ROSTOV SUR LE DON

Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

vendredi 6 décembre 2013

Cent cinq ans

Le 28 Novembre 2013,
Claude Levi-Strauss a 105 ans aujourd’hui me montre Google.
Il est mort mais on pense à lui.
Quand on dit qu’il est né il y a 105 ans, on pense surtout qu’il est mort.
Ce qui serait bien, et vraiment classe quoi, ce serait de mourir le même jour que celui de sa naissance.
La boucle est bouclée.
Mais il faudrait que ça soit une mort naturelle, parce que si c’est un accident, on pense plus à une coïncidence malencontreuse et c’est tragique, alors que si c’est naturel et que le mec a bien vécu, ben, on est content pour lui.
Claude Levi-Strauss a dit: «Le monde a commencé sans l'homme et il s'achèvera sans lui.», enfin bon...
Il a quand même vécu pas mal de temps le Claude, 101 ans le salaud. Mais c’est marrant de dire qu’il a 105 ans. Est-ce que ça nous intéresse qu’il ait 105 ans alors qu’il n'est plus là ? On ne peut plus lui souhaiter.
C’est quoi le mieux, fêter l’anniversaire de la mort, ou de la naissance de quelqu’un quand il est mort ?
Moi je préfère la mort. Fêter la mort de quelqu’un, c’est le respect. On se remémore que, ah ouais, quand même le mec était balèze, il va peut-être nous manquer.
Parce que la naissance, ben tout le monde est à peu près pareil, enfin, j’veux dire que Levi-Strauss, avant d’être ethnologue, il jouait avec son caca, comme tout le monde.
Moi, je crois pas que je serai sur Google plus tard... Un jour même, j’ai essayé de me mettre sur Wikipédia, et ils n’ont même pas voulu de moi, alors sûr je mourrai sur Facebook, sûr, je n’aurai pas le temps de le tweeter.

Maximilien Vert

mercredi 4 décembre 2013

Le même jour que Cézanne


Je suis né le même jour que Cézanne, enfin, le même jour à 154 ans près. En effet, le 19 janvier 1993 je me cassais la clavicule en sortant du vagin de ma mère dans la clinique de Meudon-la-Forêt. Belle entrée en matière. C’est donc en mars 1992 que j’ai dû être conçu, peut-être le 12, jour où l’île Maurice devient une République, ou sans doute le 15, jour où le Congo obtient un référendum pour une nouvelle constitution. Ou encore le 28, le jour de la naissance du footballeur espagnol Sergi Gomez qui est d’ailleurs né le même jour que l’acteur britannique Liam Hess.
Enfin bref, ce qui est sûr, c’est que cinq cents ans avant mon arrivée triomphale dans ce monde hostile et incertain eut lieu la signature du traité de Barcelone et que cent ans avant moi naissait l’acteur français Jean Debucourt. On peut noter également que dix ans précédents ma naissance vint au monde Hiraku Utada.
Je remercie Wikipédia, grâce à qui j’ai pu rédiger ces lignes passionnantes. 


Tanguy Clerc

1992


Quand mon plus grand frère est né, j'avais -8 printemps.
Quand mon deuxième frère est né, j'avais -6 étés et demi.
Quand mes parents ont voyagé avec mes frères dans toute la France, j'avais -5 automnes.
Et quand ils ont fait les plus beaux voyages en Europe, j'avais -3 hivers.

Quand j'avais -1mois, ma mère a décidé que j'allais apparaître au monde le 30 juin,
et c'est ce même jour où mon père est allé acheté du vin pour le boire en famille quand j'aurais +20ans. C'était un peu amer.

Naomi Maekawa

jeudi 28 novembre 2013

Marion Le Glévic aux prises avec la notion d'âge négatif

   Aujourd'hui nous sommes le Jeudi 28 Novembre 2013, 

pour moi le voyage vers le futur se situe il y a 22 ans, 5 mois, 28 jours et environ 7 heures
Ce fut alors la mise en route du chronomètre.

Le 5 juillet est le 186ème jour de l'année du calendrier grégorien, le 187ème en cas d'année Bissextile. C'était également le 17ème jour du mois de messidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la groseille.

Maintenant que je l'ai appris je vais me faire tout un film en me disant que moi et la groseille on a tout une histoire. Il me semble même en avoir un pot dans mon frigo, un signe vous dites? 

Ce même jour, 180 années plus tôt, eu la proclamation de la République vénézuélienne
Simon Bolivar, libère le Venezuela de la tutelle espagnole entre 1811 et 1821, et la République vénézuelienne est proclamée une première fois, en juillet 1811. En 1813, Bolivar entreprend avec ses troupes la "Campagne admirable" à travers la Colombie et le Vénézuéla. Il libère la Colombie, appelée alors Nouvelle Grenade entre 1817 et 1819, et proclame de façon définitive l'indépendance du Venezuela en 1821. 1822 voit la libération de l'Équateur par Antonio José de Sucre auquel succède en 1824 celle du Pérou et de la Bolivie par Bolivar.

C'est en l'honneur de Bolivar, " el Libertador ", que l'État de Bolivie est créé en 1825. Président du Venezuela, président à vie du Pérou, vice-président de la Colombie, Bolivar, devenu dictateur, rêve d'une grande confédération sud-américaine à l'image des récents États-Unis d'Amérique. En 1827 il perd le pouvoir au Pérou et échappe à une tentative d'assassinat en Colombie un an plus tard. Le général Sucre, président de la Bolivie est quant à lui assassiné en 1830.

Désespéré, exilé en Colombie, Bolivar meurt de la tuberculose le 17 décembre 1830.

Le mythe du " Libérateur " subsiste toujours en Amérique latine.

"Jamais, en juillet, sécheresse n'a causé la moindre détresse."

Cette même année nombreux sont ceux qui ont reçu des oscars:

Palme d'or pour les réalisateurs Joel et Ethan Coen pour leur film Barton Fink
En 1941, Barton Fink est un jeune auteur timide et effacé de pièces de théâtre, dont la dernière pièce est encensée par la critique à New York. Son agent le pousse à tenter sa chance à Hollywood comme scénariste sous contrat pour un studio, Capitol Pictures. Arrivé à Hollywood, le patron du studio, Jack Lipnick, lui demande de scénariser un film de série B sur le monde des lutteurs. Barton Fink accepte alors qu'il ne connait pas du tout cet univers sportif. L'auteur s'installe dans un grand hôtel suranné quasi désert et bien étrange. Dès les premières heures, l'angoisse de la page blanche envahit Barton Fink. C'est à ce moment que le jeune auteur rencontre Charlie Meadows , un étrange voisin...
Oscar de la meilleure actrice pour Kathy Bates dans Misery
Paul Sheldon, romancier et créateur du personnage de Misery dont il a écrit la saga est satisfait. Il vient enfin de faire mourir son héroïne et peut passer à autre chose. Il quitte l'hôtel de montagne où il a l'habitude d'écrire et prend la route de New York. Pris dans un violent blizzard, sa voiture dérape dans la neige et tombe dans un ravin. Paul Sheldon doit son salut à Annie Wilkes, infirmière retraitée qui vit dans un chalet isolé. Annie est justement une supporter inconditionnelle de la belle Misery.
Oscar du meilleur acteur pour Jeremy Irons dans Le mystère de Von Bulow
A la fin des années 70, les enfants de Sunny von Bulow accusent leur beau-père, Claus, d'avoir administré une dose d'insuline à son épouse, faisant d'elle un légume. Un détective privé réunit alors de nombreuses preuves contre Claus von Bulow.
Jugé coupable d'avoir tenté d'assassiner son épouse, il est condamné à trente ans de prison. Au moment d'entamer une procédure d'appel, von Bulow décide d'engager, pour sa défense, Alan Dershowitz, avocat new-yorkais et professeur à Harvard connu pour son intégrité.
Entouré d'une équipe d'étudiants, celui-ci reprend tout le dossier à zéro, reconstituant le passé de l'affaire.
Oscar du meilleur réalisateur pour Kevin Costner avec Danse avec les loups
Le jeune lieutenant John Dunbar est envoyé à un poste de reconnaissance dans les immenses plaines du Dakota pendant la guerre de Sécession. Il rencontre au cours de l'une de ses missions de reconnaissance le peuple sioux.
Le lieutenant se lie d'amitié avec la population indienne. Il arrive même à intégrer la tribu, au point d'être surnommé "Danse avec les loups", et de s'éprendre d'une des leurs, une blanche baptisée "Dressée avec le poing".
Prix Goncourt pour Pierre Combescot et son ouvrage Les filles du calvaire
Ce roman décrit la saga d'une famille juive tunisienne d'origine livournaise et les pérégrinations d'une jeune fille qui atterrit dans le quartier des Filles-du-Calvaire à Paris sous l'Occupation.

Moi mon Oscar je le donne a celle qui fut née 23 ans, 7mois et 26 jours plus tôt.

vendredi 8 novembre 2013

En observant une photo souvenir d'une page de Laurent Mauvignier

C’est l’histoire d’une femme,
ou peut-être d’un homme.
Une histoire de schizophrénie,
une histoire banale.
L’histoire d’un tourment,
d’un être qui connut de meilleurs jours.

C’est l’histoire d’une femme,
c’est l’histoire d’un homme.
C’est une histoire d’amour,
ou peut-être de rupture.
L’histoire d’une cicatrice,
ou plutôt celle d’un vide.

Elle était pourtant saine, jusqu'à ce qu’ils soient 2.
Elle était devenue folle, quand il est apparu.
Folle de lui, d’abord.
Folle d’amour, ensuite.
Folle de désespoir, bien après.
Elle était devenue ivre quand il est apparu.
Ivre de lui
Ivre d’amour
Ivre de joie
Ivre de la vie, en fait.
Maintenant, elle a la gueule de bois.
Et elle attend.
Elle se demande simplement, à quel moment le processus de cicatrisation va-t-il tout renverser.
A quel moment va-t-elle être : 
Folle, tout court.
Folle d’elle-même.
Folle des autres.
A quel moment va-t-elle être : 
Ivre de liberté
Ivre de rencontres
Ivre d’alcool –et du bon.
Pour l’instant, son bateau, son beau voilier, son fameux trois mats,
s’est brisé.
Comme une merde.
Sur un rocher petit, certes, mais surtout bien invisible du pont d’où elle prenait tranquillement le soleil.
Il y a eu beaucoup de bruit, et d’un coup, plus rien.
Voilà.
Elle est dans l’eau, elle boit la tasse.
Se laissant couler, pour ensuite remonter à la surface, vérifier qu’il soit bien parti.
Elle re-coule.
Elle remonte.
Elle re-coule.
Remonte.
Bref, Elle apprend à finir,
Et peut-être à nager.




d'après LAURENT MAUVIGNIER : APPRENDRE A FINIR. chap 2 p. 33                                           Zoé Bonnardot 

mardi 5 novembre 2013

Valentin Robquin voit un souvenir à travers un page de Jules Verne

LUNE

Lune !

C’est ainsi qu’on la surnommait étant jeune. 
Ronde ?
Ah ça oui, elle l’était.
Un mal-être dès son plus jeune âge.
          Tous les soirs, aux alentours de minuit, c’est l’heure à laquelle elle se couchait
                    Se rapprochant du sol comme pour être moins visible aux yeux de tous.
           Sorte d’attraction terrestre la faisant se sentir au mieux. 
                     Un apaisement dans sa journée.
Toujours seule mais tant regardée…
Est-ce lorsque nous sommes seuls que nous sommes épiés ?
                     Je crois oui.
Et comment le vivait-elle ?
                     Mal. 
                     Très mal.
                            Une impression d’avoir des canons perpétuellement dirigés sur elle.                                        C’est en se couchant qu’elle trouvait un moyen de les éviter.
...
Si ronde mais pourtant si belle...
                      Autour d’elle fourmillaient tout un tas de lumières.
Et elle ?
           Elle n’en était pas une ?
Si, elle brillait,
                                 Mais à sa manière.

dimanche 3 novembre 2013

Qu'est-ce qui échoit à Clothilde Pérard ?



Ils sont tous tombés, les uns après les autres. La première fut sa mère. 
C'était une vieille femme, fragile mais en bonne santé, elle aimait la vie et lui l'aimait. 
Ensuite il y a eu son père puis son meilleur ami un mois après seulement. 
Ils sont tombés comme des mouches. Pourquoi ? Comment ? On ne l'a pas su.
Un jour ils étaient et le lendemain n'étaient plus. 
Ces choses arrivent, elles arrivent, elles nous tombent dessus, nous écrasent. 
Un affaissement ? Un effondrement ? Non, c'est bien plus que cela. C'est arrivé et ils sont partis. 
La foudre frappe. L'éclair jaillit. On lui a jeté un mauvais sort, une malédiction. 
Etait-ce bientôt son tour ? Pourquoi, comment, si nous le savions ça ne changerait rien de toutes façons.
La douleur, le déchirement, le vide qu'il ressent. Je suis impuissante.
A quoi bon savoir, connaître. Ces rêvasseries, ces songes filandreux, ce paradis.
Ah ce fameux paradis, délirant paradis !



Eric Chevillard, CHOIR

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