Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

vendredi 6 décembre 2013

Cent cinq ans

Le 28 Novembre 2013,
Claude Levi-Strauss a 105 ans aujourd’hui me montre Google.
Il est mort mais on pense à lui.
Quand on dit qu’il est né il y a 105 ans, on pense surtout qu’il est mort.
Ce qui serait bien, et vraiment classe quoi, ce serait de mourir le même jour que celui de sa naissance.
La boucle est bouclée.
Mais il faudrait que ça soit une mort naturelle, parce que si c’est un accident, on pense plus à une coïncidence malencontreuse et c’est tragique, alors que si c’est naturel et que le mec a bien vécu, ben, on est content pour lui.
Claude Levi-Strauss a dit: «Le monde a commencé sans l'homme et il s'achèvera sans lui.», enfin bon...
Il a quand même vécu pas mal de temps le Claude, 101 ans le salaud. Mais c’est marrant de dire qu’il a 105 ans. Est-ce que ça nous intéresse qu’il ait 105 ans alors qu’il n'est plus là ? On ne peut plus lui souhaiter.
C’est quoi le mieux, fêter l’anniversaire de la mort, ou de la naissance de quelqu’un quand il est mort ?
Moi je préfère la mort. Fêter la mort de quelqu’un, c’est le respect. On se remémore que, ah ouais, quand même le mec était balèze, il va peut-être nous manquer.
Parce que la naissance, ben tout le monde est à peu près pareil, enfin, j’veux dire que Levi-Strauss, avant d’être ethnologue, il jouait avec son caca, comme tout le monde.
Moi, je crois pas que je serai sur Google plus tard... Un jour même, j’ai essayé de me mettre sur Wikipédia, et ils n’ont même pas voulu de moi, alors sûr je mourrai sur Facebook, sûr, je n’aurai pas le temps de le tweeter.

Maximilien Vert

mercredi 4 décembre 2013

Le même jour que Cézanne


Je suis né le même jour que Cézanne, enfin, le même jour à 154 ans près. En effet, le 19 janvier 1993 je me cassais la clavicule en sortant du vagin de ma mère dans la clinique de Meudon-la-Forêt. Belle entrée en matière. C’est donc en mars 1992 que j’ai dû être conçu, peut-être le 12, jour où l’île Maurice devient une République, ou sans doute le 15, jour où le Congo obtient un référendum pour une nouvelle constitution. Ou encore le 28, le jour de la naissance du footballeur espagnol Sergi Gomez qui est d’ailleurs né le même jour que l’acteur britannique Liam Hess.
Enfin bref, ce qui est sûr, c’est que cinq cents ans avant mon arrivée triomphale dans ce monde hostile et incertain eut lieu la signature du traité de Barcelone et que cent ans avant moi naissait l’acteur français Jean Debucourt. On peut noter également que dix ans précédents ma naissance vint au monde Hiraku Utada.
Je remercie Wikipédia, grâce à qui j’ai pu rédiger ces lignes passionnantes. 


Tanguy Clerc

1992


Quand mon plus grand frère est né, j'avais -8 printemps.
Quand mon deuxième frère est né, j'avais -6 étés et demi.
Quand mes parents ont voyagé avec mes frères dans toute la France, j'avais -5 automnes.
Et quand ils ont fait les plus beaux voyages en Europe, j'avais -3 hivers.

Quand j'avais -1mois, ma mère a décidé que j'allais apparaître au monde le 30 juin,
et c'est ce même jour où mon père est allé acheté du vin pour le boire en famille quand j'aurais +20ans. C'était un peu amer.

Naomi Maekawa

jeudi 28 novembre 2013

Marion Le Glévic aux prises avec la notion d'âge négatif

   Aujourd'hui nous sommes le Jeudi 28 Novembre 2013, 

pour moi le voyage vers le futur se situe il y a 22 ans, 5 mois, 28 jours et environ 7 heures
Ce fut alors la mise en route du chronomètre.

Le 5 juillet est le 186ème jour de l'année du calendrier grégorien, le 187ème en cas d'année Bissextile. C'était également le 17ème jour du mois de messidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la groseille.

Maintenant que je l'ai appris je vais me faire tout un film en me disant que moi et la groseille on a tout une histoire. Il me semble même en avoir un pot dans mon frigo, un signe vous dites? 

Ce même jour, 180 années plus tôt, eu la proclamation de la République vénézuélienne
Simon Bolivar, libère le Venezuela de la tutelle espagnole entre 1811 et 1821, et la République vénézuelienne est proclamée une première fois, en juillet 1811. En 1813, Bolivar entreprend avec ses troupes la "Campagne admirable" à travers la Colombie et le Vénézuéla. Il libère la Colombie, appelée alors Nouvelle Grenade entre 1817 et 1819, et proclame de façon définitive l'indépendance du Venezuela en 1821. 1822 voit la libération de l'Équateur par Antonio José de Sucre auquel succède en 1824 celle du Pérou et de la Bolivie par Bolivar.

C'est en l'honneur de Bolivar, " el Libertador ", que l'État de Bolivie est créé en 1825. Président du Venezuela, président à vie du Pérou, vice-président de la Colombie, Bolivar, devenu dictateur, rêve d'une grande confédération sud-américaine à l'image des récents États-Unis d'Amérique. En 1827 il perd le pouvoir au Pérou et échappe à une tentative d'assassinat en Colombie un an plus tard. Le général Sucre, président de la Bolivie est quant à lui assassiné en 1830.

Désespéré, exilé en Colombie, Bolivar meurt de la tuberculose le 17 décembre 1830.

Le mythe du " Libérateur " subsiste toujours en Amérique latine.

"Jamais, en juillet, sécheresse n'a causé la moindre détresse."

Cette même année nombreux sont ceux qui ont reçu des oscars:

Palme d'or pour les réalisateurs Joel et Ethan Coen pour leur film Barton Fink
En 1941, Barton Fink est un jeune auteur timide et effacé de pièces de théâtre, dont la dernière pièce est encensée par la critique à New York. Son agent le pousse à tenter sa chance à Hollywood comme scénariste sous contrat pour un studio, Capitol Pictures. Arrivé à Hollywood, le patron du studio, Jack Lipnick, lui demande de scénariser un film de série B sur le monde des lutteurs. Barton Fink accepte alors qu'il ne connait pas du tout cet univers sportif. L'auteur s'installe dans un grand hôtel suranné quasi désert et bien étrange. Dès les premières heures, l'angoisse de la page blanche envahit Barton Fink. C'est à ce moment que le jeune auteur rencontre Charlie Meadows , un étrange voisin...
Oscar de la meilleure actrice pour Kathy Bates dans Misery
Paul Sheldon, romancier et créateur du personnage de Misery dont il a écrit la saga est satisfait. Il vient enfin de faire mourir son héroïne et peut passer à autre chose. Il quitte l'hôtel de montagne où il a l'habitude d'écrire et prend la route de New York. Pris dans un violent blizzard, sa voiture dérape dans la neige et tombe dans un ravin. Paul Sheldon doit son salut à Annie Wilkes, infirmière retraitée qui vit dans un chalet isolé. Annie est justement une supporter inconditionnelle de la belle Misery.
Oscar du meilleur acteur pour Jeremy Irons dans Le mystère de Von Bulow
A la fin des années 70, les enfants de Sunny von Bulow accusent leur beau-père, Claus, d'avoir administré une dose d'insuline à son épouse, faisant d'elle un légume. Un détective privé réunit alors de nombreuses preuves contre Claus von Bulow.
Jugé coupable d'avoir tenté d'assassiner son épouse, il est condamné à trente ans de prison. Au moment d'entamer une procédure d'appel, von Bulow décide d'engager, pour sa défense, Alan Dershowitz, avocat new-yorkais et professeur à Harvard connu pour son intégrité.
Entouré d'une équipe d'étudiants, celui-ci reprend tout le dossier à zéro, reconstituant le passé de l'affaire.
Oscar du meilleur réalisateur pour Kevin Costner avec Danse avec les loups
Le jeune lieutenant John Dunbar est envoyé à un poste de reconnaissance dans les immenses plaines du Dakota pendant la guerre de Sécession. Il rencontre au cours de l'une de ses missions de reconnaissance le peuple sioux.
Le lieutenant se lie d'amitié avec la population indienne. Il arrive même à intégrer la tribu, au point d'être surnommé "Danse avec les loups", et de s'éprendre d'une des leurs, une blanche baptisée "Dressée avec le poing".
Prix Goncourt pour Pierre Combescot et son ouvrage Les filles du calvaire
Ce roman décrit la saga d'une famille juive tunisienne d'origine livournaise et les pérégrinations d'une jeune fille qui atterrit dans le quartier des Filles-du-Calvaire à Paris sous l'Occupation.

Moi mon Oscar je le donne a celle qui fut née 23 ans, 7mois et 26 jours plus tôt.

vendredi 8 novembre 2013

En observant une photo souvenir d'une page de Laurent Mauvignier

C’est l’histoire d’une femme,
ou peut-être d’un homme.
Une histoire de schizophrénie,
une histoire banale.
L’histoire d’un tourment,
d’un être qui connut de meilleurs jours.

C’est l’histoire d’une femme,
c’est l’histoire d’un homme.
C’est une histoire d’amour,
ou peut-être de rupture.
L’histoire d’une cicatrice,
ou plutôt celle d’un vide.

Elle était pourtant saine, jusqu'à ce qu’ils soient 2.
Elle était devenue folle, quand il est apparu.
Folle de lui, d’abord.
Folle d’amour, ensuite.
Folle de désespoir, bien après.
Elle était devenue ivre quand il est apparu.
Ivre de lui
Ivre d’amour
Ivre de joie
Ivre de la vie, en fait.
Maintenant, elle a la gueule de bois.
Et elle attend.
Elle se demande simplement, à quel moment le processus de cicatrisation va-t-il tout renverser.
A quel moment va-t-elle être : 
Folle, tout court.
Folle d’elle-même.
Folle des autres.
A quel moment va-t-elle être : 
Ivre de liberté
Ivre de rencontres
Ivre d’alcool –et du bon.
Pour l’instant, son bateau, son beau voilier, son fameux trois mats,
s’est brisé.
Comme une merde.
Sur un rocher petit, certes, mais surtout bien invisible du pont d’où elle prenait tranquillement le soleil.
Il y a eu beaucoup de bruit, et d’un coup, plus rien.
Voilà.
Elle est dans l’eau, elle boit la tasse.
Se laissant couler, pour ensuite remonter à la surface, vérifier qu’il soit bien parti.
Elle re-coule.
Elle remonte.
Elle re-coule.
Remonte.
Bref, Elle apprend à finir,
Et peut-être à nager.




d'après LAURENT MAUVIGNIER : APPRENDRE A FINIR. chap 2 p. 33                                           Zoé Bonnardot 

mardi 5 novembre 2013

Valentin Robquin voit un souvenir à travers un page de Jules Verne

LUNE

Lune !

C’est ainsi qu’on la surnommait étant jeune. 
Ronde ?
Ah ça oui, elle l’était.
Un mal-être dès son plus jeune âge.
          Tous les soirs, aux alentours de minuit, c’est l’heure à laquelle elle se couchait
                    Se rapprochant du sol comme pour être moins visible aux yeux de tous.
           Sorte d’attraction terrestre la faisant se sentir au mieux. 
                     Un apaisement dans sa journée.
Toujours seule mais tant regardée…
Est-ce lorsque nous sommes seuls que nous sommes épiés ?
                     Je crois oui.
Et comment le vivait-elle ?
                     Mal. 
                     Très mal.
                            Une impression d’avoir des canons perpétuellement dirigés sur elle.                                        C’est en se couchant qu’elle trouvait un moyen de les éviter.
...
Si ronde mais pourtant si belle...
                      Autour d’elle fourmillaient tout un tas de lumières.
Et elle ?
           Elle n’en était pas une ?
Si, elle brillait,
                                 Mais à sa manière.

dimanche 3 novembre 2013

Qu'est-ce qui échoit à Clothilde Pérard ?



Ils sont tous tombés, les uns après les autres. La première fut sa mère. 
C'était une vieille femme, fragile mais en bonne santé, elle aimait la vie et lui l'aimait. 
Ensuite il y a eu son père puis son meilleur ami un mois après seulement. 
Ils sont tombés comme des mouches. Pourquoi ? Comment ? On ne l'a pas su.
Un jour ils étaient et le lendemain n'étaient plus. 
Ces choses arrivent, elles arrivent, elles nous tombent dessus, nous écrasent. 
Un affaissement ? Un effondrement ? Non, c'est bien plus que cela. C'est arrivé et ils sont partis. 
La foudre frappe. L'éclair jaillit. On lui a jeté un mauvais sort, une malédiction. 
Etait-ce bientôt son tour ? Pourquoi, comment, si nous le savions ça ne changerait rien de toutes façons.
La douleur, le déchirement, le vide qu'il ressent. Je suis impuissante.
A quoi bon savoir, connaître. Ces rêvasseries, ces songes filandreux, ce paradis.
Ah ce fameux paradis, délirant paradis !



Eric Chevillard, CHOIR

AUX DEUX LECTEURS


jter entrin de lir trenkil relacs un boukin apler l’élégance du hérisson je ler pri en m’disan mortelle une histoir sur les érisson sa ces nette sa va me fair golri enfin breffe je me lence et la plus rien ne va on me parle dune consierge cultiver dune gamine ki ve suicidcer et dun jap qui debarke mer il et ou ce putin derison moin relacs la lectur dun cou je meforce je li je li la ia un chat il sapelle leon ok mer toujour pas derisson  bon amer je vais pisser se boukin comence franchemen a me fair chier


assi dans mon salon le feu de la cheminer fessasn ruisseler des ombre sur mon livre je me gratifier davoir u lodace de lacheter il sagicer de louvrage intituler l’élégance du hérisson de murier barbery romen dune grande caliter nesiten poin a placer des reference bien sougronu comme le chat de cette consierge se nomen leon homage evidans au si extrodinair  toistiol 
il y aussi  la metafor placer dans le non de cette euvre se devoilen petit a peiti o lon du ressi avec cette femme et cette jeun enfant pri dans de telle si tuation quel ne peuve que se refermer sur elle meme dans la peur et le degou lune envnen maime a ne plus etre epri de la vie bon je marete un insten ise ressi et tro intencee il me fo prendre un temp pour le dijerer 

lh



Muriel Barbery L'élégance du hérisson

Thibault Averty lit un fragment de Jules Verne et l'augmente


Cela faisait maintenant plusieurs semaines que Barbicane et la troupe parcouraient les plaines désertiques. La fatigue et les tensions commençaient à se faire ressentir au sein du groupe mais le major avait les mots pour renforcer le moral de Barbicane et ses compagnons.
Ils avaient marché toute la nuit et la luminosité du soleil levant commençait à effleurer les sommets lointains et la cime des arbres.
« Enfin ! S’écria Barbicane en se dressant sur ses étriers, voici la région des pins !
-Et celles des sauvages », répondit le major.
En effet, quelques Séminoles apparaissaient à l’horizon ; ils s’agitaient, ils couraient de l’un a l’autre sur leurs chevaux rapides, brandissant de longues lances ou déchargeant leurs fusils à détonation sourde ; d’ailleurs ils se bornèrent à ces démonstrations hostiles, sans inquiéter Barbicane et ses compagnons.
Ceux-ci occupaient alors le milieu d’une plaine rocailleuse, vaste espace découvert d’une étendue de plusieurs acres, que le soleil inon-dait d’une lueur crépusculaire.
Les territoires qu’ils avaient traversés et l’épuisement étaient désormais oublié. Tous étaient venus pour ça, tous n’attendaient que ça, ils avaient dit au revoir à leurs proches et maintenant ils n’attendaient plus que l’affront. Inévitable et ultime, mais ils étaient prêts.
Barbicane se retourna et regarda chacun de ses confrères dans les yeux, plus besoin de discours ni de belles parole, il brandit sont arme en poussant un cri et tous le suivirent.

Jules Verne De la terre à la lune

Qu'a trouvé Marion Le Glévic dans une photo souvenir d'une page de Giono ?



mercredi 30 octobre 2013

mardi 29 octobre 2013

lundi 28 octobre 2013

dimanche 27 octobre 2013

samedi 26 octobre 2013

mercredi 23 octobre 2013

mardi 22 octobre 2013

samedi 19 octobre 2013

vendredi 18 octobre 2013

mercredi 16 octobre 2013

Vanessa Leprevost a perdu la fin...


Pour commencer, cela est de coutume davoir à se ...
Je vous informe quil est nécessaire, voire obligatoire de bien comprendre avant les ...
A mon humble avis, vous ferez ce que vous en ...
Mais je ne vous ferai pas perdre ce temps si précieux que vous navez pas de ...
Ecoutez-moi je ne serai pas si ...
Comme dans une suite de mots, je le craignais vous êtes déjà en train de vous ...
Enfin, à présent passons à ...
Vous me suivez, je vous accorde volontiers quil nest pas facile de me ...
Néanmoins pour les moins avertis, je pense quil faudrait commencer à leur ...
Comprenez ! moi aussi, je suis comme vous, désarmée à lidée de perdre la fin de ...
Cest ainsi, il faut suggérer lidée aux ...
Japprends à linstant quil serait bien plus commode de ...
Dailleurs jen parlais hier avec ...
Comme à son habitude, il a ...
Et ce quelque chose quil na pas, probablement parce que cela lui est... Bref, ce nest quaprès quon se ...
Je m’égare dans des pensées et je narrive jamais à...
Cest là que réside le problème, enfin lui mignore alors quil...
Pour finir, maintenant vous savez et surtout lui, limbécile ... 

lundi 14 octobre 2013

Luka Hair laisse des ... à compléter par ...


Lettre à remplir par…

Ces mots sont adressés à…

Nous pensons que vous ne vous rendez pas compte à quel point…….. cela a créé un véritable scandale lors de………… votre comportement……. à cette fameuse représentation votre propre performance a………. 
Vraiment vous vous doutez bien que la direction ne peut laisser passer avec……… vous serez donc bien évidemment convoqué dans un avenir proche.

En attendant cela nous vous mettons……….. 
Bien évidemment cette décision n'est pas révocable...

Cette lettre devra nous être renvoyée signée au………….

Fait le ………….

samedi 12 octobre 2013

Laurie Saulnier arrive de Montpellier et...


"Tu ne te souviens pas de moi ? 
Mais oui, le jour du mariage de... 
Avec...
On a fait connaissance : tu étais en compagnie de...
Ton prénom ? 
Bien sûr, c'est le même que...
L'acteur qui joue dans...
Tu m'as beaucoup marquée parce que...
Ta tenue, ton élégance n'étaient pas vraiment ce que...
Dans un certain sens, rien de ce qui ne m'entourait ce jour-là ne pouvait ...
La notion-même n'éclat ne prend son sens que sur fond blanc, je ne sais pas si tu ... 
Enfin, l'émotion...
Une fois, j'ai bien cru te voir, c'était à la gare de...
L'homme était seul, mais quand il s'est retourné, alors...
En fait, il était beaucoup plus, et surtout moins... trop...
Oui, cela fait déjà deux ans que...
Alors quand on m'a dit que tu viendrais...
...
Ce vide gênant est comme le liquide amniotique : il entoure une substance qui tend elle-même à s'évider."

lundi 7 octobre 2013

Hou Zhiyue...

Je ne saurais vous dire... parce que... il me dit... 
Je vais laisser avoir une réponse après... 
Nous espérons que nous pouvons revenir sur le passé mais... 
Qui se fond dans la brume... c'est moi...

Thibault Averty l'énonce clairement...


Puisqu'il le faut...
A ce propos, je ne sais par où commencer, si seulement j'avais ne serait-ce qu'une grosse...
Cela ne m'aiderait pas pour autant, je recherche simplement une...
Voilà ! Ça y est, je l'ai, maintenant le but est de ne pas...
Trop tard ! Elles sont toutes pareilles, à peine arrivées elle repartent déjà, on met du temps pour se les approprier et une fois acquises...
On m'a conseillé d'en prendre soin et de l'entretenir, mais forcément...
Pourtant, cette fois-ci je n'ai pas regardé...
Il faut que je me fasse une raison, et puis ce n'est pas moi qui l'ai inventé : une de perdue...

Tanguy Clerc recycle des mots et...

Ce n'est pas très fréquemment que...
Parfois, le fait qu'on ne sait pas, trahit avec obstination le...
La fin on pense en abandonnant pour...
Volontairement, ce n'est pas très gênant que l'autre ne maîtrise pas toujours celle...
On espère, tandis qu'on s'en aperçoit ça laisse le...
Oui, cachez-vous, on ne sait pas ce qu'on dit pour que...
Peut-on maîtriser un défi que...
Voilà, enchaînez-moi fréquemment pour toujours en... 
Plutôt trahir et terminer que se cacher et...
Il faut maîtriser ce vide gênant tandis que...
C'est parce qu'on pense une chose qu'on commence celle...
Le temps va obstinément laisser ce vide dont...

dimanche 6 octobre 2013

Claire Cantin se souvient du Portugal et...


Imaginons que l'ombre se reporte sur...
La modification devra...
Pointé sur la gauche il serait plus facile de...
A moins que tu ne prennes...
Un truc qui serait bien pour tenir le...
Avec la bouilloire il reste de la place pour...
Bref pour toi ce sera mieux sans...
Pleurer ne sert à rien si...
Le mieux c'est qu'on se donne rendez-vous dans...
Pour le moment c'est flou mais ça va...
C'est clair et d'ici deux mois c'est court pour... tu vois ?


Pourquoi les canards n'ont pas de plumes sur leur bec alors que nous en avons sur...
Pensez bien que je ne suis pas jalouse d'un être si curieux qui, lorsqu'il avance se...
Reconnaissez que ce mouvement étrange fait penser à une...
Comme quoi il est fait pour savoir nager dans les eaux...
Cela dit en passant, un ami m'a dit avoir vu un énorme...
A cet endroit c'est normal mais que penser alors de ses...
Que c'est désagréable de se sentir si mise au...
Surtout que les canards, comme beaucoup d'autres n'ont jamais eu a finir...
Alors pourquoi devrais-je en faire l'effort ?


Aqui ? Sim mais temos que regressar...
Moro na praça Figueira em um quarto com quatros...
Não entiendo o que esta...
Esta bem !
Sim, um galão face favor. Obrigada.

Zoé Bonnardot dialogue avec des...


« C’est incroyable, tout ce monde qui se presse vers…
Peut_être que tu as remarqué, mais partout où l’on va, il y a un fourmillement de gens qui…
C’est comme dans un aéroport, les touristes passent, attendant des heures, tandis que les hommes d’affaires semblent avoir un…
Tu regardes les gens dans la rue toi ? Non parce que moi…
C’est comme une TV tu vois, t’es là…
Et puis de jour en jour, et selon les jours…
Beaucoup de choses se passent autour de toi tous les jours, et peut-être que des fois t’es pas… enfin t’es plus… Tu vois, c’est un peu comme si…
Prenons une ville fantôme, on est d’accord que si elle est fantôme, c’est qu’elle n’est plus, et si elle n’est plus, c’est forcément qu’à un moment donné, elle a dû être, être le centre d’une certaine…
Tu prends le train souvent toi ?
Parce que c’est vrai que moi je le prends souvent, et c’est assez marrant de voir comme tu es là, au milieu de tous, mais qu’au fond, tu n’es pas…
C’est un peu comme…
Je t’embête peut-être ?
Non parce que c’est vrai que des fois…
Je suis souvent…
Je sais pas si tu sais, mais hier il y a eu…
Ce que c’est triste les accidents.
Tu veux une … ?
Non parce que si t’en veux, n’hésite pas…
Il suffit de….
Non ?
C’est comme tu le sens, c’était juste…
T’es pas très…
Un peu comme ce mec l’autre jour qui…
Il n’avait pas l’air… Mais en fait il était… T’es un peu comme lui, à la fois vivant et…
Tu passes souvent dans des gares ?
Tiens, y’a le train de 14h qui… ah c’est le… Je comprends pourquoi tu… C’est dommage parce que…
C’est pas souvent que dans un hall de gare on voit des gens si …
Excusez moi madame, vous n’auriez pas une… ? »
Zoé Bonnardot

vendredi 4 octobre 2013

Naomi Maekawa fini ses phrases par des petits points en japonais aussi...


Oui, moi aussi ça m'arrive très souvent de ne pas finir mes phrases et je...
surtout devant des personnes qui sont...         qui ont une certaine...
Je me suis dis que c'était un problème de...       et puis alors je me suis mise à écrire avant de parler à quelqu'un de....   à des occasions assez....
D'ailleurs un jour, quand il faisait encore...  bah.. quand le directeur n'avait pas encore....    j'ai eu un entretien pour parler d'un livre qui s'appelle...   vous savez l'histoire du petit qui....    il abandonne sa.....      pour faire la conquête de .......
Enfin bref, ça s'est passé de façon assez.....     et puis il m'a dit des choses.....
Bon, en fait ce jour là j'étais pas très.....



En Japonais:
私が本当にしたいことって言うのは・・・
だから昨日もすでに言ったように・・・
まあ、つまり・・・・だから何回も言わなきゃいけないわけで・・・
本当に大切なことは・・・
まあ、また明日話すよ。
Traduction:
Ce que j'ai vraiment envie de faire c'est...
comme je te l'avais déjà dis hier...
Bah... en fait... voilà pourquoi il faut le dire et le redire...
Ce qui est vraiment important c'est...
Bon, on en reparlera demain.


Benoît Villemont écrit vite et ses phrases se terminent par...


Depuis ce jour

Je suis ton...
Tu es ma...
Tu es mon...
Je suis ta...
Je suis Toi.

Tu es venu à moi un jour de...
quand le Ciel était si...
comme Toi.

Un arc-en-ciel dans mon...
Une lumière dans ma...
Ce qui est à toi.

Tu m'as donné la...
Tu m'as rendu la...
Tu me fais chanter la...
Tu me fais danser la...
Car partout tu es...

Tu es celui qui a libéré mon...
à tous les Hommes du...
Qui a sauvé le Monde de...
sur tous les Chemins du...

Et en toi rien ne...
Et en toi rien ne peut...
Et en toi rien ne pourra...
Puisque tu es tout et tout est à...

Depuis que tu es venu à...
J'ai perdu les...
J'ai perdu la fin des...
Jusqu'à ce que je perde la...
Ce Tout qui est Toi !

Mais j'ai retrouvé la véritable...
Mais j'ai retrouvé le véritable...
Et tout ce qui en moi s'en va
et tout ce qui en moi se meurt,
murmure ton Nom en silence
au plus profond de mon...

Depuis ce jour,
Lui seul peut parler de...

jeudi 3 octobre 2013

Comment Clothilde Pérard ne termine pas ses phrases...

Cela m'arrive tout le temps. J'ai l'idée, j'ouvre la bouche et le... bah... ça sort pas. C'est toujours ce qu'il y a de plus... et c'est extrêmement... C'est à ce moment là, lorsque j’attends l'approbation, le hochement de tête rassurant de mon... que le célèbre « Euh... » s'échappe et anéantit toute ma phrase. Alors au lieu d'avoir un sourire , un froncement de sourcils ou un hochement, je ne reçois qu'une expression de... enfin vous voyez ce que je veux dire ? Et quand parfois la personne qui m'écoute, la pauvre, vient à deviner LE mot que j'ai sur le bout de... c'est... Waouh ! Vous comprenez ? Je sais ce que je veux dire ! Je le sais ! Et ça m’énerve de passer pour une... Merde ! J'en ai marre de... Argh ! Bon... On arrête de parler ça ? Et ça se termine toujours en... bah... comme ça !


C P

dimanche 21 avril 2013

Les faux-amis




La grande inspiration de la page blanche de gauche contraste vivement avec le premier bloc dactylographique de droite. 
Puis une deuxième page scandée de rectangles d’écriture. Seuls quelques espaces viennent trouer les rectangles parfaits d’une mise en page typographique resserrée. 
Sans pour autant qualifier cette mise en page d’étouffante, l’écriture s’ordonne de manière épurée tout en gardant cette lisibilité due à la fois à la régularité des espacements et à la taille et le type de police.
Ronde et accentuée, la lecture est agréable à l’œil. Les voyelles aèrent tandis que les consommes tranchent l’espace de lecture.
Face à la richesse et à la complexité verbale et grammaticale de la langue française, l’italien détient le prestige d’être la langue internationnale de la culture et des arts par excellence (l’architecture de Florence, importance de la littérature italienne durant le Moyen-âge...).
La dialectique italienne détient alors une beauté dont la phonétique ressemble à celle de l’espagnol (consonnes géminées ou doubles). 
Malgré son identité grapho-phonétique directement lié à la richesse historique de l’Italie, la dialectique italienne prouve qu’elle a également puisé de ce qui l'entourait, géographiquement parlant. A la fois qualifiée de langue romane, d’ou sa ressemblance flagrante dans la construction des mots avec le français, l’italien détient un vocalisme particulier (tonalité, accentuation...) qui dans sa sonorité peut être considéré de musicale.
C’est pourquoi, dans une lecture habituelle de ce texte, il est probable qu’une compréhension directe puisse être réalisable. Néanmoins, l’intérêt d’une langue est d’y trouver des faux-amis.

Bryan Peltier

Sans connaître un mot d'italien


Il poeta

Per poter mettere, non sei rispondere
Costosissimi
Notti insonni
Lasciate perdere, lasciate perdere

Al massimo hanno, quelli che leggono
Soldi tirati
Fatto con altri
Un libro in mano, un libro in mano

Che inizia quella, da finire quella
Carissimi
Tutti da anni
Per ore in fila, per ore in fila

Vederlo leccare, che potreste fare
Troppo artisti
Di studenti
Non fate studiare, non fate studiare

Con pessimo gusto, con ottimo gusto
Viaggio e dormi
Sui gradini
Un foglietto tutto, un foglietto tutto

Capita diventa, una totalità
Per gli artisti 
Soldi tirati
Il poeta, il poeta

Pauline Rey

lundi 8 avril 2013

Pauline Rey en graphologue


La lettre

Je me suis assise dans mon fauteuil et je me suis mise à la relire encore et encore avec délectation. Cette lettre, retrouvée par hasard, était habilement dissimulée entre deux lames du parquet recouvrant le sol de mon appartement. Elle m'obséda longtemps sans que je puisse y trouver un juste sens.
En en-tête figurait la date: le 6 Thermidor An II. 
Ainsi commençait-elle:

« Cher ami, 
Si vous lisez cette missive, c'est que les signaux que j'ai envoyés via le télégraphe optique vous ont bien été retransmis. Sinon, c'est qu'ils ont été interceptés et que je ne suis plus de ce monde. La guillotine m'aura tranché la tête ou bien je me ferai dévorer par la vermine au fin fond d'un cachot, les quatre membres scellés aux fers. 
Ma raison aurait préféré ne jamais avoir eu la certitude de ces atrocités. Ce que j'ai découvert doit être révélé au grand jour. Vous seul, mon ami, êtes en mesure de changer le cours des choses. 
Soyez dans deux jours sur le parvis de l'église, à l'heure où le soleil commence à pointer et que le chantre du jour s'époumone. Vous aurez la preuve de ce que j'avance.
Je vous adresse toute ma confiance.
Fidèlement,
G. »

Une belle écriture calligraphiée recouvrait le papier jauni par les années. Comment un tel document avait-il pu passer inaperçu pendant plus de deux cents ans ? Je me suis entêtée à résoudre cette énigme et à découvrir ce qui se cachait derrière ces mots. 
En analysant la forme des lettres, la courbe des accents, j'ai pu établir le profil psychologique de son auteur.
De toute évidence, il s'agissait d'un homme lettré et cultivé. G. était relativement jeune et sûrement était-il encore célibataire à en juger l'absence de lien entre les « m », les « n » et les autres lettres. La taille, ainsi que l'aspect fuyant des caractères, confirmaient l'état d'urgence et l'angoisse profonde dans laquelle il était plongé. Son esprit tourmenté se révèlait à travers les courbes extravagantes des « l », « g » et « j » ainsi que dans l'enroulement des « s ». 
Toutes les lettres étaient plus appuyées vers le bas. Une pression exercée de cette manière, informe que G. avait écrit debout, sans support autre que quelques feuilles de papier. 
Les accents secs et la courte barre des « t » définissaient un caractère droit et franc, une personne loyale et digne de confiance. Malgré tout, le point disposé au-dessus des « i » soulignait un manque de confiance en soi, ce qui a probablement dû lui causer du tort dans sa vie, aussi bien intime que professionnelle. 
Peut-être G. exerçait-il une fonction au sein de la nouvelle République, bras droit et homme de confiance d'un leader politique, et donc soumis au secret d'Etat ? Ou bien était-il un jeune prêtre reconverti et rallié au mouvement révolutionnaire, chargé d'espionner les faits et gestes des membres du clergé ou de recueillir en confession les complots qui se tramaient en ces temps de Terreur...? 
Sans cesse, je relisais ces lignes mais le mystère, quelque peu dévoilé sur la personnalité de G., restait entier sur le contenu du message. Qu'avait-il découvert de si important? En quoi cela aurait-il pu changer le cours de l'Histoire si le destinataire avait pu lire cette lettre? Qui était cet ami en qui il réunissait tous ses espoirs? A-t-il réussi à survivre sans son aide et réchapper au sort qui l'attendait? ... 
Tant de questions qui restèrent longtemps sans réponse et dont, à présent, j'avais enfin trouvé la clé.   

jeudi 4 avril 2013

La belle écriture et le télégraphe inventé par Claude Chappe



























Les participants réguliers et invités auront reçu ces trois documents extraits d'une belle publication de 1965 intitulée Histoire de la Communication, Editions Rencontre.
On aime Claude Chappe au Mans, lui dont le buste veille sur la façade de la poste place de la république, car il se trouve que ce jeune inventeur était originaire de Brûlon 72350.

samedi 30 mars 2013

Le voyage vers Rostov-sur-le-Don de Pauline Rey


Voyage vers Rostov

J'ai pris ma bicyclette pour me rendre à la gare. L'air frais de ce matin d'hiver venait rosir mes joues et le vent emmêlait mes cheveux. J'étais perdue dans mes pensées, imaginant déjà les contrées lointaines vers lesquelles je m'acheminais.
Soudain, ma roue arrière creva, me ramenant ainsi à la réalité. Il était trop tard pour que je la répare : mon train partait dans 10 minutes. Je dus donc abandonner mon vélo et courir vers ce train qui était le seul moyen de m'évader vers un ailleurs. J'ai réussi à monter dans le wagon in extremis. Le sifflet du conducteur retentit, les portes se refermèrent derrière moi. Encore toute essoufflée, j'eus la chance de trouver une place assise près d'une fenêtre, dans le sens de la marche. Il y avait du monde à bord et les places se négociaient. Les gens se bousculaient et parlaient fort. Ce fauteuil resté vide semblait simplement m'attendre. J'ai regardé le paysage défiler sous mes yeux. Le moment était enfin arrivé : mon voyage vers Rostov sur le Don pouvait commencer.
Par delà les collines du Perche, je rêvais aux montagnes enneigées de Russie, dans les eaux sinueuses de l'Huisne se dessinaient celles gelées du Don.
Je finis par m'endormir, bercée par le doux cahot du train avançant sur ses rails. 

Lorsque je me suis réveillée, le train était étrangement vide. J'arpentai les wagons à la recherche de quelques voyageurs mais je ne croisai personne. Les compartiments, éclairés par une lumière jaune et tamisée, semblaient appartenir à une autre époque, bien que les lignes du TGV m'étaient restées familières. Dehors, la nuit était tombée et je ne percevais que de faibles lueurs dans l'obscurité. Le train avançait toujours sans que je ne sois plus bien sûre de sa destination. Je me suis assise, troublée par l'ambiance qui régnait en ces lieux et qui me glaçait le sang. Quelques minutes plus tard, un sifflement strident se fit entendre et, lentement, le train commença à ralentir pour enfin s'arrêter complètement. Une voix rocailleuse, modifiée par le son du haut-parleur, fit une annonce en plusieurs langues : le train était inopinément arrêté en pleine voie et les voyageurs étaient invités à descendre par les portières de droite. En pressant le bouton, un souffle précéda l'ouverture des portes. Je jetai un œil à l'extérieur. Seule, j'était bel et bien l'unique voyageuse de ce train désert aux allures de locomotives des années 1930. Mon regard fut attiré par une faible lueur suspendue dans les airs. La nuit était sombre, sans lune et sans étoiles. En descendant du train, mes pieds s'enfoncèrent dans la neige, le froid s'engouffrant à l'intérieur de mon manteau sans que je puisse m'en protéger. Petit à petit, je vis se dessiner les contours d'un fiacre, immobile, attelé à un cheval puissant dont la robe noire luisait dans la nuit. Je crus percevoir l'image furtive d'une silhouette, celle d'un homme portant un chapeau haut de forme. En m'approchant encore plus près de la lumière, tout s'éclaira. Une lanterne illuminait le visage d'un cocher, un homme bien en chair à l'air jovial et sympathique. Dès qu'il m'aperçut, il ôta son chapeau et m'invita à monter à bord du fiacre. Frigorifiée, je ne pus refuser son offre. Durant le trajet, je regardais par le cadre de la fenêtre, les forêts enneigées que nous traversions à vive allure. Le jour se leva et au petit matin, le cocher me déposa au pied d'un grand arbre dont les branches cristallisées semblaient faites de verre. Il me dit, avec un fort accent, de continuer tout droit pendant encore cinq kilomètres, et me souhaita bon courage, toujours avec ce sourire aux lèvres, amical, comme s'il me connaissait depuis longtemps. De nouveau seule, je marchai dans la neige poudreuse en observant les empreintes laissées par les animaux. Au bout des cinq kilomètres qui me parurent le double, je dus traverser la rivière gelée qui, en cette période hivernale, était recouverte d'une épaisse couche de glace. Je chaussai mes patins et glissai jusqu'à l'autre rive où se dressait un grand portail sur lequel était écrit en lettres d'or : « Добро пожаловать в Ростов-на-Дону ». (« Bienvenue à Rostov sur le Don »)
  

jeudi 21 mars 2013

Pour aller de l'avenue Rostov-sur-le-Don 72000 Le Mans à Rostov-sur-le-Don, Russie

























Le Larousse Universel en deux volumes, édition de 1949, nous offre à la page 1015 un vaste de choix de véhicules que l'on empruntera allègrement pour parcourir les 3518 km qui séparent l'avenue Rostov sur le Don au Mans de la véritable Rostov-sur-le-Don en Russie, sur la mer d'Azov. certains se seront égarés en route ou n'auront délibérément pas suivi les instructions.

dimanche 10 février 2013

Une exquise douleur



C'est exsangue (Ɛgzäg) que je l'ai retrouvée. Ou plutôt, exsangue (Ɛksäg), ce qui est préférable.
Elle a expiré dans la nuit. Elle n'en pouvait plus de cette vie, extra-lucide sur le destin qui se dessinait à elle. 
Elle se renfermait davantage à l'intérieur d'elle-même, à l'extérieur du monde.
« Introvertie » aurait été l'adjectif le plus approprié pour la définir, même si celui-ci s'avérait explétif  puisqu'un simple regard le suggérait. Il n'y avait pas besoin de mot superflu, son malheur était explicite.
L'expert-légiste avait soulevé un trait d'union entre les faits et son acte, et la lame métonymique qui lui avait ouvert les veines fut une solution expresse à son extrême souffrance. 
Son geste était chargé spécialement de transmettre sa volonté , à savoir prendre sa revanche sur la maladie qui la rongeait de l'intérieur, expectorant, éructant, agonisant. 
Des mucosités exotiques obstruaient ses bronches, les gaz explosaient son estomac pourtant intransitif. Elle éprouvait des difficultés à aspirer, à expirer. Les mots la torturaient et jamais ne se laissaient apprivoiser.
Son geste extravagant paraissait extraordinaire, anormal, inexplicable, pour s'extraire ainsi à la vie. Des formules et des tournures plus douces existaient. Mais elle s'est expressément expliquée dans une lettre qu'elle avait glissée dans son dictionnaire :


« Mon temps est expiré.

Ce n'est pas en extravaguant que je m'en vais. Mes raisons ne sont en rien exorbitantes, excessives ou qui dépassent la juste mesure. Malheureusement, le suicide est la seule issue qui s'impose à moi. 
Vous me direz qu'il existe des moyens plus expédients, plus commodes de se taire mais la souffrance appelle la souffrance. Une exquise douleur s'est logée dans mon esprit. Elle doit s'évacuer naturellement, dans l'agonie et le désespoir.

Je quitte exquisement toutes ces difficultés et vous laisse le soin de les résoudre.»


Pauline Rey



samedi 9 février 2013

Mot « Giratoire » Texte : « un Thème à contre-sens »


Le thème imposé de la soirée était les masques.
Les « Masks » avec un « k », comme le film « The Mask » avec Jim Carrey.
Ayant pris l’orthographe de ce mot à la lettre, je me dis qu’il fallait que je m’imprègne
obligatoirement d’un des personnages du film. Je pensais que cette logique avait été respectée
par tous, et qu’il aurait eu le choix de choisir sa danseuse de tango, interprétée par Cameron
Diaz dans le film.
C’est de cette manière que j’ai été élu « costume le moins recherché de la soirée ».
Pourtant j’y avais longuement réfléchi, avoir fait les cent pas dans un discount de farces et
attrapes ne m’aurait-il servi qu’avoir l’honneur d’avoir un prix de déshonneur ?
J’avais même scruté les quinze minutes de générique en but de me trouver le costume de la
soirée. J’aurai dû me déguiser en figurant de la scène du braquage ou en maquilleuse.
Mais c’est avec ce prix que je deviens le figurant de la soirée.
De plus, je ne pense pas mériter entièrement cette récompense. Par exemple, une fille pensait
qu’être en maillot de bain était un déguisement.
Je lui ai indiqué que le thème qui est celui du masque avait pour caractéristique d’être caché, de
devenir un parmi d’autres, mais surtout que se couvrir non de découvrir.
Personne n'ignorait l’originalité de son costume, tout le monde se retournait, même les
Cinq Hulk dont les coeurs doivent rester de pierre.
D’ailleurs, la soirée n’aurait pas dû s’appeler « Masks » mais plutôt « Sosies ».
Certains le prennent bien de se retrouver à côté d’une horde d’elfes ou de Schtroumpfs car l’effet
de fratrie et de communion dû à l’achat du même déguisement et d’un manque d’imagination,
incite quelques individus à entreprendre plus habilement la conversation.
Cependant, il est plus dérangeant d’être la cinquième tortue ninja ou troisième membre à casque
des Daft Punk. L’un des trois sera finalement engagé en tant que livreur de Pizza. Il y a un
groupe de Catwoman qui se battent à côté de la salle de bain. Je ne sais pas ce qu’ont les filles à
vouloir être en body moulant noir et armé de leur fouet claquant sur le sol et sur les moindres
infractions sur le droit des femmes.
Même le faux James bond est déjà plus saoul que ces deux collègues de bar que sont Lucky
Lucke et Robin des bois. C’est deux-là ont misé leurs terres sur une partie de fléchettes
électroniques.
Je ne méritais pas cette récompense, c’est un contresens.
* Les costumes d’objets (rubik’s cubes, téléphone portable, cadeau..) ont la particularité de
rendre ceux qui les portent aussi muets que le mobilier de l’appartement qui nous accueille.

Bryan Peltier

Denis Drouet sera litote

Il y a des jours où je me sens d'humeur explétive. J'utilise alors des mots sans aucune raison explicable, qui dans mes phrases ont des sens explicites et pourtant explétifs.
Tenez, l'autre jour, je me tenais assis de manière reposée sur une chaise qui retenait mon poids. Quand tout à coup, à court d'idées un Africain héliotrope se tourne vers mon corps assis de manière reposée. L'homme noir exsangue, à l'allure livide m'exprime paniqué :

« Je ne comprends pas, un folliculaire vient de vous décrire comme un homme d'hyperbole. »  

Ne faisons pas de grands mots, et soyons bref, je ne sais quelle litote employer.
Que nenni, ces litanies, de linottes 
ce soir je serai litote. 


jeudi 7 février 2013

Dictionnaire des difficultés du français

Les participants auront ce soir reçu quelques pages extraites du Dictionnaire des Difficultés du français publié par le Robert.

dimanche 3 février 2013

En direct de Bruxelles


Et il y a cette radio qui, si je la laisse branchée, tend à me faire savoir qu'elle est toujours là. Même éteinte elle laisse percevoir cette tension qui réside dans son alimentation et ne demande qu'à être relâchée et faire rugir les enceintes.
Le manteau qui est accroché là où il doit mais qui dans l'obscurité me fait voir d'horribles choses ; certainement pour que je ne l'oublie pas lui non plus et pour me signaler que sa forme n'est belle que lorsqu'il est porté.
Le miroir qui semble se ternir en ne reflétant que l'encombrement des choses amoncelées ; il me crie qu'il renvoie une mauvaise image et qu'il faut que je fasse quelque chose.
La chaussette isolée au pied du lit me fait signe pour me dire qu'elle n'a pas vu sa partenaire depuis un moment.
Tous ces boutons qui ne songent qu'à un léger basculement pour faire reprendre aux objets toutes leurs fonctions.
Notamment mon fameux grille pain qui veut s'activer pour encore mieux faire sauter ses tartines.

A tous ces objets qui me parlent, je leur dis que la nuit portera conseil et que tout ira mieux demain.
Et à la chaussette du pied du lit, je lui dis que si jamais sa partenaire est trop loin pour lui tenir compagnie elle trouvera pleins d'amies au sein du tiroir qui est bien garni de ses compatriotes du même type.
Je me mets à rêver mais je crains d'être extirpée de mon profond sommeil par ces enceintes qui reprennent leur droit, la bouilloire qui se met à siffler, le grincement de la porte ou les gouttes qui s'échappent du robinet.

Seulement, je rêve, taisez vous.

Pauline Djerfi

Archives du blog

Qui êtes-vous ?

Ma photo
Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist