ROSTOV SUR LE DON

Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

samedi 1 décembre 2018

Lise D. et Lucie. M.G dialoguent avec des paroles de chansons

"Je pars. Ne m'oublie pas je pars.
- Faisons l'amour avant de nous dire adieu.
- Toi plus moi plus eux, plus tous ceux qui sont seuls.
- Non, pourvu qu'on soit les seuls dans cet ascenseur.
- Je n'ai pas dormi pour toi, je n'en reviens pas.
- Y'a que quand je te l'aurai mise que je saurai si t'as un bon fond.
- Perdu l'innocence des jours passés dans la cour de l'école. Du bonheur j'en ai pas.
- T'es pas une salope mais tu es vaginalement très sociable.
- Non, non, non. Je ne veux pas de toi.
- Reste. Reste avec moi j'ai besoin de toi.
- Personne ne me touche, ma personne est sacrée.
- J'ai ton désir ancré sur le mien, j'ai ton désir ancré à mes chevilles. Viens, rien ne nous retient à rien, tout ne tient qu'à nous. Je fais de toi mon essentiel, celle que j'aimerai plus que personne.
- T'as un problème avec ton slip ou quoi ? Vas-y vide-toi j'me casse d'ici.
- Je ne t'ai jamais aimé, pas même une seconde. Casse-toi tu pues et marche à l'ombre."

lundi 26 novembre 2018

Choses entendues par Seungjoo Bae le jeudi 18 octobre 2018


Ce matin, je me suis réveillée. J’ai pris une douche, je me suis assise dans mon canapé, en
peignoir. J’ai regardé une vidéo sur Youtube en mangeant un bol de céréales. C’était la
vidéo d’une youtubeuse coréenne, qui fait une émission sur la bouffe, comme elle
présente un restaurant et montre comment elle mange. Elle décrit le goût, l’ambiance du
local, ou quelques blagues. Chaque fois qu’elle mange, elle dit « j’en mange pour vous ! ».
Je n’aime pas sa manière de parler. Parce qu’elle parle comme un enfant, manière
enfantine et prononciation inexacte. Mais je continue à la regarder parce qu’elle est tout
le temps joyeuse, j’aime bien son énergie positive.
Je suis arrivée à l’école vers 10h10. Je suis allée directement à la bibliothèque et j’ai
entendu la voix de Vincent Gérard et celle d’une fille qui parle en Anglais. C’était l’ARC
suivi de projet, où je devais être. Enfin je n’y suis pas allée. Ce midi, je me suis retrouvée
à la cafétéria et j’ai plutôt entendu la conversation des amis parce que le bruit des
travaux et du piano m’a saoulé depuis tout à l’heure. La gamelle de Félicien était trop
chaude pour manger vu qu’il l’a laissée pendant 3 minutes dans le micro-onde. Mais il a
quand même continué à manger et au moins 3 fois a dit « Il est trop chaud ». Julie nous a
raconté son séjour au festival de sculpture avec Natsuko. Juste à côté de moi, Amal a parlé
à Félicien de son projet qu’elle a réalisé à Bruxelles. J’étais un petit peu impressionnée.
Ce n’était pas par rapport à elle. C’est parce qu’elle expliquait très lentement, longtemps
et logiquement. Moi, je n’arrive pas à parler bien attentivement. Je suis toujours pressée
et au fur à mesure ne sais pas trop quoi dire. Dans l’après midi, j’ai croisé Amal et Anaïs à
la mezzanine. On a parlé de notre mémoire. Je leur ai dit « Je me suis rendue compte de
l’importance de se dire qu’on est intelligent. On est intelligent ! ». Mais Anaïs n’était pas
forcément d’accord. Parce qu’elle ne se trouvait pas intelligente. Et alors j’ai dit « alors
on est capable, on peut y arriver ». Ça lui plaisait. Nous trois, on s’est crié qu’on est
capable.
Encore dans l’aprem, à la bibliothèque, j’étais en train d’écrire mon mémoire. J’ai
entendu qu’un garçon est entré et a demandé à David où il est Vincent Gérard. Il était
juste en bas de la bibliothèque. Vincent lui a dit depuis en bas « si tu veux, tu peux venir
maintenant ». Je ne crois pas que le garçon y est allé. Mais je ne suis pas sûre.

Edusha Lassissi d'après une idée formulée par Sei Shônagon


Choses qui ne servent plus à rien mais rappellent le passé
Un stylo qui ne fonctionne plus
Un chargeur d’un appareil qui ne fonctionne plus
Un ticket de cinéma (ou métro bus train tram parc d’attraction spectacle concert)
Une photo (n’importe quelle photo, toutes les photos)
Le compte facebook d’une personne décédée
Un jouet dans une maison sans enfant
Une vieille éponge qui salit plus qu’elle ne nettoie
Une bouteille de shampoing vide (ou de gel douche, ou de crème, ou de dissolvant, ou de lessive, ou d’adoucissant)
La moitié des choses qui traînent chez moi ne servent à rien mais me rappellent des choses, alors je n’arrive pas à les jeter. Parfois même, elles me rappellent des choses qui ne se sont pas encore passées. Je pense à tous ces cartons, ces planches, ces bouts de bois que je gardais dans le but de… Faire de l’art. Globalement, je pensais peindre dessus. Mais je ne peins pas tant que ça. Et ces objets n’étaient pas si pratiques à peindre. Alors j’ai gardé longtemps, trop longtemps, ces objets, dans mon entrée, et ils m’ont emmerdée longtemps. Jusqu’à ce que je décide enfin de m’en débarrasser. Et même après avoir pris cette décision, je les ai uniquement mis dans mon couloir et ils y sont encore. Je m’en suis presque débarrassée.

Choses qui gagnent à être peintes
Les choses qu’on ne voit pas

Choses qui perdent à être peintes
Le ciel, dans tous les cas, perd carrément à être peint. Ou pris en photo. Ou représenté graphiquement, dans l’ensemble. Parce que quand on regarde le ciel, c’est beau, c’est vraiment beau. Un coucher ou un lever de soleil, c’est plein de couleurs. Assez difficile à décrire ou même à se remémorer. On se dit que les couleurs sont magnifiques et qu’on va prendre une photo (pourquoi, d’ailleurs ?) . Et puis c’est moche. C’est peut-être parce qu’on est mal équipé, mais sûrement parce qu’une photo ne retranscrira jamais, JAMAIS un putain de lever ou coucher de soleil. Mais c’est pas fini, parce que j’ai dit ciel. Ciel. Il y a un truc pire que la beauté des couleurs provoquées par le soleil qui se déplace. Il y a la nuit. Il y a les étoiles. Vous avez déjà vu un ciel étoilé ? Ben voilà. Vous avez vu une peinture de ciel étoilé ? C’est moins bien. Je trouve qu’il y a des choses dans la nature qui sont bien trop belles pour être représentées correctement, et ça y perd. Un peu comme une mauvaise reprise en musique.
Parlons-en, tiens. 
J’aime beaucoup les reprises, parce que c’est une réinterprétation personnelle d’un titre. L’artiste a entendu une chanson en particulier, qui a son identité propre, et il décide de la réinterpréter à sa sauce. C’est la même mélodie et les mêmes paroles, en général, à peu près, et ce qui change, ce sont les arrangements, les instruments, les voix, tout en fait. Et c’est ça qui est magique, je trouve. Donc j’aime les reprises quand elles sont bien faites. Et je déteste les reprises quand aucun travail nouveau n’est fait et qu’on a vraiment seulement un artiste qui rechante la chanson d’un autre artiste sans rien insuffler de nouveau à la chose. Dans ce cas-là, quel intérêt a cette reprise ? Autant écouter l’originale.
Donc voilà. Si on revient aux choses de la nature qui selon moi ne devraient pas être peintes, photographiées, dessinées ou que sais-je ; il y a une chose que je vais clarifier : de la même manière que ça ne sert à rien de reprendre un titre musical si on ne crée rien de nouveau à partir de celui-ci, ça ne sert à rien de photographier un énième coucher de soleil ou ciel étoilé si on ne crée rien de nouveau, si on ne crée pas, graphiquement, quelque chose à partir de ça. 
Pour conclure, je dirai que tout perd à être peint si on n’y ajoute pas quelque chose.

lundi 6 novembre 2017

Les rêves d'envol de Théo Leynet à partir d'un fragment de Bruegel (en haut à droite)

Quelques pics et un clocher, puis une pie en train de les survoler.
La neige chaque année, qui recouvre ces terres écorchées, 
laisse traîner une grisaille pénétrante qui m'attire sur les pentes
de la montage affutée.

Plus petit elle m'évoquait 
des dents pointues bien esseulées,
dans la bouche d'un boucanier,
noircies par le passé.

Désormais, seul son sommet, tel un cap me tient en haleine.
Je rêve de l'atteindre pour pouvoir, en paix,
y déverser ma haine, dans un cri continu

se mêlant aux rafales d'un vent
capricieux et têtu.

J'espère secrètement m'y faire emporter, 
par une bourrasque endiablée,
pour voltiger telle la pie

au-dessus du clocher.

lundi 23 octobre 2017

Venette Saint-Félix en reine de la neige d'après un fragment de Bruegel

       Comme tous les hivers, dès la première neige, je me suis hissée sur ce que j’aime appeler mon trône hivernal comme pour dominer cette étendue blanche et vierge de présence humaine.
D’ici j’observe, je regarde, je perçois et je vois. Tout et rien à la fois. Le toit des maisons piétiné par les oiseaux devient aussi captivant que le ploiement des branches sous le poids de la neige. Un rien paraît alors évident. Tout ce qui d’ordinaire se déroule en pleine saison estivale semble s’arrêter et vouloir demeurer éternel en hiver.
Mes pieds de reine s’enfoncent dans le tapis immaculé et moi seule peux inaugurer ce plancher glacé.

       Et comme pour me rattraper, la réalité me gifle à coups venteux. 


samedi 21 octobre 2017

Quentin Saint-Pierre rétablit la vérité sur un anachronisme commis par le Vieux Bruegel des Chasseurs dans la neige

Hiver 96, un des plus grands évènements sportifs de l'année se prépare : LES CHAMPIONNATS DU MONDE DE CURLING SUR GAZON.
Après la performance de Peter RAKICH, le Croate, lors des jeux olympiques d'hiver de Kaboul l'année précédente, le championnat s'annonçait chaud bouillant. Même si cette fois-ci la compétition se déroulait à Bourg-saint-Maurice, petite bourgade des Alpes françaises, on décide, avec mon cousin, de prendre la 103 bleu clair édition spéciale Quicksilver de son père pour rallier la petite station de ski, laissant derrière nous notre vie de parisiens.
A 83km/h grand max' sur les belles autoroutes françaises, on se traîne, la finale est dans seulement 17h. Au Bout de 4h, on fait notre première pause à la station TOTAL du kilomètre 312. Il faut se bouger on a pas pris nos 2 jours de RTT et raté les lancers de galets les plus impressionnants de la décennie. Bon ... rien à foutre des recommandations du garagiste,  on rempli le réservoir de sans plomb 95. A croire qu'on a bien fait, la charrette est boostée, on rallie Bourg-saint-Maurice en à peine 6h, un exploit ; plus rapide qu'Eddy Merckx au mont Ventoux.
Sur place, du monde à perte de vue, des drapeaux de tous les pays s'agitent sur du Whitney Houston. On ne tient plus en place, c'est encore plus beau que ce qu'on avait pu imaginer. On laisse la voiture au parking pour allez se noyer dans la foule. Tout le monde crie, tout le monde chante,  on a laissé les connards à Paris et ON PROFITE.
Soudain, une serveuse nous interpelle, c'est Marie, une fan de cricket que j'avais rencontrée sur le tour de France. Elle nous offre une pinte de Pelforth Blonde et un bol de Bretzels. Je commence à avoir un bon pressentiment sur ces 2 jours à la montagne.
Bière après bière, on en oublie presque la compétition et pourquoi on est là. Une annonce au micro nous ramène vite à la réalité : "15-3 EQUIPE ROUGE! ET HOT DOG MOITIE PRIX PENDANT 20 MINUTES!"
On se précipite alors, fendant la foule pour gagner le stade. Sur la pelouse principale se trouvent les 2 plus grandes équipes du monde, on ne peut pas rater ça.
Entre deux épaules je commence à entrevoir le stade, je continue à jouer des coudes pour avancer. On arrive devant la porte, on avale les escaliers et on se retrouve alors face à ce spectacle incroyable qu'est le curling sur gazon. La foule en liesse scande le nom des athlètes. Je suis subjugué par ce panoramique dont j'ai rêvé toute ma vie, ça y est, j'y suis.
Une brute me bouscule violemment dans le dos et me renverse tout ses nachos dessus. Je me retourne pour lui exprimer mon mécontentement, il me répond d'un crochet du gauche qui me plonge dans un coma profond.

Je n'ai jamais connu le résultat final de ce match.

La famille de Camille Jollain aime jouer dans la neige peinte par le Vieux Bruegel

Souvenir d'hiver.

C'était en plein hiver, un hiver froid. Les arbres n'avaient plus de feuilles depuis
maintenant deux mois et demi et il avait neigé toute la nuit. Nous étions tous
sortis après ce long repas pour profiter de cet après-midi ensoleillé. Mes
cousins et mes cousines couraient et jouaient dans la neige ! Mes oncles
faisaient une partie de croquet et mes tantes discutaient à côté du puits. Je
pris ma sœur par le bras et nous partîmes toutes les deux à l'aventure dans
cet immense espace blanc. Nous aimions marcher pendant des heures, sans
savoir vraiment où nous allions. Arrivées, sur la montagne surplombant le
village, nous nous assîmes sur des rochers. Plus bas dans la colline, nous les
vîmes s'amuser ! Nous restions là pendant un moment à les observer. Mes
cousins se couraient derrière, Thomas le plus grand fit tomber son frère Matis.
Il lui tendit la main et le remit sur pied. C'était reparti ! Ils passèrent à vive
allure près des filles qui jouaient avec la neige. Lorsque nous vîmes notre
grand-père sortir de la grande maison, nous nous regardâmes et descendîmes

à toute allure la colline. Nous entendions le clocher sonner 17h, nous étions sur
la colline depuis maintenant deux heures.

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Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist