comme s'il voulait que personne ne l'ait remarqué.


Jaurès Pavillon

La femme aux lunettes sur la tête nous observe nous, avec nos crayons et nos notes suspectes, elle s'interroge, mais que font-ils? Elle regarde tout autour d'elle avec inquiétude.


Saint Martin

Ouverture côté gauche (slalom)

Madame le contrôleur est entrée. Mine de rien elle se faufile dans une angle et observe. En fait il y en a 4 avec leurs airs supérieurs de gens importants.


Pont Lieu

Elle nous observe toujours la p'tite avec ses lunettes!


Durand Vaillant

Une grosse machine devant moi, près de sa braguette, sûrement pour distribuer les amendes ! 


Goya

La p'tite avec son voile semble complètement apeurée, comme agressée par notre présence, elle se cramponne et fixe le sol.


Glonnière-Centre sud

Claude prend des photos. Une demoiselle s'agrippe à la rampe centrale comme si elle en était proche, comme si elle la chérissait.


Jules Ramus

Concession automobile, tout le monde s'en va ! On oublie les immeubles, c'est petites maisons et verdure.


Guetteloup

Brice, un rond-point près des 24 ! Le mur des 24 ! Des bruits d'essaims d'abeilles et un hélicoptère. Nous traversons le tunnel sous le Mans direction Antarès, son terminus au milieu de la nature. Merci, tout le monde descend. 


Lola Dubois





- 1 mississipi, 2 mississipis, 3 mississipis, 4 mississipis, 5 mississipis, 6 mississipis, 7 mississipis, 8 mississipis, 9 mississipis, 10 mississipis, 11 mississipis, 12 mississipis ...


- LA REPUBLIQUE ! ... constitutionnelle ...


- La Préfecture a subi l'assaut des manifestants hier 13 mai 2009 à 14h07, les vandales usaient de pierres et de bâtons de bois comme d'armes ...


- Maintenant, pour le moins cher, vous savez qu'il faut aller chez ... Leclerc-Fleurus // Maintenant, pour le moins cher, vous savez qu'il faut aller chez ... Leclerc-Fleurus // Maintenant, pour le moins cher, vous savez qu'il faut aller chez ... Leclerc-Fleurus


- Tum-tan-tadam !


- Ecrivain né, provocateur franc, Brumaire porte son sceau ...


- Construits par les Romains ? non, pas vraiment, mais c'est pas loin.


- La demeure secondaire de monsieur J.


- Béni, divin, céleste, mais aussi parfois pêcheur, le Martin est assez discret dans le monde d'aujourd'hui.


- 4400 mètres au-dessus des eaux ?!


- Brave, preux, courageux, chevalier sous l'égide du temps blasonné avec un D.


- Autant peintre que graveur il me semble, mais j'ignorais qu'il habitait ici ...


- YES ! Il avait pas sa carte ! (c'est ce qu'il cria à côté des contrôleurs ...)


- César somble ému avec un R.


- Bergers, bergères, attention à vos moutons !


- Râts et Âne.



Etienne Safa





Eperon cité plantagenêt

l'arrêt du médecin de maman

l'escroc comme ils disent les autres

MERCI DE VALIDER VOTRE TICKET OU CARTE MOOVEA

le cul sur le bord et dans le tram d'en face

on nous observe,

il part WILBUR WRIGHT

s'envole

tac a tac, tac a tac, tac a tac, tac a tac, tac a tac

la valise sur les pavés.

LE TRAM

éperon

J'ai été à Rennes et je me suis fait niquer mon permis

à la sortie d'un lieu-dit

à 100 mètres du panneau

niquer c'est comme schtroumpfer

c'est le mot qui va partout!

4 maisons!

Deg'

sucette cœur à la fraise

portable rose et ongle peint

république

chut

bah elle est pas là

ce couple – la femme à la minerve

et le monsieur à la canne!

On peut dire un couple de bras cassés...

sans bras cassé mais avec deux pieds gauches.

Préfecture

miam miam

ça sent la pisse de chat

ou la transpiration

c'est moi ou c'est eux ?

Peut-être mon blouson...

Il va y avoir des gogos danseuses

entre Pierre et Terre

l'œil et le buste à la fenêtre.

Leclerc-fleurus

EMO – hémophile, un coup de frein

et je me bleute

trop de monde pas de risques

la foule me retient

et m'entraîne en même temps

La Famille Est A La Maison.

Gare

un pull tricoté

un œil vitreux

le SAMU

l'œuvre de ZOLA

la statue se brise

zola

du premier coup, des yeux bleus

pour aller à la poste

et s'emporte sans porte

viaduc

deux de chaque

c'est possible, la pizza

bien chaude

nan nan c'est deux sacs à dos en un

10 à 20 kilos sur le dos

pire qu'une tortue

l'écolier porte sa baraque

même sans être barak

Jaurès pavillon

l'or logé dans les poches

du compteur d'or parisien

jaune comme le faux

et vert comme l'espoir

un sacré palmier qui donne sur

le st-martin

le pontlieue – comme 20000 mais pont

st-martin

anciennement le 2ème centre ville de la ville

pontlieue, le lieu

devenue carrefour de la mort

pas à cause des accidents

mais grâce aux sociétés

de pompes funèbres.

Pontlieue

Durant-Vaillant

au ciel le cerf-volant

au ciel le ptit garçon skatant

au ciel les sucettes dans tes dents

au ciel les insectes papillonnants

au ciel les mouette d'Ouessant

au ciel le p'tite qui a le lait aux dents

goya

fenêtre ouverte

sur le garage

glonnière centre sud

une veste sur une rambarde

un enfant la laisse

tomber bien bas

et ne s'en aperçoit

qu'une fois rentré chez soi

trop tard

jules raimu

les lèvres en sang

c'est sensationnel

pas de baume à lèvre.

Guetteloup

ça couine c'est les moto-cycle

de guetteloup

ou plutôt le sifflet de la maréchaussée

et le syndicat mixte

entre pierre et plantes grasses

me stop qu'au feu clignotant

de temps en temps

pas trop souvent

Quand un camp de caravanes

s'installe et stagne, les livraisons

de nos cargaisons pourrissent.

Antares

 


Marielle Pottier

mardi 26 mai 2009

Pourquoi les lampadaires sont restés allumés


...Les plus grands journaux européens ne parlaient plus que de ça. Le vénérable Ouest France lui-même se penchait sur ce que l'on avait alors coutume d'appeler : le mystère des lampadaires jaunes
Jeudi 23 avril 2009, au Mans, l'inutilité et l'absurde avaient donné la main au gaspillage pour engendrer un événement des plus étranges. Pendant une journée entière, les éclairages publics étaient restés allumés. Ils n'avaient pas fait grève un instant. Les hypothèses n'avaient pas manqué. Sabotage, invasion de vers luisants, installation lumineuse d'un de ces tarés d'élèves des Beaux-Arts dans le cadre d'un atelier appelé "transformer", ou bien encore, extension des festivités de la nuit des chimères pour fêter la candidature surprise de Mr Boulard aux européennes. Mais aucune de ces hypothèses ne tenait la route. La population était perplexe, et la municipalité muette. Personne ne se risquait plus à émettre la moindre hypothèse car il semblait que toutes les pistes avaient été épuisées. Une éventuelle hallucination collective aurait pu être une explication rationnelle mais les preuves matérielles collectées par les nombreux témoins infirmaient cette proposition. Bien plus tard, la rédaction du Maine avoua qu'en ces temps de crise la situation du journal était difficile et qu'ils avaient eu l'idée, grâce à des complicités dans l'équipe d'entretien, de créer un sujet porteur à se mettre sous le clavier. Mais cette explication n'a pas convaincu tout le monde et depuis cet évènement, toute une horde de fanatiques de l'étrange se donne rendez-vous chaque année le 23 avril, dans l'espoir d'assister une nouvelle fois aux désormais célèbres 24 heures du Mans.

Rose Mansion




Le Passant des Lumières

Pourquoi les lampadaires sont-ils restés allumés ?

J'ai entendu une discussion au coin d'une rue, je vais essayer de vous la retranscrire ; une voix disait : 
« Regarde là-bas !
- Quel étrange personnage ! dit l'autre un peu moqueuse
- Je l'ai vu passer plusieurs fois tout-à-l'heure, il tourne en rond depuis un bon moment …
- Il est perdu, tu crois ?
- Il semblerait … en tout cas, il n'a pas l'air de savoir où il va.
- Nous devrions peut-être l'aider ?
- Je ne pense pas qu'il comprendra.
- Un étranger ? fit la voix d'une voix étonnée
- On dirait : regarde sa façon de marcher, il n'a rien d'un citadin !
- Ah ça oui, en effet ! »

C'est alors qu'une troisième voix apparut, plus grave, certainement celle d'un homme d'un âge assez avancé. Il parlait sur un ton assez bougon, 
et semblait avoir des idées très arrêtées :

- Pas de ça mesdemoiselles ! Arriva-t-il
- Oh, mon oncle, nous n'envisagions rien, …
- Rien ENCORE vous voulez dire ! Je vous connais bien, mes petites, vous voyez un bel étranger rôder dans le coin, et vous ne savez plus vous tenir ! Si 
je n'étais pas là, vous seriez probablement déjà en train de l'asticoter !
- Mais non voyons, nous ne pensions qu'à l'aider, assura-t-elle
- L'aider ?! M'est avis que vous le dévoriez déjà des yeux !
- Il faut dire qu'il est bel homme …
- Un bel homme perdu …
- Perdu ? Qu'en savez-vous qu'il est perdu ?!
- Allons, mon oncle, regardez-le, ça se voit !
- … et il tourne comme ça depuis longtemps ?! s'étonna-t-il
- Ôooh oui ! Et nous ne pourrions pas l'aider : il ne comprendrait pas !
- C'est vrai, même pas besoin de vérifier pour dire qu'il ne connaît pas notre langue.
- En effet, ce serait peu probable, comme tous les gens de son espèce d'ailleurs … 
- Ne pouvons-nous vraiment pas l'aider ? s'enquit-elle
- … il y a peut-être un moyen … dit l'oncle d'un air mystérieux »

Et le voilà parti à s'enquérir auprès des autres pour leur demander leur avis. Il s'ensuivit une longue discussion dont je n'ai pas tout relevé, et 
surtout qu'il serait impossible de retranscrire tant les mots des uns et des autres s'enchevêtraient … eux, par contre, semblaient tout-à-fait se 
comprendre … Quoi qu'ils aient dit, ils décidèrent tous de placer une petite lumière pour le guider jusqu'à bon port, à travers les rues et au-dessus 
des toits, au rebord des balcons et sur les fils de la ville. La lueur perdura dans les hauteurs jusqu'à ce que ce passant étrange ait enfin retrouvé sa 
route, puis elles s'éteignirent, laissant la ville perplexe, dont nombre d'habitants se posent encore la question.
Si vous voyez ça et là les lampadaires rester allumés, c'est qu'IL est en train de passer !

Etienne Safa


Les lampadaires sont restés allumés,
Et le resteront sans doute encore un bon couple d'années.
'Mais pourquoi' me direz-vous mon bon monsieur,
car ici le sommeil des allumés prolifère à longueur de journées,
le soleil n'ayant que faire de tout ces grands fatigués,
a choisi de s'éclipser, je le répète, pour un bon couple d'années.
Le sommeil croyez-moi n'était pas la seule cause de ce triste choix.
Quelques fanfarons mal lunés, de mur en mur, n'arrêtaient pas de se cogner.
De nuit comme de jour, des luminaires encore branchés,
inconcevable, mais jai pourtant entendu dire que Monsieur Magritte,
lui-même, serait à l'origine de cette décision pour le moins éclairée.
Desormais vous pourrez contempler la pointe de vos pieds,
au grand bonheur de vos cabots qui, en levant la patte,
nous le savons, préfèrent la commodité d'un territoire éclairé.


Restez éclairés,
bien à vous,
Justin Delareux.


Pourquoi les lampadaires sont restés allumés dans l'agglo du mans ?
-il y avait une éclipse...
-ça fait plus joli...
-ils ont construit trop de buildings autour...
-les marchands de lampadaires font de la pub...
-il y avait un film de tourné...
-ils se sont rendu compte que le sol datait du néolithique...
-quelqu'un a perdu sa dernière dent...
 
 
 
 Il y eu récemment une éclipse dans l'agglo du Mans, peu après la construction des buildings autour.
Du coup, un homme, âgé de 77 ans, a perdu sa dernière dent. Par respect pour le vieil homme, tout le monde se mit à chercher...
mais un seul homme, un brave, s'est assez servi de sa tête pour avoir l'idée de détecter le chicot au Carbone 14 !
Cet homme était en fait un génie en physique, il se faisait même payer par les marchands de lampadaires pour faire leurs publicités.
Il était donc facile pour lui de retrouver une modeste dent dans l'agglo du Mans. Il le fit sans peine mais découvrit aussi autre chose...
Le Carbone 14 réagissait à des molécules qu'il n'avait jamais vues... même lorsqu'il tourna son film ici !
Après de longues recherches auprès de spécialistes, on a découvert qu'il s'agissait d'un sol datant du Néolithique, 
de pauvres pierres et pavés poussiéreux, où l'on a pu observer, après sa restauration, de belles icônes préhistoriques gravées...
Depuis, l'agglo du Mans est passée rapidement de "cité à tir groupé" à "patrimoine protégé par l'Unesco".
Les habitants pensent que ça fait quand-même plus joli...
 
A Bientôt
 
David Jousse
 

Rose Mansion

« 4000 mètres carrés, un lieu calme, idéal, propice à la guérison, je suis sûre qu'elle s'y sentira bien ». La responsable du centre égrenait les « multiples avantages » de cette prison aux murs coquille d'œuf. Je n'avais qu'une envie, trouver une raboteuse et lui polir la face pour ne plus y voir son sourire figé. « Il y a aussi les bureaux, les ateliers d'artistes, les entrepôts, les banques et la salle des coffres, l'entrée des cours et les parkings. ». Il n'y avait aucune surprise, elle égrenait la description de tous les lieux, jusqu'aux corridors menant aux salles de détente.

Ma mère, les yeux rivés sur la brochure, la feuilletait avec application, elle semblait remplie de la certitude et de la satisfaction d'avoir trouvé un endroit où me caser. J'avais aussitôt changé mon regard de place et enfoui ma tête dans la capuche de mon paletot en cuir brun.

La salle de détente justement, nous y étions.

Le système pileux de mes bras se hérissa instantanément lors de ma rencontre avec la tapisserie. Des fleurs, encore plus moches que grosses, et qui ne s'accordaient même pas avec le lustre néo-médiéval et ses fausses bougies.

« C'est dans cette salle que nous fêtons l'épiphanie, en février. » Nous expliqua la femme au tailleur blanc cassé.

« Je croyais que c'était en janvier. » Fit doctement remarquer ma mère.

« Non, non, il y a déjà le changement d'année, nous préférons que nos pensionnaires ne vivent qu'un événement potentiellement traumatisant à la fois. »

En matière d'événement traumatisant, la première semaine aurait nécessité un quinquennat d'isolement pour être contrebalancé. Je rencontrais des vieilles fantasques, deux adolescents diaphanes et éthérés. Elle, belle comme une publicité de jean pour gosse de riche. Lui, coiffé comme un footballeur de ligue 1. Les deux me toisaient d'un air sceptique et interrogateur. J'enfouis ma tête dans ma capuche - ce mouvement était maintenant devenu un réflexe - et je m'éloignai, en prenant soin de garder le même air indifférent que j'avais avant de les rencontrer sur mon chemin. Je rasai les murs couleur pâté de foie et m'assis sur le lino mauve, bien cachée.

Je fus en revanche particulièrement attentive à Patrick, un américain névrosé, qui m'expliquait l'intérêt tout particulier qu'il avait pour les systèmes de fermeture de toute sorte. On l'avait envoyé ici parce qu'il avait passé une semaine à calculer s'il était possible d'aller aussi vite en slalomant entre toutes les portes de chez lui en courant ; qu'en faisant le tour normalement, mais en marchant normalement.

« Mais ça ne marchait pas... Et donc, si je ne faisais qu'ouvrir des serrures, je prendrais quand même un retard de 0,333 seconde... »

Je pris un plaisir sincère à l'écouter développer ses théories et lui proposai même d'autres expériences potentielles, pour quand nous serions sortis. Car pour ma part, c'étaient plutôt les systèmes d'ouverture qui m'intéressaient, vous allez me dire : « ouverture, fermeture, il y a un lien.» Mais ouverture, ça signifie que mon but c'est l'extérieur. Sortir, pas rentrer.

D'ailleurs demain, on sort. Adieu la vieille et ses tailleurs à la Laura Bush; la pouffiasse en grève de la faim et les errants au regard vitreux. On s'en va. En plus, il me semble que dehors, il y a des couleurs vives.

Choses en souvenir de Sei Shônagon 3

Choses dont on attendait beaucoup et qui se révèlent décevantes.


Le nouveau disque qu'on vient d'acheter, dont on avait entendu quelques chansons qui sont finalement les seules qui nous plaisent.


Un gâteau que l'on sait délicieux, mais qui nous écœure après seulement quelques bouchées parce qu'on n'a plus faim.


Le coucher un soir de tempête, parce qu'on entend pas autant qu'on aurait voulu le vent qui souffle.


Une paire de chaussures magnifiques dont on rêve depuis longtemps, qu'on obtient enfin et qui nous meurtrit les pieds dès qu'on les enfile.


Une carte postale d'une personne qui nous est très chère et sur laquelle il n'y a écrit que: « Salut Rose, ici il fait super beau, et on s'amuse beaucoup! J'espère que toi aussi. A bientôt. »


Une sortie champignons où on ne trouve qu'un cèpe.


Un gâteau parfaitement cuit et appétissant dont la moitié reste attachée au fond au démoulage.


Une fête de Noël où les gens se crêpent le chignon.


Un coup de téléphone à un ami proche durant lequel on s'ennuie.


Un film de James Bond dans lequel il ne dit pas « Je m'appelle Bond, James Bond. »


Une journée qui commence avec le soleil et qui vire immédiatement au gris, gris qui se maintient jusqu'au soir, lui.


Un bain chaud et parfumé dans lequel on se sent comme une infusion de tilleul au bout d'une minute.


Récupérer ses photos de vacances, après le développement et s'apercevoir qu'il y a la marque de son doigt sur la moitié d'entre elles.


Décider de faire l'effort de se vernir les ongles et n'obtenir qu'un résultat médiocre parce qu'on a pas l'habitude de le faire.


S'approcher d'une fleur magnifique et se rendre compte qu'elle ne sent rien.


Lire un vieux livre qui nous plaît et s'apercevoir que quelques pages ont disparu.


Décider de trier ses affaires pour mettre de l'ordre et n'avoir pas terminé à la fin de la journée, être obligé de se coucher dans une chambre encombrée de désordre.


Programmer un dîner aux bougies pour cause de panne de courant et se rendre compte à 20 heures 42 qu'il est rétabli.


Mettre la cassette dans le magnétoscope, regarder une minute de ce qu'on avait enregistré la veille et... se rendre compte qu'on n'avait pas rembobiné avant de lancer l'enregistrement.



Petits plaisirs culinaires


Ne pas utiliser de spatule pour vider la pâte du gâteau dans le plat, afin de pouvoir en garder plus pour nettoyer le saladier.


Tailler le gâteau pour lui donner la forme voulue et manger les morceaux qui restent.


Manger les petits grumeaux de chocolat en poudre à la surface du lait froid.


Rajouter du beurre sur la tartine grillée parce que celui qu'on avait mis au départ est déjà fondu.


Piocher, après le petit-déjeuner, dans le sachet de muesli les noisettes qui surnagent, tout en sachant que le dernier bol du sachet sera moins savoureux que les autres.


Râcler à la petite cuillère la couche plus blanche sur la surface du pot de miel.


Finir le dernier morceau de pain, un peu rassis, avec un morceau de comté.


Entamer la pâte à tartiner.


Manger un yahourt avec une cuillère plongée dans le miel ou la pâte à tartiner.


Aller dans le jardin manger des fraises le matin au réveil.


Tomber sur le cœur de salade en se servant.


Manger le moreau de pâte qui reste une fois qu'on n'en a plus assez pour faire une forme complète à l'emporte-pièce.


Retourner chez sa grand mère et lui demander de faire des crêpes.


Prendre une petite cuillère pour racler les bords de la bassine en cuivre après la cuisson de la confiture.


Découvrir une recette de meringue qui permet d'en obtenir une qui ne colle pas aux dents.


Faire un petit creux dans la boule de pâte brisée qui reste après avoir posé le reste dans le plat pour la quiche, y mettre du sucre roux, malaxer un peu et la manger.

Réussir son caramel du premier coup.


Parvenir à retrouver par ses propres moyens le goût d'une pâtisserie qu'on avait achetée.


Découvrir que finalement on aime un plat, alors que depuis son enfance on croyait le détester.


La première fois qu'on réussit à apprécier le café.


La première fois qu'on réussit à apprécier le café sans le sucrer.


La première fois qu'on réussit à ne pas rater la première crêpe.


La première gorgée de bière, non, je plaisante. En plus, je ne l'ai jamais lu, ce livre.


Rose Mansion

Marion Parpirolles

textes de Bertolt Brecht "Histoire de monsieur Keuner


Texte d'origine

Il est bon ami comme il est bon ennemi. Très grand et lourd, il est cependant aussi très rapide. Sa trompe amène à un énorme corps même les plus petites nourritures, même des noix. Ses oreilles sont mobiles: il n'entend que ce qui lui convient. Il vit aussi très vieux. Il est également sociable, et cela non seulement avec les éléphants. Il est partout aimé autant que craint. Un certain côté comique fait qu'il peut même être vénéré.

Texte retravaillé:

Elle était mauvaise amie comme elle était mauvaise ennemie. Très petite et souple, elle sera cependant aussi très laide. Ses cheveux recouvrent un énorme cou même les plus grandes étoffes sont minuscules. Ses narines sont figées : elle ne sent que les odeurs agréables. Elle meurt très jeune. Elle n'est pas réellement bavarde sauf avec les siens. Elle est partout haïe autant qu'idolâtrée. Certains côtés acariâtres font qu'elle peut même être snobée.





Texte d'origine

Ce qui est bien, ce n'est pas que les hommes soient différents, mais c'est qu'ils soient semblables. Les semblables se plaisent. Les différents s'ennuient.


Texte retravaillé:

Ce qui mauvais, c'est que les animaux ne sont pas semblables, mais c'est qu'ils soient différents. Les différents se plaisent. Les semblables s'ennuient.






Texte d'origine:

Quelqu'un racontait de Keuner jeune qu'il l'avait entendu dire, un matin, à une jeune fille qui lui plaisait beaucoup: "J'ai rêvé de vous cette nuit. Vous étiez très raisonnable".


Texte retravaillé:

Un homme lisait de Keuner vieux qu'il l'aurait vue, un soir, à une vielle femme qui le rebutait énormément: "J'ai pensé à vous ce matin, je vous trouvais peu de raisons".

Choses en souvenir de Sei Shônagon 2

  • Les choses qui gagnent à être entendues



Une tempête en pleine nuit • Le brouhaha d'une salle de restaurant  • Une clarinette • une mer agitée • Un plongeon dans une rivière • Le claquement des talons d'une danseuse de flamenco • Le sifflement d'un train • Un fou rire • Une composition d'Erik Satie • La voix de Gérard Darmon •





  • Les choses qui gagnent à être senties



Un après-midi d'été à la campagne • Un gâteau sortant du four • Un bon vin • Un livre • Un vêtement propre • L'argousier • Un feu de cheminée • Le cuir • Un thé Tchaé juste fait • une authentique paella espagnole •





  • Les choses qui gagnent à être dites




Je te hais • Dire à une personne qu'elle est inintéressante • Dieu n'existe pas • Excuse-moi • Le petit chat est mort • Je n'aime pas les pois cassés • J'ai faim • Xylophone • Forcément ça dépend ça dépasse • Je pars • Ça me touche •




Marion Parpirolles


JEUDI 25 DECEMBRE 2008 : 18h00

Depuis un petit moment une ambiance particulière règne dans la maison où nous nous trouvons. Chaque couple, après s’être bien nourri, décide maintenant de s’en aller ! M propose à chacun d’emporter chez eux des vestiges du repas. Ch semble bien décidé à partir, et au plus vite de préférence ! C’est étrange ! Elle qui d’habitude clame haut et fort qu’elle est bien ici ! La voilà maintenant qui ne souhaite plus rester. Elle presse C qui lui de son côté comme à ses habitudes, prend son temps. Pourquoi en changer !

Après quelques minutes de réflexion, je me rends compte que cela fait bien longtemps que je n’avais plus entendu le son de la voix de Ch. Qu’a-t-elle donc à nous cacher ? Généralement c’est une fille plutôt bavarde, qui a toujours un petit truc à raconter !

Je décide de la suivre aussi discrètement que possible. Peut-être découvrirai-je ce qui me perturbe en elle aujourd’hui.

C ne semble pas décider à partir alors elle s’assoit dans un des fauteuils du salon. Attendant là sans mot dire !

Ils partent tous les uns après les autres

Le chien aboie dans la rue au moment ou Ch monte dans sa voiture, peut-être veut-il nous avertir de ce qui s’est passé presque sous nos yeux ?

J’ai analysé tous les indices que j’ai pu trouver  et rien ne m’est apparu comme preuve d’une possible culpabilité.

 

B est déjà sorti plusieurs fois pour fumer ses cigarettes. Peut-être a-t-il remarqué quelque chose ! Il faudra que je prenne le temps de l’interroger sans éveiller ses soupçons.


Ophélie Gélu

 

une amie d'enfance d'Ophélie Gélu

On frappe à la porte.

Elle entre en suivant la grande personne qui la précède, et elle pleure !

...

Je ne lui ai pas parlé ce jour-là

Choses en souvenir de Sei Shônagon

Choses qui gagnent à être photographiées
Les cris stridents d'un enfant colérique qui ne parvient pas à obtenir le dernier camion de pompier dans un supermarché.
Une nuit paisible bouleversée par quelques ronflements.
Choses irritables ou qui dérangent
Le bruit subtil des touches du clavier de l'ordinateur à l'autre bout de la pièce.
Les chuchotements incessants.
La demoiselle qui fait résonner ses ongles sur la table.
Les piaffements.
Choses indiscutables
Appeler son enfant Palmyre au 21ème siècle.
Choses discutables
La tarification du Cirque Arlette Gruss (20 euros tout de même)
Choses qui gagnent à être lues
La gigantesque dispute du jeune couple dans la file d'attente.
Les talons aiguilles de ma charmante voisine du haut.
Les colères des enfants devant la fenêtre entre-ouverte.
Les sifflements des adolescents sur leur scooter.
Choses qui gagnent être retouchées
La guirlande qui rappelle le passage à l'an 2000 sur la Tour Eiffel
Les guirlandes en général.
Le repas traditionnel de Noël.
Le peu d'énergie des gens qui marchent dans la rue.
Subir la mauvaise foi de l'équipe SNCF.
Choses à inventer ou conceptualiser
La téléportation.
Un arbre où on peut récolter les billets de 20 !
Un voyage dans l'espace pour chaque individu de plus de 18 ans offert par la NASA
Choses 0 méditer
Nos plaintes continuelles.
Les extraterrestres.
Choses qui gagnent à être vécues
La descente díun sommet avec un mètre de poudre.
Chevaucher une vague pendant la tempête.
Un fou rire à l'occasion d'une situation on ne peut plus normale.

Ne vous en faites pas je vais bien

De nature un peu fantasque,

je m'intéresse aux événements météorologiques.

De père documentaliste et de mère raboteuse,

j'aime feuilleter des cappuccinos en terrasse.

De grand père gay et de grand mère putain,

j'ai très tôt fréquenté le ROSA PARKS.

De confession catholique,

je n'ai jamais tué de moustique.

De tendance masochiste,

je n'écrase que mes mains dans les portes.

De valeur intégriste,

j'ai tué le sans-abri que je vois des fois devant l'alliance française, pour l'image.

De bâti plutôt frêle,

il m'a fallu neuf heures pour le monter chez moi.

De volonté écologique,

il m'a fallu deux journées pour le passer en conserve de pâté aux champignons.

De nature frileuse,

j'ai relevé la capuche de mon paletot pendant l'action.

D'une conviction de transmission,

j'ai partagé les pots entres amis.

De nature timide,

je ne leur ai pas révélé ma recette malgré l'agréable surprise de leurs papilles.

De fatigue écrasante,

j'ai dormi ces quatre derniers jours pour m'en remettre.

Mais ne vous en faites pas, je vais bien.


Qui êtes-vous ?

Ma photo
Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist