Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

vendredi 4 octobre 2013

Benoît Villemont écrit vite et ses phrases se terminent par...


Depuis ce jour

Je suis ton...
Tu es ma...
Tu es mon...
Je suis ta...
Je suis Toi.

Tu es venu à moi un jour de...
quand le Ciel était si...
comme Toi.

Un arc-en-ciel dans mon...
Une lumière dans ma...
Ce qui est à toi.

Tu m'as donné la...
Tu m'as rendu la...
Tu me fais chanter la...
Tu me fais danser la...
Car partout tu es...

Tu es celui qui a libéré mon...
à tous les Hommes du...
Qui a sauvé le Monde de...
sur tous les Chemins du...

Et en toi rien ne...
Et en toi rien ne peut...
Et en toi rien ne pourra...
Puisque tu es tout et tout est à...

Depuis que tu es venu à...
J'ai perdu les...
J'ai perdu la fin des...
Jusqu'à ce que je perde la...
Ce Tout qui est Toi !

Mais j'ai retrouvé la véritable...
Mais j'ai retrouvé le véritable...
Et tout ce qui en moi s'en va
et tout ce qui en moi se meurt,
murmure ton Nom en silence
au plus profond de mon...

Depuis ce jour,
Lui seul peut parler de...

jeudi 3 octobre 2013

Comment Clothilde Pérard ne termine pas ses phrases...

Cela m'arrive tout le temps. J'ai l'idée, j'ouvre la bouche et le... bah... ça sort pas. C'est toujours ce qu'il y a de plus... et c'est extrêmement... C'est à ce moment là, lorsque j’attends l'approbation, le hochement de tête rassurant de mon... que le célèbre « Euh... » s'échappe et anéantit toute ma phrase. Alors au lieu d'avoir un sourire , un froncement de sourcils ou un hochement, je ne reçois qu'une expression de... enfin vous voyez ce que je veux dire ? Et quand parfois la personne qui m'écoute, la pauvre, vient à deviner LE mot que j'ai sur le bout de... c'est... Waouh ! Vous comprenez ? Je sais ce que je veux dire ! Je le sais ! Et ça m’énerve de passer pour une... Merde ! J'en ai marre de... Argh ! Bon... On arrête de parler ça ? Et ça se termine toujours en... bah... comme ça !


C P

dimanche 21 avril 2013

Les faux-amis




La grande inspiration de la page blanche de gauche contraste vivement avec le premier bloc dactylographique de droite. 
Puis une deuxième page scandée de rectangles d’écriture. Seuls quelques espaces viennent trouer les rectangles parfaits d’une mise en page typographique resserrée. 
Sans pour autant qualifier cette mise en page d’étouffante, l’écriture s’ordonne de manière épurée tout en gardant cette lisibilité due à la fois à la régularité des espacements et à la taille et le type de police.
Ronde et accentuée, la lecture est agréable à l’œil. Les voyelles aèrent tandis que les consommes tranchent l’espace de lecture.
Face à la richesse et à la complexité verbale et grammaticale de la langue française, l’italien détient le prestige d’être la langue internationnale de la culture et des arts par excellence (l’architecture de Florence, importance de la littérature italienne durant le Moyen-âge...).
La dialectique italienne détient alors une beauté dont la phonétique ressemble à celle de l’espagnol (consonnes géminées ou doubles). 
Malgré son identité grapho-phonétique directement lié à la richesse historique de l’Italie, la dialectique italienne prouve qu’elle a également puisé de ce qui l'entourait, géographiquement parlant. A la fois qualifiée de langue romane, d’ou sa ressemblance flagrante dans la construction des mots avec le français, l’italien détient un vocalisme particulier (tonalité, accentuation...) qui dans sa sonorité peut être considéré de musicale.
C’est pourquoi, dans une lecture habituelle de ce texte, il est probable qu’une compréhension directe puisse être réalisable. Néanmoins, l’intérêt d’une langue est d’y trouver des faux-amis.

Bryan Peltier

Sans connaître un mot d'italien


Il poeta

Per poter mettere, non sei rispondere
Costosissimi
Notti insonni
Lasciate perdere, lasciate perdere

Al massimo hanno, quelli che leggono
Soldi tirati
Fatto con altri
Un libro in mano, un libro in mano

Che inizia quella, da finire quella
Carissimi
Tutti da anni
Per ore in fila, per ore in fila

Vederlo leccare, che potreste fare
Troppo artisti
Di studenti
Non fate studiare, non fate studiare

Con pessimo gusto, con ottimo gusto
Viaggio e dormi
Sui gradini
Un foglietto tutto, un foglietto tutto

Capita diventa, una totalità
Per gli artisti 
Soldi tirati
Il poeta, il poeta

Pauline Rey

lundi 8 avril 2013

Pauline Rey en graphologue


La lettre

Je me suis assise dans mon fauteuil et je me suis mise à la relire encore et encore avec délectation. Cette lettre, retrouvée par hasard, était habilement dissimulée entre deux lames du parquet recouvrant le sol de mon appartement. Elle m'obséda longtemps sans que je puisse y trouver un juste sens.
En en-tête figurait la date: le 6 Thermidor An II. 
Ainsi commençait-elle:

« Cher ami, 
Si vous lisez cette missive, c'est que les signaux que j'ai envoyés via le télégraphe optique vous ont bien été retransmis. Sinon, c'est qu'ils ont été interceptés et que je ne suis plus de ce monde. La guillotine m'aura tranché la tête ou bien je me ferai dévorer par la vermine au fin fond d'un cachot, les quatre membres scellés aux fers. 
Ma raison aurait préféré ne jamais avoir eu la certitude de ces atrocités. Ce que j'ai découvert doit être révélé au grand jour. Vous seul, mon ami, êtes en mesure de changer le cours des choses. 
Soyez dans deux jours sur le parvis de l'église, à l'heure où le soleil commence à pointer et que le chantre du jour s'époumone. Vous aurez la preuve de ce que j'avance.
Je vous adresse toute ma confiance.
Fidèlement,
G. »

Une belle écriture calligraphiée recouvrait le papier jauni par les années. Comment un tel document avait-il pu passer inaperçu pendant plus de deux cents ans ? Je me suis entêtée à résoudre cette énigme et à découvrir ce qui se cachait derrière ces mots. 
En analysant la forme des lettres, la courbe des accents, j'ai pu établir le profil psychologique de son auteur.
De toute évidence, il s'agissait d'un homme lettré et cultivé. G. était relativement jeune et sûrement était-il encore célibataire à en juger l'absence de lien entre les « m », les « n » et les autres lettres. La taille, ainsi que l'aspect fuyant des caractères, confirmaient l'état d'urgence et l'angoisse profonde dans laquelle il était plongé. Son esprit tourmenté se révèlait à travers les courbes extravagantes des « l », « g » et « j » ainsi que dans l'enroulement des « s ». 
Toutes les lettres étaient plus appuyées vers le bas. Une pression exercée de cette manière, informe que G. avait écrit debout, sans support autre que quelques feuilles de papier. 
Les accents secs et la courte barre des « t » définissaient un caractère droit et franc, une personne loyale et digne de confiance. Malgré tout, le point disposé au-dessus des « i » soulignait un manque de confiance en soi, ce qui a probablement dû lui causer du tort dans sa vie, aussi bien intime que professionnelle. 
Peut-être G. exerçait-il une fonction au sein de la nouvelle République, bras droit et homme de confiance d'un leader politique, et donc soumis au secret d'Etat ? Ou bien était-il un jeune prêtre reconverti et rallié au mouvement révolutionnaire, chargé d'espionner les faits et gestes des membres du clergé ou de recueillir en confession les complots qui se tramaient en ces temps de Terreur...? 
Sans cesse, je relisais ces lignes mais le mystère, quelque peu dévoilé sur la personnalité de G., restait entier sur le contenu du message. Qu'avait-il découvert de si important? En quoi cela aurait-il pu changer le cours de l'Histoire si le destinataire avait pu lire cette lettre? Qui était cet ami en qui il réunissait tous ses espoirs? A-t-il réussi à survivre sans son aide et réchapper au sort qui l'attendait? ... 
Tant de questions qui restèrent longtemps sans réponse et dont, à présent, j'avais enfin trouvé la clé.   

jeudi 4 avril 2013

La belle écriture et le télégraphe inventé par Claude Chappe



























Les participants réguliers et invités auront reçu ces trois documents extraits d'une belle publication de 1965 intitulée Histoire de la Communication, Editions Rencontre.
On aime Claude Chappe au Mans, lui dont le buste veille sur la façade de la poste place de la république, car il se trouve que ce jeune inventeur était originaire de Brûlon 72350.

samedi 30 mars 2013

Le voyage vers Rostov-sur-le-Don de Pauline Rey


Voyage vers Rostov

J'ai pris ma bicyclette pour me rendre à la gare. L'air frais de ce matin d'hiver venait rosir mes joues et le vent emmêlait mes cheveux. J'étais perdue dans mes pensées, imaginant déjà les contrées lointaines vers lesquelles je m'acheminais.
Soudain, ma roue arrière creva, me ramenant ainsi à la réalité. Il était trop tard pour que je la répare : mon train partait dans 10 minutes. Je dus donc abandonner mon vélo et courir vers ce train qui était le seul moyen de m'évader vers un ailleurs. J'ai réussi à monter dans le wagon in extremis. Le sifflet du conducteur retentit, les portes se refermèrent derrière moi. Encore toute essoufflée, j'eus la chance de trouver une place assise près d'une fenêtre, dans le sens de la marche. Il y avait du monde à bord et les places se négociaient. Les gens se bousculaient et parlaient fort. Ce fauteuil resté vide semblait simplement m'attendre. J'ai regardé le paysage défiler sous mes yeux. Le moment était enfin arrivé : mon voyage vers Rostov sur le Don pouvait commencer.
Par delà les collines du Perche, je rêvais aux montagnes enneigées de Russie, dans les eaux sinueuses de l'Huisne se dessinaient celles gelées du Don.
Je finis par m'endormir, bercée par le doux cahot du train avançant sur ses rails. 

Lorsque je me suis réveillée, le train était étrangement vide. J'arpentai les wagons à la recherche de quelques voyageurs mais je ne croisai personne. Les compartiments, éclairés par une lumière jaune et tamisée, semblaient appartenir à une autre époque, bien que les lignes du TGV m'étaient restées familières. Dehors, la nuit était tombée et je ne percevais que de faibles lueurs dans l'obscurité. Le train avançait toujours sans que je ne sois plus bien sûre de sa destination. Je me suis assise, troublée par l'ambiance qui régnait en ces lieux et qui me glaçait le sang. Quelques minutes plus tard, un sifflement strident se fit entendre et, lentement, le train commença à ralentir pour enfin s'arrêter complètement. Une voix rocailleuse, modifiée par le son du haut-parleur, fit une annonce en plusieurs langues : le train était inopinément arrêté en pleine voie et les voyageurs étaient invités à descendre par les portières de droite. En pressant le bouton, un souffle précéda l'ouverture des portes. Je jetai un œil à l'extérieur. Seule, j'était bel et bien l'unique voyageuse de ce train désert aux allures de locomotives des années 1930. Mon regard fut attiré par une faible lueur suspendue dans les airs. La nuit était sombre, sans lune et sans étoiles. En descendant du train, mes pieds s'enfoncèrent dans la neige, le froid s'engouffrant à l'intérieur de mon manteau sans que je puisse m'en protéger. Petit à petit, je vis se dessiner les contours d'un fiacre, immobile, attelé à un cheval puissant dont la robe noire luisait dans la nuit. Je crus percevoir l'image furtive d'une silhouette, celle d'un homme portant un chapeau haut de forme. En m'approchant encore plus près de la lumière, tout s'éclaira. Une lanterne illuminait le visage d'un cocher, un homme bien en chair à l'air jovial et sympathique. Dès qu'il m'aperçut, il ôta son chapeau et m'invita à monter à bord du fiacre. Frigorifiée, je ne pus refuser son offre. Durant le trajet, je regardais par le cadre de la fenêtre, les forêts enneigées que nous traversions à vive allure. Le jour se leva et au petit matin, le cocher me déposa au pied d'un grand arbre dont les branches cristallisées semblaient faites de verre. Il me dit, avec un fort accent, de continuer tout droit pendant encore cinq kilomètres, et me souhaita bon courage, toujours avec ce sourire aux lèvres, amical, comme s'il me connaissait depuis longtemps. De nouveau seule, je marchai dans la neige poudreuse en observant les empreintes laissées par les animaux. Au bout des cinq kilomètres qui me parurent le double, je dus traverser la rivière gelée qui, en cette période hivernale, était recouverte d'une épaisse couche de glace. Je chaussai mes patins et glissai jusqu'à l'autre rive où se dressait un grand portail sur lequel était écrit en lettres d'or : « Добро пожаловать в Ростов-на-Дону ». (« Bienvenue à Rostov sur le Don »)
  

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Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist