Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

jeudi 20 novembre 2008

samedi 8 novembre 2008

Merci aux éditions Zulma



Chaque rédacteur du jeudi 6 novembre se sera rendu depuis un ordinateur sur le site des éditions Zulma pour y suivre les instructions d'écriture proposées aux visiteurs lecteurs d'après les livres d'Hubert Haddad.

http://www.zulma.fr/jeu.html


Rose Mansion

Le monument des lettres closes

Une femme se penchait sur la rivière par-dessus le parapet rouillé. Une veuve, à la tristesse ridicule, jetant un regard plein de dérisoires espérances vers le lieu de son crime, un regard empli de promesses oubliées et de tortures passées. Plantée sur ce semblant de balcon comme un poignard factice dans le corps d'une piteuse comédienne de théâtre, elle avait caché, loin dans le labyrinthe de son esprit, le mouchoir carmin de sang qui gisait dans sa main. Le noir se faisait de plus en plus profond. Assurée des prodiges de la miséricorde chrétienne, elle répétait ses prières comme des litanies de mendiant, errant comme endormie parmi des arceaux d'abbaye. Un duel au pistolet aurait mis fin à cette nuit de carbone, mais elle était seule. Un bijou aux reflets troubles ornait son poignet blanc, presque transparent. Un souvenir d'une nuit d'ivresse. Muette, elle enveloppa le corps dans les draps et le porta jusqu'à la grève, on eût difficilement trouvé de plus grand monument.

Repas avarié

Je suis bien placé pour savoir que personne, personne dans ce monde, n'est totalement innocent. Même la casserole est responsable quand le caramel brûle, ça rassure les cordons bleus à la petite semaine. Vous savez, ceux qui pensent que des pâtes trop cuites sont le petit jésus en culotte de velours.
Qui aurait pu s'attendre à une telle abomination, même si depuis longtemps la rumeur faisait état des mœurs hors normes de monsieur le professeur, de ses relations pas toujours très recommandables. Il paraît qu'il fréquente beaucoup le lido, et aussi une de ces maisons bien particulières, celles avec des dorures et des glaces, même au plafond. Celles où se tiennent les pages les plus croustillantes de la littérature de gare, celles d'où l'on sort avec des griffures dans le dos. Dès l'entrée, une furieuse envie de pousser la fille dans la soupente de l'escalier et d'en fermer le verrou à double tour lui traversa l'esprit. Il n'aurait plus alors, qu'à offrir des chrysanthèmes à sa mère et des roudoudous à son fils. En bon fasciste repenti qu'il était il garda une expression plus plate qu'une limande à cette pensée.
C'est alors que je vis la branche poindre au-dessus du mur. Près des violettes qui avaient dépéri à cause du trichloréthylène. Celui qui tue les rapaces protégés tout en nettoyant la faïence, elle avait disparu cette teigne. Crachant son venin derrière son éventail parfumé. Le genre de démon poudré, une guimauve au poivre, qui nettoie sa gorge à l'hypochlorite de sodium..

Guillaume Bure

Tu vas maintenant connaître le malheur, tout ce qui a pu te paraître mauvais jusqu'à maintenant ne sera plus que désir. Tu ne connais plus rien maintenant, le vent va devenir un gaz très dangereux et tout le reste va aussi se transformer pour te détruire. Tout en le touchant avec un air malsain mais droit, en affichant toute son arrogance, il n'a pas hésité à lui rappeler qu'il aurait pu subir bien pire et que ce qu'il subissait était une loi moins violente que les précédentes. Malheureusement la glace ne se brisa pas et elle devenait de plus en plus solide. On se rend enfin compte que les phrases bien longues ne sont que de la merde.

Patrick Gaïaudo

QUANT A LUI :
Il grimpait dans la boue sans penser au lendemain, et savoir qu'il allait bientôt rencontrer sa fille, ne l'éprouvait pas, ne lui provoquait aucune angoisse, bien au contraire.
Grimaçant, et couvert de terre rouge, il rayonnait de tous ses gestes...
Une fois sur la cime, son carnet à spirale dans les mains, il lut les retranscriptions de ses rêves ; tous ceux d'une année et d'une traite.
Il savait que cela le motiverait à dévaler la pente, mais quels liens pouvait-il bien faire entre cette rencontre et ce défi de grimper d'un trait cette montagne dans la journée ?

QUANT A ELLE
Sans candeur, elle recula la peur au ventre. "Est-ce lui"??
Suspendue à cette angoissante question, sa seule réponse fut de courrir vers l'avant, comme le font sans doute les nuages poussés par le vent. "La fuite est un piège à con, mais je préfère encore cela que voir la mort sous un réverbère, je choisis de fuir."
Elle fit volte-face. Ebouriffée, elle sauta dans le bus 112, sans égard pour le lieu qu'elle quittait et avec l'espoir que l'autobus l'amènerait sans tarder à son appartement. A son arrivée, elle lâcherait c'est sûr une grande émotion nourrie de larmes...
Ce sentiment d'abandon n'avait jamais été aussi intense qu'aujourd'hui. Avant cet événement elle évoquait toujours le mauvais sort pour parler de ce père, qu'elle n'avait vu qu'à sa naissance..

Marion Parpirolles

Être rongé par l'ennui, cela faisait partie de son charme. Lors d'une nuit trop chaude il comprit que ce sentiment serait vain. Peu lui importait qu'il fût loin d'être beau ou laid . Ailleurs, il commencerait une marche pour ne plus être mal. Soudain un hurlement retentit de la fenêtre ouverte, suivi d'un silence de plomb au centre de la pièce. C'était une femme qui était toujours seule et qui avait perdu la tête.

Avec une habitude majeure, la tache noire sur sa joue et ses mains très froides, chatoyaient. Elle se mit à balancer ses cheveux très courts et ses jambes, en une union envers le vide du ciel qui ne touchait pas le sol. Fallait-il pouvoir y voir un signe ou un motif du destin ? Des gâteaux trop cuits ou bien un trouble ? Sa grâce est d'autant plus convoitée qu'elle semble imprenable telle la glace des ténèbres. Crie fort ! Prends un verre d'eau. Avant ça, il y a d'abord eu une utilisation d'un autre événement noir, majeur et primordial en ce qui nous concerne. Arrête! j'ai peur, ça me fait mal au dos!.

Emma Bourgin

C'était ces mêmes motifs ridicules qui faisaient de sa robe un pyjama avec lequel il était possible par je ne sais quelle opération du Saint Esprit de se retrouver téléporté aussi bien dans Tetris que dans n'importe quelle église du trou paumé où nous vivions dès l'instant où l'on fermait les yeux. Ah Tétris... Que de couleurs ! Que de souvenirs de fins de soirées passées à pianoter sur la console les cheveux décoiffés par le grattement des méninges. L'arrivée de l'obscurité à cet instant m'amena à LA révélation. C'est non sans courage qu'en déployant un à un chaque orteil de mes pauvres pieds, en m'appuyant lourdement sur mes talons râpés par les cailloux qui servent de sol, déployant mon corps meurtri et levant les bras au ciel, boulversé, je compris qu'une croix était l'assemblage d'un même élément fondateur : la ligne. Et que cette dernière pouvait aussi bien être verticale qu'horizontale sans être déformée. Elle m'évoquait vaguement l'eyeliner de mon œil calciné à cause des longues soirées passées devant ce jeu au caractère malsain. "L'aube approche et que tu es en pleine crise d'insomnie mon chou. Tu es sans nul doute encore sous le choc de notre dernier week-end culturel. Je ne pensais pas que le traumatisme serait si difficile à évincer. Tu ressembles plus à la croûte d'un triste fromage moisi qu'à la rosée dépareillée du matin. Oui, un malheureux bougre bohème qui au lieu de sombrer dans l'alcoolisme décida de noyer sa peine dans la fusion des lignes, cher amour. Il avait une sœur qui était jalouse du leggins rose dont il se servait pour éponger la tache d'huile de tournesol répandue sur la moquette après une soirée frites. - Evidemment, plutôt que d'avoir à soutenir la loque humaine qu'est son frère au moindre verre de daïquiri, elle préférait le voir se salir les mains et inhaler toutes ces fioritures toxiques. Son altruisme étant inexistant il était clair qu'elle préférait qu'il se suicide seul en toute intimité..

Estelle Kongo-Bacary

VOYAGE

Avant d'y parvenir, j'étais dans les transports en commun. On n'y voit ni le ciel, ni les arbres, ni les toits de Paris. Seulement la foule qui s'agglutine contre les vitres. On n'y voit rien. Dans le métro, je lisais un livre dans lequel le mot "rivière" m'a interpellé. Une certaine corrélation avec les tunnels dans lesquels je passais.

Je l'avais déjà vu. Ma gorge s'est resserrée, ma langue gonflait, ma mâchoire me semblait trop étroite. L'autre fille s'est marrée. Il se recroqueville sur lui-même. Elle prend un sac en plastique et l'étouffe dans son lit.
Cela n'a pas suffi. Elle est alors d'une humeur électrique, perd son contrôle... Il suffoqua. Je ne sentais plus mes lèvres, elles étaient endolories. Je ne voyais pas de solution à mon problème. Je l'ai enfermé dans la réserve où était disposé tout l'outillage. J'ai alors paniqué. J'ai entendu le grincement de ses ongles creuser dans la porte.

Un vieu marabout m'a conseillé de faire bouillir l'eau iodée à la bougie pour soulager la douleur. J'ai eu une hallu ? C'était lui ? J'ai enfilé ma robe de chambre, et acheté des billets d'avion sur internet pour fuir. Le liquide est devenu noirâtre. Avant de partir, j'ai mis le tout dans la sacoche. Il trébucha. Il n'avait pas vu la chaise. Le sang ruisselait sur les carreaux de faïence.

Cette histoire est insensée. Ma mémoire flanche.

Ophélie Gélu

Je m'étais assise à la table. Deux personnes pouvaient s'y installer mais une chaise restait vide. Regardé de loin, le bouquet de fleurs bleues posé sur la table devait ressembler à une étoile. Je restais là à me souvenir d'images de mon enfance. Je me souviens de maman, ce matin-là elle portait un plat qu'elle sortait du four. Quant à mon père, dans son pantalon vert, celui que maman détestait, se dirigeait vers la bibliothèque les bras surchargés de livres. Mes souvenirs se brouillent à partir de ce moment-là je ne sais plus pourquoi mais je sais que peu de temps après il est parti très énervé en faisant ronfler le moteur de la voiture alors qu'elle restait à la maison rangeant les assiettes dans le placard. Elle avait racommodé la veille cette horrible chose verte qu'il portait en partant. Elle avait remplacé l'élastique trop tendu par un autre plus lâche, puis s'était occupée de la nappe. Je me souviens aussi de l'école... le film que l'on a dû regarder nous montrait comment les enfants fabriquent nos chaussures à la main. Il leur est impossible de laisser leur trousse remplie de matériel fermée, au risque de retrouver la porte de leur atelier fermé le lendemain. Aujourd'hui mes parents forment toujours ce même couple. Lors de leur promenade ils se sont assis sur le même banc. Ils restent là, assis l'un à coté de l'autre, l'air pensif. Tout deux regardent la foire installée non loin de là. Le vent faisait voler en tous sens les ballons que tenait un petit garçon. Sa veste ouverte claquait à cause du vent. En passant devant une petite maison tout à fait charmante il regarda par la fenêtre pour voir si quelqu'un y habitait.

À titre d'inspiration, ont été utilisées des citations des livres suivants :

> La Clef des ombres de Jacques Abeille
> Garden of love de Marcus Malte
> Les nuages noirs s'amoncellent de Chen Ming
> Silence d'un amour de Jean-Philippe Domecq

Etienne Safa

Le dernier Songe.

Le vent apportait des landes arides une odeur de possière, tandis que le murmure d'une cascade lointaine se transformait en une ode naturelle. Il imaginait l'eau agitée de l'étang qui devait certainement se former sous la chute d'eau. Il se voyait au sommet de la falaise, au centre du courant, se dressant sur un rocher éventrant la rivière et projetant son regard perçant dans tous les recoins du paysage. Il était comme piégé entre l'arbre et la terre, aplati par tant de masse, enveloppé de toutes parts dans ce linge naturel qui commençait à se transformer en linceul. Il pensait que ce matin, comme chaque matin, il avait mis son vêtement écailleux puis était sorti de sa tanière pour sillonner son territoire. Il était parti à la recherche de proies potentielles afin de satistaire son appétit qui, comme s'il n'en avait pas assez d'avoir l'estomac dans les talons, était en plus un fin gourmet et difficile qui plus est : ses mets devaient être de bon vivants, clairs et fruités au pelage et légèrement dodus sans pour autant être trop gras ! Il attendit toute la journée avant de voir passer un petit convoi comportant une lapine et ses progénitures... un grondement se souleva de son estomac, annonçant le glas de toute la petite famille. Il s'était assis sur une grosse pierre. Elle gisait sur la berge d'une petite rivière à présent tarie, formant un petit obstacle que le courant aurait contourné gracieusement. Il aurait bien aimé qu'il fasse un peu plus frais. Qu'il pleuve aurait été une bénédiction, mais dans cette région c'était trop demander. L'acoustique des lieux répercutait le chant de la cascade malgré la distance qui les séparait et le faisait résonner dans sa tête, attisant sa soif. Ses yeux étaient à moitié clos, et il commençait déjà à rêver : le murmure de la chute d'eau se transforma en grondement d'orage, et bientôt la pluie déferla sur les landes. Son esprit voguait à présent sur une mer déchaînée, assourdi par le tonnerre et aveuglé par les éclairs, quand soudain tout s'estompa : les eaux s'étaient transformées en un vaste champ d'herbes verdoyantes qui ondulaient doucement. Devant lui se tenait une petite fille aux cheveux roux. Un vent vigoureux mais cependant d'une tendre douceur soulevait ses cheveux et caressait son visage.

Justin Delareux

Un silence sporadique, un automne mélancolique en personne.
Un livre comprenant un titre rébarbatif, le genre de chose qu'on lit sous la pluie.
Son regard me perd et le temps se sauve comme un objet lointain.
Un monologue aux paragraphes ennuyeux, un horizon bien brumeux.
Le reflet de ses larmes irritait ma rétine.
Je ne trouvais aucun mot bien orthographié pour provoquer la résonance..
"undefined" répète la radio "undefined". Nous sommes seuls.Tout le temps.
Tout seul face à un livre au sujet peu passionnant avec un trop plein de lumière.
Par la fenêtre une neige fragile attirait mon regard, l'incertitude d'une chute, le vacillement de sa silhouette.
Eh bien voila une conclusion affligeante en peine de substantif...

Lola Dubois

Texte N°1-

"D'ailleurs, je ne connais pas plus ordonné qu'elle, si tu voyais son armoire, tout y est rangé d'une manière si ordonnée, à l'exception de ses chaussettes bien sûr !". Elle n'est pas comme toi tu sais, as-tu vu l'état de tes espadrilles craquées ?? Je croyais que tu prenais soin de tes affaires, et d'ailleurs, il me semblait qu'à l'école de gym tu ne faisais que des roues, roulades ou autres cabrioles de ce genre... Tu as besoin de tes espadrilles dans ce cas-là ? Elle dégoulinait comme si elle sortait de la douche, c'est alors que l'homme eut la gentillesse de lui offrir une pomme bien verte. Elle faisait peine à voir la p'tite avec son pull troué, on pouvait remarquer qu'elle n'osait même pas se regarder dans la glace. C'est alors qu'Alice lui proposa de l'emmener faire un tour de mobilette (rouge et toute neuve en plus!!), malheureusement, son long manteau se prit dans la chaîne, ce fut la fin de la découverte à mobylette... Pour lui, ce fut un choc, tel un verre brisé. Je crois même que s'il avait eu un miroir en face de lui, il l'aurait balancé à terre tellement la colère était forte.


Texte N°2-

Après lui avoir prêté son grand cheval de course, il lui avait ordonné de nettoyer la grange. Elle remonta donc ses manches trop longues et opéra la corvée tel un ouragan. Du matin au soir. La maison mal lavée était mon pire cauchemar, on aurait pu croire qu'une tornade avait traversé l'espace, en dévastant tout sur son passage. Tout comme après avoir inspecté la cuisine (le lieu du crime), je ne compris pas pourquoi il ne restait plus qu'une seule cuillère dans le lave-vaisselle. En revanche, la chemise tachée de sang aurait dû nous mettre sur la piste, elle était trop extravagante, elle lui aura porté malheur, au lieu de la porter à la campagne il aura dû s'envoler pour les tropiques... Car dans mon souvenir, il n'y avait aucune tache étrange dans l'évier, dans mon souvenir, il y avait tout de même une étonnante fuite d'eau. Du pain grillé était écrasé par terre, il y en avait PARTOUT!! Après avoir nettoyé, j'ai déposé toutes les poubelles sur le trottoir d'en face pour ne pas être remarquée ! Sur la table commune, une épée était enfoncée dans l'un des yeux d'un crâne, un crâne délicatement déposé sur un oreiller (pourquoi?). Dans l'assiette avoisinant la pièce funèbre, se dégageait la fumée de ses nouilles trop salées... D'une main je pris l'assiette à bout de bras et l'emmenai directement au plus profond de la poubelle.

Marielle Pottier

Mon père était parmi les chasseurs, le genre de chasseur qui vous tue avec son souffle.
le genre aussi, trop sévère qui ne vous donnera jamais une part de gâteau... Privant sa famille des plaisirs simple de la vie.
Sa cruauté lui joua bientôt des tours, il avait embauché une étudiante, et celle ci ne pouvait plus supporter son manque d humanité et dans un exces de colère, alla bidouiller la voiture avec un élastique afin que papa se retrouve avec le volant bloqué!.
Fallait-il y voir un signe du destin?
Bien entendu. La roue tourne et c est pas moi qui le dit! Mais je sentais dans la voix de papa que son humeur avait été ébranlé.
Il nous montra du doigt l'étudiante et moi, le doigt inquisiteur!
Il piqua une de ces crises qui fait retentir dans ma tête la voix d'un soldat hurlant "tous à couvert"!
Cette tempête nous faisaient pleurer l' étudiante et moi.
on essayait d' assécher nos larmes en faisant de nombreux travaux manuels ensemble
pour se soutenir mais au final c'est la boite à mouchoirs qui prenait une claque..
C'était seulement alors que mon père avait compris pourquoi l'étudiante avait chipoté de cette façon.
Et connaissant ses humeurs, je savais que les poussées violentes qui le caractérisait n'avait plus rien à voir
avec cette foutue morale qu'il se vantait de nous inculquer.
Je ne savais plus où me mettre. Peur de me retrouver seule avec lui, ou qu'il finisse par frapper l'étudiante si fort qu'elle pourrait finir comme Poppy !
Poppy c'était ce petit Whippet que l'on avait à la maison et qui avait disparu le jour où il avait mordu papa.
Souvent je divaguais et pensais à ma vie si je devenais une vis, une vis qui servirait à faire tenir une pièce avec une autre.
Le genre de vis qui a des yeux et qui parle comme à la télé dans ma série préférée "l'île imaginaire"!
Penser à ce genre de choses était ma façon de m'évader !
Maman dessinait à la peinture rouge des petites croix sur l'écorce des arbres.
Je crois qu'elle faisait ça, car elle était sous l'emprise de l'opium.
Elle avait même pris ce qu'elle croyait être des champignons hallucinogènes qui se révélaient être en fait de simple morilles...
C'était sa façon de s'évader et d'échapper à papa.
Mais elle avait bien d'autres techniques qui ont abouti au fait qu'elle n'avait plus qu'un nez sans narines,
car elle avait inhalé du café en poudre ! Tristes conséquences de notre situation...
Toutes les horloges se sont donné le mot pour aller désormais très très lentement.
Comme si le soleil était devenu volage ne s'occupant plus de faire tourner le système au rythme régulier des montres suisses ;
mais il allait rencarder la lune et allait lui préparer de bons p'tits plats, mijotés dans cette bonne vieille casserole, la grande ours !.
Je me glissais sous ma couverture polaire et observais ce ciel et cette bonne vieille casserole, la grande ourse.
lorsque j'eus l'impression qu'un canadair déversant de l'essence se dirigeait vers la maison....

Jocelyn Gasnier

L'éponge du temps
Dans les sabliers le sable est devenu du gravier. Dehors un chien court, il semble rattrapé par le temps, cette surface collante le tient, il ne court plus maintenant. A ces mots Marie baissa la tête, elle prit le balai pour ramasser les débris d'assiettes qu'elle avait jetés sur le sol puis se dirigea vers le sac poubelle. Elle s'assit devant la table et cassa quelque noix jetant les coquilles vides dans le tonneau à ordure. Sur cette valse au goût de neige je repensais à elle, n'arrivant plus à dormir. Elle est si légère, mais ces rêveries furent troublées par le disque rayé. Le son devint compote et je ne voyais déjà plus son visage. Un homme s'introduit alors dans mon rêve, il la prend violemment par la chevelure puis la frappe contre le carrelage orange. Sa tête n'est plus que de la pâtée écrasée. C'était une mouche qui avait dû être attirée par les gaz dégagés de sa pauvre peau de crapaud. Cette peau qui me rappelle ces fois ou elle allait se baigner dans le port, là où les dégazages étaient effectués. Elle portait son grand maillot de bain qui était bien trop petit pour son gros corps. Elle se faisait lacérer par son une-pièce formant des bourrelets ficelés. C'est pour cela que je suis aujourd'hui dans ce train. Après le grand pont je serai arrivé. Je trouverai cette éponge dont les médecins m'ont parlé à travers leur grandes tirades sensées aux airs scientifico-charlatans.

Thomas Dussaix

Telle la puce sur le chien cette petite fille gênante me dérangeait comme personne. La scène tenait du septième art, je sentis le crayon dans ma poche. Nous étions dans la sombre forêt d'automne typique, je vis un tuyau à mes pieds. L'orage dans l'air se sentait, l'électricité entre nous ne passait pas. Elle me parla de la machine à café cassée tandis que les nuages obstruaient le ciel. La chaise tombe au sol et l'un des barreaux se casse. L'artiste déchu que je suis se trouva devant le rocher froid de l'épreuve. Il remit le clavier et la souris, tomber de la table, sur le canapé. Le paysage abstrait qui nous entourait me rappelait le tableau de cet artiste français dont je n'arrive pas à me rappeller le nom.

lundi 27 octobre 2008

Fantaisie en italien approximatif

Tous les textes produits ne sont pas publiés et c'est dommage. Nous avions pourtant, un soir du printemps 2008, amassé au cours d'un tour de table tous les mots italiens que nous pouvions, certains ayant un peu plus d'expérience de la langue que d'autres et nous disposions aussi de quelques textes poétiques d'une édition bilingue. Bien entendu nous étions également reliés à un dictionnaire italien en ligne et chacun s'est lancé dans la jungle de cette merveilleuse langue en ayant bien conscience de préparer ainsi un merveilleux périple à venir dont le tracé passerait par Torino Roma e Milano.
Les italianophones qui per caso tomberaient sur ce texte nous diront si ce qu'ils entendent est un accent français.

*
Buongiorno
Sono la Marchesa
E non faccio la cucina
Ma mi piace la pizza
Non vivo nell' appartamento
Ma nel grande palazzo
Dove mangio molto zucchero
Voglio mi nascondere
Per fare l'amore
Ma non è possibile
Perche miei genitori
Non lasciano mi
Vogliano mi roversciare gli occhi
E mi insegnare la vita beata
Per morire dietro un angolo o un letto

Anne Patoyt

Inspirés par les Frères Lumière






Il s'agissait de regarder des films de moins d'une minute des Frères Lumière pour se laisser porter et sentir soudain la vague suscitant un afflux de propos écrits en réponse aux images mouvantes et émouvantes.

Anne Patoyt

Je sors. Elle est derrière moi, elle me suit partout. Elle m'accompagne pour me
surveiller je crois. Elle a peur que je tombe. Mes mains sont enlacées aux
siennes. Elle se tient derrière moi. Elle veut que j'avance mais elle ne me lâche
pas.
À présent, j'ai peur, je suis hésitante et gauche.
Je ne sais pas quoi faire mais j'enchaîne les pas sous la pression de ses mains
qui m'oblige à aller de l'avant.
C'est elle qui a choisi ma robe blanche aujourd'hui. Comme tous les jours
depuis un an et demi, elle m'habille et me coiffe.
Je ne comprends pas ce qu'elle me dit, elle me parle beaucoup. Peu à peu
j'apprends sa langue maternelle. J'aime le son de sa voix. C'est cette voix qui
m'apaise lorsque la nuit des ombres menaçantes surgissent dans le noir. Elle
m'agace aussi, jamais elle ne me laisse le choix. Je dois faire tout à sa façon
autrement je la sens contrariée, elle s'agite.
Voilà, elle me lâche enfin, j'arrive avec ma belle robe blanche, je me déplace de
plus en plus vite, je progresse et je chute. Je suis à quatre pattes sur le sol. Je ne
pleure pas, j'observe l'obstacle. Puis elle arrive derrière moi et me relève , je ne
me retourne pas, l'autre me filme encore. Je veux qu'on soit fière de moi, surtout
elle.

Estelle Kongo-Bacary

Les faits divers journalistiquement intimes.

La péniche venait d'amarrer sur le quai. Elle tanguait encore un peu. Les hommes étaient sur le point de quitter l'embarcation. Bien apprêtés, après une dure journée de travail, ils pensaient retrouver leurs femmes qui les attendaient patiemment dans leurs doux foyers. Les techniciens ne pensaient pas que vraissemblablement Maman voulait faire impression avec sa belle robe à rayures. Le simple fait d'y repenser me donne la nausée. Je me souviens, il y avait ce petit vent frais de la fin de l'été qui faisait apparaître la calvitie naissante de Papa.
C'était les vacances, je mangeais du chocolat. A l'époque je ne me rendais pas encore compte que l'un des trois hommes avait triché lors d'une partie de cartes. L'alcool coulait à flots. Ce dernier lorsqu'il se rendit compte qu'il était piégé, sortit une arme de veston. Comme une nouvelle d'Yves Bonnefoy qui finissait mal. Comment une partie de cartes en famille pouvait se tranformer en inondation dans Paris ?
J'entends encore le cliquetis des sabots des chevaux sur les pavés de la rue. Il y avait foule, je me souviens que nous avions été évacués en barque. Ca tanguait pas mal. Nous quittions notre appartement quand des familles de sans papiers furent expulsées, place de la Bourse.
Ils vivaient semble-t-il dans des logements insalubres. Le propriétaire, un particulier, tenait à rénover son bâtiment. Les travaux n'avançaient pas plus, la maison avait de très grandes marches. J'avais mon poupon et une de ces robes à frou-frous très en vogue que Maman avait vue dans une boutique à Paris. "Mes premiers pas à Lyon", c'est ce qu'il y a d'inscrit sur la bobine. J'avais des botillons qui ressemblaient à des chaussures orthopédiques. Les enclumes se sont prises dans le tulle. Comme au ralenti, je me suis vu tombé sous le poids de mon scaphandre. En regardant ma poupée de chiffon qui, elle, était déjà à terre.

Anne-Emmanuelle George

Le temps passe, passe toujours trop vite. En accéleré, x10, x12, le temps est réelLement butant, saccadé, trébuchant.
Ces images artistiques parfois ironiques mais tellement réalistes, je les ai déjà vues, vues et revues, certes sans me lasser, avec une pointe de nostalgie, de sarcasme et bien souvent avec le sentiment de découvrir à nouveau un monde de découvertes.
Voyant la vie s'afficher telle que je l'avais rêvées maintes et maintes fois.
J'aime ces regards tantôt étonnés, tantôt subjugués.
J'aime ces dames un tantinet coquettes, ces messieurs à l'allure pressée, curieux de tout et ces enfants si convaincants et si vifs dans le rôle qu'ils incarnent. Le Monde me paraît si vaste, si intouchable, il me rappelle alors l'être si invisible que je suis.
Personne ne se souviendra de mon nom dans un siècle.
Combien de personnes sont passées devant cette caméra?
Noirs et blancs s'accordent...

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

lundi 13 octobre 2008

Emprunts à Colum McCann



Pour la reprise des travaux, la règle du jeu était d'écrire en employant obligatoirement, dans le même ordre, le cinquième mot de chaque ligne de cette page des Saisons de la Nuit de Colum McCann.

dimanche 12 octobre 2008

Lola Dubois

Suite à ma visite dans les jardins si réputés pour la rhubarbe non loin d’Atlanta, où la chaleur était si intense, j’ai pu remarquer, devant la cabane du concierge, là il range les clés en haut de l’étagère, que sa femme à la voix si stridente chantait constamment à tue-tête des chansons paillardes. Devant les jardins, aux extrémités de chaque rue vrombissaient les pots d’échappements de vieilles voitures américaines et quelques autres italiennes qui étaient déjà toutes hardiment customisées. Au sujet du concierge, sa Buick de 1969 avait réuni un bon nombre de collectionneurs dans sa misérable chambre. On pouvait observer sur le rebord de la fenêtre, les mégots s’agglutiner jusqu’au débordement. Pour l’occasion, je lui avais pourtant donné quelques chemises propres à carreaux, chose qu’il a dû oublier visiblement… J’observais le portrait d’une chanteuse de cabaret maladroitement épinglé sur le mur en haut à droite, près de quelques toiles d’araignées sur ses luminaires. Il était tard, soudainement, nous entendirent des cris venant d’en bas de l’immeuble, c’était le petit cireur de parquet qui avait perdu ses clés, ce pauvre vieillard ! Lorsqu’il les retrouva, tout le monde l’entendit, ameutant le quartier en chancelant cet air décousu : « à la chasse aux clés r’trouvées… ». Depuis, on l’écoute régulièrement à l’antenne de Radio R’trouvailles !

Rose Mansion

Les hosties se tartinent aussi

Lors de la traditionnelle visite de la toussaint à feu notre tante, il plane comme une odeur de confiture de rhubarbe au père Lachaise. Il paraît que les siennes étaient célèbres jusqu’à Atlanta. Entre nous, j’ai un doute. Vu la tête des douaniers devant le camembert au lait cru que j’avais prévu de faire goûter à mon oncle d’Amérique la dernière fois (avec la chaleur en plus ça avait été terrible), j’ai un doute. Jamais ces maniaques de la substance inconnue, ou pire, française, n’auraient laissé passer des bocaux de cette substance fibreuse et collante qui embaume l’air aujourd’hui. L’Amérique, c’est typiquement le genre d’endroit où les forces de sécurité sont paranoïaques au point de considérer le sucre comme un élément mortel. Vu le taux d’obésité là-bas, il n’ont peut être pas tort finalement.
Pour en revenir à l’ardente sœur de mon père, nous sommes partis à l’église où nous allons encore devoir chanter à tue-tête des cantiques aux refrains plus soporifiques que la respiration de gaz d’échappement. En guise de passe-temps, on peut toujours regarder ses chaussures, mais on s’en passe vite et on finit, là aussi, par s’endormir. Mais la messe arrive enfin à son terme et on fuit hardiment pour être sûr de pouvoir attraper sa ration d’air sain, dénué de toute trace d’encens le plus vite possible. Je laisse les autres en odeur de sainteté s’ils le désirent, personnellement, tout ça m’étouffe.
Après nous sommes tous réunis à la maison et le lit de la chambre d’ami disparaît sous les manteaux qui s’accumulent. Depuis la fenêtre, on peut voir le reste des fidèles qui s’agglutinent devant l’église. Je sais qu’il fait toujours froid dans ce genre d’endroit, mais de là à penser que c’est mieux dehors il y a un pas que je ne franchirais pas. Le prêtre, lui est déjà parti, les gens disent qu’il n’est pas tout à fait propre sur lui. A sa décharge, il y a sûrement beaucoup de prêtres qui sont sortis avec une chanteuse de leur chorale avant lui. C’est juste qu’il n’y a pas que l’armée qui soit une grande muette (il y a ma tant aussi). Du haut de l’escalier j’observe le gamin bouffi de prétention qui me tient lieu de frère. Ses ambitions s’amenuisent cependant de jour en jour depuis que ses professeurs lui ont fait comprendre que le métier de cireur de chaussures n’avait rien de déshonorant. Ce crétin se faufile dans le couloir lorsqu’il m’aperçoit. Tout à été fini entre nous le jour où j’ai retrouvé notre chat derrière la maison l’année dernière, il l’avait fait boire. Et on ne fait pas boire des chats, pas plus qu’on ne les chasse à coups de pierre ou qu’on ne les attache à des antennes. Faible consolation, ce cruel individu ne supporte pas la rhubarbe.

Claude L

Demain c'est jour de visite, on ira voir si les pieds de Rhubarbe de mamie rapportés de la ville d'Atlanta ont bien pris dans le jardin. Si c'est jour de chaleur la météo le dira, ce soir je resterai devant la télé en couleur chez des gens intelligents on avale des fumées bleues. L'arrière-saison met en joie notre belle campagne. Les gentils enfants crient à tue-tête dans les rues. On ira en voiture aux champs empourprés du soir préparer des lignes de fuite, d'échappement. Elle n'est pas triste cette chanson, elle embue l'œil de tous les visages. On goûtera les confitures de l'année et aussi d'avant. Elle est très bonne Mamie, où as-tu mis la recette, rappelle-toi s'il te plaît. Tu demandes ceci bien hardiment mon enfant, on veut donc voir disparaître sa Mamie ? Pendant que vous êtes réunis, je vais vous photographier dans la chambre claire. Le temps de pose sera court grâce à la fenêtre. Que personne ne bouge et que tous s'agglutinent en groupe homogène. Ce sera un cliché magnifique, on lui fera un cadre en or qui toujours restera impeccablement propre, brillant. Argentique ou numérique demande un vieux voisin ? Soudain à la porte il voit tout : les verres vides, les cuillères des confitures et il se plaint de ne pas être de la famille et pleure bientôt sur l'épaule de Mamie qui lui demande de se tenir. La chanteuse commandée arrive pile à l'heure et chacun chante bien haut pour chasser les idées sombres. Celui qui n'entend pas lit sur ses lèvres le refrain entamé. C'est une histoire assez touchante, un cireur des rues devenu milliardaire.

Marion Parpirolles

J'ai eu une visite. Heureusement j'avais fait une tarte à la rhubarbe. Mes amis revenaient d'un voyage à Atlanta. Selon eux la chaleur y était étouffante.
En les écoutant je posai une part de tarte devant eux. Où es-tu parti en vacances ? m'ont-ils demandée. Je vous tue ! leur ai-je aboyé. Il firent de drôles de têtes. L'un d'eux sauta du fauteuil et se précipita aux toilettes. Une odeur de pot d'échappement nous envahit les narines. De plus en plus fort. Mon ami revint au salon et se rassit. Il mangea hardiment sa part de tarte. Nous étions tous les trois réunis mais la gaité n'y était pas. Un bruit sourd provenant de la chambre nous fit sursauter. Je m'empressai d'aller voir à la fenêtre. Je me fis la réflexion : ils s'agglutinent tout de même ! En jetant un regard sur mon fauteuil, je vis qu'il n'était pas propre. Je ne pouvais pas le laisser comme ça. Je me mis à quatre pattes et commençai le nettoyage des accoudoirs. Mes amis me regardaient avec des yeux de merlan frit. Tu ne voudrais pas devenir chanteuse ? me demanda l'un d'eux. On verra quand je serai-là haut ! répondis-je embêtée. J'étais concentrée sur ma tâche. Je continuais de briquer mon fauteuil sans oublier ses pieds. Mes amis se mirent à glousser. Est-ce que j'ai une tête de cireur ?! leur dis-je énervée. Ce n'est pas possible de voir ça ! murmura l'un de mes convives. Je ne les entendais plus j'étais concentrée. Lorsqu'ils partirent je me mis à pleurer tout en chancelant dans mon appartement. Et soudain le bruit d'une chasse d'eau fit stopper mes pleurs. Alors je décidai d'aller débrancher l'antenne pour me calmer.

Justin Delareux

-"Nous devons poursuivre cette visite,
coûte que coûte."
J'étais désormais seul avec eux,
la vision d'une redingote dorée parfumée à la rhubarbe me hantait.
Mes yeux convergaient ou divergeaient, je ne sais plus ; l'atmosphère variait à chaque respiration,
j'étais dans une grange tiède et malodorante puis dans une salle de motricité à Atlanta
puis dans une cave en Alaska où la chaleur devenait glaciale.
Devant nous, d'autres nous, mais moins nombreux.

Il y a des espaces où il est difficile de s'orienter,
en réalité j'étais perdu.

Nous pensions à tue-tête et aux centaines de particules contenues
dans cette rue faite de Hadrons de protons et autres variétés d'échappements similaires à ceux contenus dans le nucléon.
Notre visage se transforme,
de mal en pis et de 3,14 en matière hybride.
Nous marchions depuis environ 30 minutes,
déjà 200 mètres de parcourus,
croyez-les, nous marchions hardiment mais le sol devenait noueux,
sa couleur variait,
le jaune et le vert réunis. Puis l'asphalte de nouveau.
Le pyjama avais quitté ma chambre,
il s'était joint à nous depuis maintenant 213 mètres, j'ai froid.
Au 214ème mètre mon regard se fixe sur une poutre métallique,
occupée de petites particules en forme de fenêtres,
chacune d'elles s'agglutine sur un amas de voitures microscopiques en constant mouvement.
Je n'osais pas lui faire part de mes nombreuses découvertes,
non faute d'avoir essayé.
Mon rythme cardiaque devenait aléatoire,
tout ce qui m'entourait était trempé, liquéfié.
Le ciel était propre à en découdre avec la javel.
Les secondes me regardaient en ricanant tandis que nous marchions à reculons.
De mal en pis.
Nous n'avions que ces quatre mots en tête et des milliers d'autres se chevauchaient.
Nous voilà.
300 mètres, 57 minutes et une chanteuse qui braillait tout là-haut.
Ses cordes vocales m'ont stoppé.
Net.
Tout s'est arrêté,
même le cireur de coiffe.
Ce genre de périple croyez-moi,
défie les lois du temps et de l'espace.
Lorsqu'il s'est mis à pleuvoir le flou de ma rétine à disparu,
tout devenait clair
Chancelant entre les pavés,
les pupilles écarquillées,
mon ventre à la chasse du premier baîllement apparent,
mes capillaires devenu réceptacles,
antennes de multiples mouvements.

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

25

mercredi 30 avril 2008

Camille Maitrasse

Le crépi vert moche du plafond de chez Doucet reflétait étrangement une vieille blonde qui montrait ses faux bas. Accroché à un porte-monnaie abandonné, un monsieur avec un pantalon trop court n'en perdait pas une miette. Le fils de Sarkozy, un brin désintéressé, zieutait un livre violet sur l'exhibitionnisme. La voix d'une dame de chez doucet un peu sèche lui vrilla les tympans alors qu'il sortait par la nouvelle entrée de chez doucet par la rue de Paris. C'est en croisant une contractuelle énervée pas un livre sur les femmes de Massimo Garcia qu'il détourna le regard et trébucha sur un autobus qui annonçait closeries. Lançant un juron, il cracha sur un enfant faisant du skate et se lança à corps perdu à la recherche d'une petite croix jaune sur la place de la Rep. Désespéré de ne pas trouver le directeur qui téléphone, il fit demi-tour et s'habilla d'un pantalon freedom dans un tram nommé désir, un pigeon pas si moche que ça braillant sur l'épaule…

Rose Mansion

Président, c’est un boulot de dingue; il ne suffit pas de multiplier les pins et d’entrer rue de Paris chez Doucet. Aujourd’hui, c’est la misère, même les porte-monnaie sont vides, du coup les gens les abandonnent. Il n’y a plus de pouvoir d’achat, les pantalons sont trop courts ? Tant pis, de toute manière l‘argent ça ne pousse pas sur les arbres. Avec un peu de chance vous trouverez un pantalon freedom dans un tramway nommé Désir. Ou alors vous adopterez les jupes. Comment ça il faut des bas? Mais non, regardez, là-bas, les bas aussi faux que la blondeur de la dame qui les porte.
En plus, les citoyens sont durs à convaincre, mais le président essaye quand même, et si l’étoile jaune est un sujet plus épineux et irritant que le crépi vert moche du plafond de chez Doucet eh bien ça n’est pas grave, ils se souviendront de la petite croix jaune, les catholiques votent aussi, que diable. Alors pour les séduire, on protège les statues de saintes, quitte à en faire des martyres en leur plantant des piques pour que les pigeons ne se livrent pas à leur activité favorite dessus. Tiens, d’ailleurs, ils ne sont pas si moches que ça.
Mais bon, il faut aussi faire régner l’ordre, alors on attache tout, même les arbustes, avec des câbles. Que rien ne bouge ! Avec tous ces enfants qui font du skate à plat ventre (à part le fils de Sarkozy bien sûr), il ne faut pas s’étonner que les contractuelles soient énervées. Parfois, il y a même des gens qui entrent à 15 chez Doucet et qui n’achètent rien, forcément, ça crée des rétrécissements sur la chaussée et la dame de chez Doucet devient un peu sèche.
Et puis pour être président, il faut tenir son image, à force de vouloir concurrencer Massimo Gargia et son livre sur les femmes de sa vie, notre cher président va finir par se retrouver dans le livre violet de l’exhibitionnisme.

vendredi 11 avril 2008

Estelle Kongo-Bacary

On a remarqué beaucoup de choses remarquables chez Doucet :
- Le crépi vert moche,
- un livre sur l'exhibitionnisme,
- un autre sur les femmes de Massimo Gargia
et enfin la nouvelle porte d'entrée, rue de Paris, par laquelle on ne peut pas sortir.

Sortons, il est 19 heures. Direction place de la Rép'.
Un enfant faisant du skate, le futur Tony Hawks, saute au-dessus du fils de Sarkozy, slalome entre les petits pins et les arbustes attachés par des câbles, bouscule une contractuelle énervée et termine sa course aux pieds d'une statue de sainte devenue martyre à cause des pigeons.

Le temps semble s'être arrêté. Il a remarqué une petite croix jaune sur la place de la Rép'.

samedi 29 mars 2008

Publicité artistique

Jeudi 27 mars, l'assemblée s'est regroupée autour d'un ordinateur tout comme aux temps héroïques de la TSF pour écouter attentivement un court extrait de l'excellente émission dominicale Des Papous dans la tête diffusée par France Culture le 2 mars 2008.
Le court extrait en question se présentant comme une publicité pour les peintures de Soulages, l'idée qui en émergea consistait tout simplement à se frotter au genre publicitaire en vantant une œuvre ou un artiste. L'exercice n'étant pas sans risque on en appréciera l'audace. Vive le podcasting (comment dit-on en français ?)
Pour le plaisir et en toute gratuité, avant de se rendre à son pupitre on écouta également un épisode rediffusé de la série des Grands airs des aires d'autoroutes.

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/papous/index.php?emission_id=30118

Rose Mansion

Grâce à Bernard ne frisez plus le ridicule en envoyant vos textes en retard, le bon rencard c'est avec Bernard !

Cécile Laporte

Votre intérieur vous paraît trop douillet ?
Vous avez envie de changement ?
Cet entassement de meubles et de revêtements vous lasse ?
Vous en avez plus qu'assez de la couleur ?
Optez pour une décoration orthogonale, unie et minimale !
Faites appel à l'entreprise Raynaud !
La seule entreprise qui vous épargne le choix des couleurs et des matériaux !
Votre maison retrouvera une nouvelle jeunesse, recouverte du sol au plafond de carreaux de faïence blancs !
Faciles d'entretien, vos sols, vos murs, plafonds et même vos meubles s'accorderont tous à merveille !
Vous ne vous casserez plus la tête pour savoir si la commode Louis XV s'accorde avec le fauteuil Henri IV !
Complètement carrelés vos meubles seront tous au même diapason.
Votre maison sera claire et fraîche.
Vos amis adoreront votre intérieur.
En ce moment pour toute commande, sur une surface de cent mètres carrés, une remise de 15% vous sera faite !
Attention, l'entreprise se réserve le droit de détruire l'habitation quand elle le voudra.

Emma Bourgin

Vos murs de salle de bain ne sont pas assez clean ?
Vous voudriez qu'elle se transforme en piscine ?
Une révolution est née :
Terminées les couleurs délavées,
Le papier décollé par la buée,
Plus qu'une simple peinture,
C'est une atmosphère,
Lumineuse, irradiante et pure,
Nous la vendons peu chère.

Son nom ? IKB, terme mégalo il paraît.

International Klein Blue en entier.

Vite, munissez-vous d'un pinceau, rouleau et d'un seau.

Rendez vos murs beaux !

Une simple couche suffira à mettre vos yeux en émoi.

C'est alors que la douche sale deviendra femme fatale,
la courte baignoire un couloir,
et du lavabo coulera un ruisseau.
Existant aussi version US, IKB fera de vos WC des chutes du Niagara insensées.

4

4

5

5

6

6

7

7

8

8

9

9

10

10

11

11

12

12

13

13

14

14

15

15

16

16

17

17

18

18

lundi 18 février 2008

Expressions françaises

Jeudi 14 février le mot d'ordre était généreux : truffer son discours d'expressions françaises.
Chacun ayant à sa disposition tout un lot (lisible ci-dessous) extrait du dictionnaire Robert des expressions et locutions aura gardé la liberté d'en prendre et d'en laisser ou d'en ajouter d'autres.



Couper les cheveux en quatre.
Être à couteaux tirés.
Tirer la couverture à soi.
Sans crier gare.
La critique est aisée (mais l’art est difficile).
On s’y croirait !
Ne pas y aller avec le dos de la cuiller.
Se croire sorti de la cuisse de Jupiter.
Le cul entre deux chaises.
Être comme cul et chemise.
Vous n’avez rien à déclarer ?
Mettre du beurre dans les épinards.
Tiré à quatre épingles.
Passer l’éponge.
L’erreur est humaine.
Les grands esprits se rencontrent.
Baisser dans l’estime de quelqu’un.
Avoir l’estomac bien accroché.
Brûler les étapes.
En tout état de cause.
Mettre quelqu’un hors d’état de nuire.
De toute éternité.
Faire des étincelles.
Au-delà de toute expression.
Passer d’un extrême à l’autre.
Se voiler la face.
Se fâcher tout rouge.
Avoir un faible pour …
La faim est mauvaise conseillère.
Connaître quelqu’un comme si on l’avait fait.
Ni fait ni à faire.
C’est comme si c’était fait.
Rouler dans la farine.
N’y voir que du feu.
Les ficelles du métier.
Porter quelque chose sur la figure.
Donner du fil à retordre.
Les meilleures choses ont une fin.
Faire flèche de tout bois.
Faire une fleur à quelqu’un.
Fort comme un bœuf.
Plus on est de fous plus on rit.
On ne peut pas être à la fois au four et au moulin.
Avoir d’autres chats à fouetter.
En français dans le texte.
Ronger son frein.
Avoir la frite.
Avoir (donner, faire) froid dans le dos.
Ne pas avoir froid aux yeux.
Qui s’y frotte s’y pique.
Il n’y a pas de fumée sans feu.
Avoir le vin gai.
Y aller gaiement.
Frais comme un gardon.
Avoir (mettre) de l’argent à gauche.
Rompre la glace.
A la Saint-Glinglin.
Avoir le couteau sous la gorge.
Jeter sa gourme.
Des goûts et des couleurs, on ne discute pas.
Se ressembler comme deux gouttes d’eau.
En prendre pour son grade.
Veiller au grain.
En prendre de la graine.
Se fendre la gueule.
Vous habitez chez vos parents ?
Tenir en haleine.
Mordre à l’hameçon.
Des hauts et des bas.
Couper l’herbe sous le pied.
Avant l’heure c’est pas l’heure après l’heure c’est plus l’heure.
Il n’y a pas d’heure pour les braves.
Encore heureux !
Histoire à dormir debout.
C’est toujours la même histoire.
Homme à femmes.
Un homme averti en vaut deux.
La partie cachée de l’iceberg.
Je vois cela d’ici.
Se faire des idées.
Mourir idiot.
Sage comme une image.
L’incident est clos.
Innocent comme l’enfant qui vient de naître.
S’inscrire en faux.
Mieux vaut tard que jamais.
Prendre ses jambes à son cou.
Rire jaune.
D’un seul jet, du premier jet.
D’entrée de jeu.
Cacher son jeu.
La semaine des quatre jeudis.
Il faut que jeunesse se passe.
Joli comme un cœur.
C’est le jour et la nuit.
Du jour au lendemain.
À chaque jour suffit sa peine.
Ça vaut le jus.
Être soupe au lait.
Boire du petit-lait.
Avoir un mot sur le bout de la langue.
Tenir sa langue.
Se demander si c’est du lard ou du cochon.
Ne pas en mener large.
Pleurer toutes les larmes de son corps.
Passer comme une lettre à la poste.
Être suspendu aux lèvres de quelqu’un.
Courir deux lièvres à la fois.
Lire entre les lignes.
Tourner comme un lion en cage.
Comme on fait son lit, on se couche.
Être aux premières loges.
Loin de moi l’idée…
Qui veut voyager loin ménage sa monture.
En long, en large et en travers.
Voir quelque chose par le petit bout de la lorgnette.
Se jeter dans la gueule du loup.
Mettre en lumière.
Promettre la lune.
Maigre comme un clou.
Avoir maille à partir avec quelqu’un.
Ne pas y aller de main morte.
Prendre (être pris) la main dans le sac.
Gros comme une maison.
Avoir l’esprit mal tourné.
Une autre paire de manches.
Sous le manteau.
Se plaindre que la mariée est trop belle.
Faire bouillir la marmite.
Tirer les marrons du feu.
Se mettre martel en tête.
C’est toujours les meilleurs qui s’en vont.
Ne pas engendrer la mélancolie.
Avoir un métro de retard.
Faire partie des meubles.
Chercher midi à quatorze heures.
Je vous le donne en mille.
Mine de rien.
C’est un mauvais moment à passer.
Se prendre pour le nombril du monde.
Faire une montagne (de quelque chose).
À la mords-moi le nœud.
À réveiller un mort.
Au bas mot.
Un mot plus haut que l’autre.
Ne pas mâcher ses mots.
Prendre la mouche.
Entrer quelque part comme dans un moulin.
Tous les moyens sont bons.
Les murs ont des oreilles.
Mystère et boule de gomme.
Passer sous le nez.
Regarder d’un œil noir.
Appeler les choses par leur nom.
Vous m’en direz des nouvelles.
La nuit porte conseil.
L’occasion fait le larron.
À l’œil.
Pour les beaux yeux de quelqu’un.
Avoir des yeux pour ne pas voir.
L’oisiveté est la mère de tous les vices.
Rouler sur l’or.
Il y a de l’orage dans l’air.
Dans le tuyau de l’oreille.
Tomber sur un os.
Pour un oui pour un non.
Avoir du pain sur la planche.
Se faire porter pâle.
Panier de crabes.
Le dessus du panier.
Etre dans les petits papiers de quelqu’un.
Paquet de nerfs.
N’avoir pas son pareil.
Personne n’est parfait.
Paris ne s’est pas fait en un jour.
Parler pour ne rien dire.
Les paroles s’envolent les écrits restent.

Claude Lothier

D’entrée de jeu, ce soir, on a tous pensé qu’il faudrait éviter d’y aller de main morte. Hélas beaucoup se sont fait porter pâles, nous qui pensions qu’on allait jouer à guichets fermés. Mine de rien on note pas mal de désertion. Inutile de chercher midi à quatorze heures la bonne raison des uns est la préparation de la fête, il faut bien que jeunesse se passe. D’autres ont tenu à prendre la photocopie en assurant qu’ils allaient écrire chez eux, prétextant avoir du pain sur la planche. On ne peut pas être à la fois au four et au moulin. On peut craindre qu’ils aient soudain l’impression d’avoir un métro de retard.
La nuit porte conseil pensent-ils. Ils ignorent sans doute qu’à chaque jour suffit sa peine. A leur place je n’en mènerais pas large.

J’espère qu’ils auront la frite ce soir. Il faut espérer qu’ils ont le vin gai. Plus on est de fous plus on rit. Bonne soirée pour jeter sa gourme. L’occasion fait le larron. À condition de ne pas avoir froid aux yeux. Et comme ça, du jour au lendemain, ce sera le jour et la nuit. Pourtant, il y a fort à parier que certains auront à pleurer toutes les larmes de leur corps. C’est tout vu. Il faudrait leur dire de ne pas se mettre martel en tête. Une de perdue dix de retrouvées. C’est comme si c’était fait. L’incident est clos, je suis fort comme un bœuf, je ne vais pas me jeter dans la gueule du loup.
Je me souviens d’une fête, il y a peut-être trois ans où ils étaient tous tirés à quatre épingles. Jolis comme des cœurs. Costumes, cravates, borsalinos, robes de soirée, tout le monde s’était mis sur son 31. On pouvait dire que ça valait le jus. Le dessus du panier. On pouvait croire que chacun roulait sur l’or. Un vrai panier de crabes.

- Vous habitez chez vos parents ?
- Vous essayez de me faire mordre à l’hameçon mais je ne l’entendrai pas de cette oreille, regardez-vous, vous êtes maigre comme un clou et vous me promettez la lune, vous croyez peut-être que c’est moi qui ferai bouillir la marmite, mais vous vous mettez le doigt dans l’œil, ce n’est pas parce que vous avez pu croire qu’on était suspendu à vos lèvres, je vous préviens ce sera un mauvais moment à passer, vous allez cesser de vous prendre pour le nombril du monde, et de vous comporter partout comme en terrain conquis, on n’entre pas chez moi comme dans un moulin, qui s’y frotte s’y pique, je vais appeler les choses par leur nom, vous m’en direz des nouvelles, et d’ailleurs vous êtes trop gros, gros comme une maison et vous avez l’esprit mal tourné.
- Taisez-vous donc, vous parlez pour ne rien dire.
- Excusez-moi, je ne fais pas partie des meubles. Tous les moyens ne sont pas bons. Je vais vous mettre quelque chose dans le tuyau de l’oreille vous vous le tiendrez pour dit. Vous vous croyez sorti de la cuisse de Jupiter, vous venez de baisser considérablement dans mon estime.
- L’incident est clos.
- Regardez-moi ça, sage comme une image tout d’un coup. Mais vous savez je sais lire entre les lignes. Avant l’heure c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure.
- Inutile de vous fâcher tout rouge vous dis-je.
- Et vous, cessez de regarder par le petit bout de la lorgnette, il y a longtemps que j’ai vu clair dans votre jeu. Vous feriez mieux de vous faire porter pâle.
- Là vous vous faites des idées. Si vous croyez que je vais prendre mes jambes à mon cou, vous allez tomber sur un os.
- Paquet de nerfs.
- Personne n’est parfait.
-

Rose Mansion

Certains, personne n’est parfait, feraient tout pour faire passer à la casserole la personne pour qui ils ont un faible. Pour ses beaux yeux, pour être dans ses petits papiers, tous les moyens sont bons. Ils seraient prêts à se jeter dans la gueule du loup, quitte à sortir des expressions à la mord moi le nœud du genre : « Vous marinez chez vos harengs? ». Loin de moi l’idée de leur jeter la pierre, la critique est aisée mais l’art est difficile, cependant, qui veut voyager loin ménage sa monture et si vous l’acceptez je vais vous enseigner les ficelles du métier. Vous pourrez en prendre de la graine et m’en dire des nouvelles. Je ne vous promets pas la lune, mais la seule chose dont vous pourrez normalement vous plaindre après ces leçons sera que la mariée était trop belle.

Leçon n°1 : Faire germer le désir
Pour rompre la glace, il ne suffit pas de jouer du pic réservé à cet usage sur la partie cachée de l’iceberg. De même, courir deux lièvres à la fois c’est prendre le risque d’avoir un peu trop de pain sur la planche. Les autres pourront se fendre la gueule mais il faudra que vous ayez l’estomac bien accroché pour tirer les marrons du feu au cas ou vous tomberiez sur un os. Ce qui arrive de plus en plus souvent puisque la mode nous pousse à être minces comme des clous. Même si Brassens finit par compter les côtes de son sac d’os de femme après s’être fait rouler dans la farine, je ne crois pas que l’on boirait tous du petit lait si on devait veiller au grain pour éviter que notre partenaire ne prenne la poudre d’escampette lors du moindre vent même pas à décorner les bœufs. La première leçon à retenir est donc : on ne peut pas être à la fois au four et au moulin.

Leçon n°2 : Soigner les apparences
Pour se faire remarquer dans le panier de crabe, il vaut mieux être sur le dessus. Pour faire bouillir la marmite mieux vaut avoir la frite et mettre du beurre dans les épinards, d’où l’expression « on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre ». Il n’est pas obligatoire d’être fort comme un bœuf, le tout est de savoir tirer les ficelle du métier et de tisser sa toile pour prendre l’autre dans vos filets. Il y a de quoi être fier comme un coq. Il faut mettre les formes, ne pas être soupe au lait, essayez, ça vaut le jus. Ne pas mâcher ses mots c’est prendre le risque de voir votre proie vous mettre le couteau sous la gorge, car elle serait alors à couteaux tirés. Pour tenir en haleine votre future chère et tendre le mieux est de picorer comme un oisillon des aliments qui sentent la rose plus que le fennec. Il faut enfin savoir tenir sa langue, ne pas mettre la rate au court-bouillon. Certains sont timides, certes, mais ne croyez pas que vous rincer la dalle soit la meilleure façon de faire mordre à l’hameçon l’être désiré. Même si vous avez le vin gai, il vaut mieux rester frais comme un gardon que de risquer d’écorcher le renard.

Leçon n°3 : Gérer son temps
Tout cela ne se fera pas du jour au lendemain, aussi ne sert-il à rien de brûler les étapes. Tout d’abord si vous faites la semaine des 4 jeudis assurez-vous que l’objet de votre désir ait un jour de congé différent. Ensuite, arrivez à l’heure aux rendez-vous. Avant l’heure c’est pas l’heure, après l’heure c’est plus l’heure. Ne faites pas poireauter votre proie, il n’y a rien de plus agaçant que de faire le pied de grue. Et évitez l’excuse qui consiste à avoir un retard de métro, à défaut de l’inverse, les métros sont sales comme des cochons mais toujours exacts au rendez-vous, eux. Une fois que vous serez comme cul et chemise vous pourrez commencer à faire des étincelles sous le manteau, allez-y gaiement. Attention cependant, pendant la nuit ne tirez pas la couverture à vous, vous risqueriez de voir l’aimée prendre ses jambes à son cou.


Si vous suivez ces conseils, je vous le donne en mille, vous aurez la possibilité de devenir un vrai homme à femmes, vous vous prendrez pour le nombril du monde et vous vous rendrez compte que c’est toujours la même chose, qu’il ne vous a servi à rien de retourner votre veste pour faire voler les jupes et que ce que vous vouliez, finalement, c’était un peu de compagnie, et que vous auriez mieux fait d’acheter un hamster ou de prendre la mouche quand je vous ai proposé mes conseils. Mais vous avez loupé le coche, vous êtes tombé dans le panneau et j’ai fait mon beurre, vous n’y avez vu que du feu ! Alors, heureux?

Cécile Laporte

Au-delà de toute expression



Il rongeait son frein depuis la saint Glinglin et d'avoir eu un faible pour elle, gros comme une maison, il y alla gaiement et rompit la glace sans crier gare. Il n'y alla pas de main morte et, ayant le vin gai, je vous le donne en mille, parla pour ne rien dire sinon: "vous habitez chez vos parents ?"

En tout état de cause elle ne prenait pas la mouche pour un oui pour un non et faisait flèche de tout bois. Elle était jolie comme un cœur et lui roulait sur l'or. Les grands esprits qui se rencontrèrent là firent des étincelles et, lui promettant la lune, il mordit à l'hameçon et fut aux premières loges quand on se plaignit que la mariée était trop belle.

Des gôuts et des couleurs on ne discute pas, mais pourquoi se voiler la face ? Elle avait l'estomac bien accroché et cachait son jeu car : "qui veut voyager loin ménage sa monture". Il buvait du petit lait suspendu à ses lèvres, lui faisait des fleurs, mettait du beurre dans les épinards et, elle, le roulait dans la farine. Sage comme une image elle n'avait pas non plus froid aux yeux et on entrait chez eux comme dans un moulin. Mine de rien cela ne lui engendrait pas la mélancolie, ayant d'autres chats à fouetter il n'y voyait que du feu et du bout de sa lorgnette la voyait innocente comme l'enfant qui vient de naître.

Mais l'erreur est humaine et d'avoir trop tiré la couverture à elle, elle fut prise la main dans le sac. Du jour au lendemain il passa d'un extrême à l'autre, se fâcha tout rouge et sans mâcher ses mots lui fit passer un mauvais moment. Elle n'en menait pas large et pleurant à réveiller les morts toutes les larmes de son corps, elle se fit porter pâle et su lui faire passer l'éponge. Il se demandait tout de même si c'était du lard ou du cochon, mais l'histoire à dormir debout qu'elle lui lut entre les lignes du métro qu'il avait de retard passa comme une lettre à la poste. elle en prit de la graine et veilla au grain pour rester dans ses tout petits papiers. Lui, avait des yeux pour ne pas voir et il n'y eut pas un mot plus haut que l'autre, bien que sous le manteau elle n'ait pas son pareil pour lui mettre le couteau sous la gorge.

Sans couper les cheveux en quatre, je vous dirai que l'occasion fait le larron et que la faim est mauvaise conseillère.

Simon Breton

Y'a des hauts et des bas. Et aujourd'hui je n'ai pas d'autre chat à fouetter que tes bas vus d'en haut. Je te regarde ronger mon frein, passant ma main sur ton cul coincé entre deux chaises. Cette nuit encore on a dormi debout à l'horizontale et suspendu à tes lèvres je n'ai eu que la force de me jeter dans la gueule du loup.
Merci pour le loup des steppes et merci d'avoir su tenir ma langue. Il aura fallu que je sois loin de tes yeux pour que nos cœurs restent scotchés.
Fais-moi une fleur, ne lis pas entre les lignes. Depuis que nos échanges n'existent plus que comme des lettres à la poste, j'ai une peur bleue que tu me comprennes mal. Tu m'a promis de mettre de l'argent à gauche, c'est cent fois mieux que la lune pour moi qui sais à quelles fins utiles.
J'attends.
Puisque à chaque jour suffit sa peine, aujourd'hui est ton jour. J'ai toujours eu un faible pour l'inaccessible, que les meilleurs s'en aillent s'ils veulent, moi, j'attends que tu arrives. Je vis d'espoir pour ne pas mourir d'impatience. Tu m'as donné de l'espoir à nouveau, autant dire que tu as réveillé un mort.
Désormais, si on veut voyager loin, il faudra ménager nos bitures, aménager nos toitures et toujours marcher avec le feu. J'ai qu'un paquet de nerfs à t'offrir et quelques mouches que tu ne devras jamais prendre. Je vois ça d'ici. Dix mille kilomètres entre nous et les gens sont les mêmes partout.
Marcher avec le feu, lentement, comme une étape qu'on brûle. Tant-pis si les mois deviennent des secondes, tu sais... j'm'accroche, c'est juste un bon moment à passer.
J'voudrais être sincère... mais te dire c'que j'pense vraiment ce serait pas vraiment te faire une fleur. Disons que l'occasion a fait le larron et dans de telles circonstances, refuser de se voiler la face c'est faire le choix de mourir idiot. En plus, je sais que la faim est mauvaise conseillère et j'ai tellement la dalle que je pourrais dévorer un livre d'Hermann Hesse. Loin de moi l'idée d'être un sale type mais pleurer toutes les larmes de son corps c'est dans la limite des stocks disponibles, t'es juste arrivée un peu trop tard. Mais je te le dis, en français dans le texte, « mieux vaut tard que jamais ». C'était dans les conseils que la nuit m'a porté.
À quoi bon avoir des yeux pour ne pas te voir. J'ai eu beau parcourir ton visage en long en large et en travers ce qui reste derrière ton regard est au-delà de toute expression.

lundi 4 février 2008

L'AUGMENTATION

Il s'agissait jeudi 31 janvier 2008 d'ajouter des phrases à un texte donné, entre les phrases et même pourquoi pas à l'intérieur des phrases. Comme d'habitude chacun aura été à même d'en décider comme il pouvait à partir de la page qui lui était attribuée.

Camille Maitrasse augmente Robert Walser

Comme j'ai fait l'important dans le paragraphe que je viens de terminer, et que cela pourrait peut-être dissuader les quelques lecteurs encore actifs de poursuivre leur vaine lecture, à présent, je me calme, je m'adoucis, je me détends, je me relâche et je me fait tout petit, poil au zizi.... Hum, rime très pauvre, facile.
Les magiciens vraiment forts ne sont pas ceux qui jouent à la corde, c'est bien connu, mais c'est bien la corde qui joue avec les forts. Prestidigitateurs? Gentiment dit n'est-ce pas? Et maintenant, il se trouve que dans une salle suspecte où les gens se rencontrent, un brave époux, un poil sénile, était assis en compagnie d'une autre, un poil jeunette, et voulait que le brigand le vît, poil au zizi... Pompompom...

Emma Bourgin

Passage extrait de "Les Sources du Nil, Chroniques Rochelaises"
de Jean Jacques Salgon
(d'abord le texte original puis ma version)

"Plus loin le sentier vient buter sur une sorte de forêt vierge qui borde la N 137. Le lieu est impressionnant de sauvagerie et les arbres immenses ont quelque chose de puissant et de maléfique. Les mauvais génies de la brousse ne sont pas loin. On ressort de ce tunnel végétal un peu étourdi pour déboucher sur un édifice moderne, une sorte de basilique en béton flanquée de son campanile, et qui n'est autre, un panneau nous l'indique, qu'une chaufferie d'une puissance de 4 mégawatts cofinancée par la région Poitou-Charentes, l'ADEME et l'Union Européenne (il ne manque que la banque mondiale)."

Plus loin, le sentier vient buter sur une sorte de forêt vierge qui borde la N 137. C'est sur cette fameuse route que l'on a retrouvé les viscères de Jack le lapin albinos. Le lieu est impressionnant de sauvagerie. En effet, tous les habitants du village se souviennent encore des atroces souffrances qu'a dû subir le pauvre Jack terrassé par un tricycle. Et les arbres immenses ont quelque chose de puissant, malsain, pervers et maléfique. Les mauvais génies de la brousse ne sont pas loin. Ils ont pris plaisir à voir le pauvre animal supplier l'enfant de bien vouloir retirer sa roue de son abdomen. Et, sa roue ayant déjà empiété sur tous types d'élément naturels (fleurs, herbes, champignons ...), ce dernier s'est très vite transformé en une sorte de jardin d'Eden organique. On ressort de ce tunnel végétal un peu étourdi par la quantité de cacahuètes en décomposition consommées lors de son dernier apéro chez Cassegrain son copain (et oui, Jack avait pris la route sans même avoir pu digérer) pour déboucher sur un édifice moderne, une sorte de basilique en béton flanquée de son campanile, et qui n'est autre, un panneau nous l'indique, qu'une butte d'os, d'herbe et de crottes. Ce n'est qu'après ce parcours du combattant que nous avons pris la décision d'emmener cette triste loque animale dans une chaufferie d'une puissance de 4 mégawatts cofinancée par la région Poitou-Charentes, l'ADEME et l'Union Européenne (il ne manque que la banque mondiale).

Estelle Kongo-Bacary augmente W. G. Sebald

A partir du texte de W. G. Sebald, Austerlitz.
(en italique le texte original)

[…]

Les silhouettes et les paysages dont tous les détails m’étaient familiers avaient fait place à un magma indifférencié de hachures noires et menaçantes. Mes yeux venaient à peine de s’ouvrir, ils étaient cernés de croûtes dues à ma conjonctivite. Or, après m’être frotté les paupières, j’avais néanmoins l’impression que je continuais à voir ce qui se trouvait au bord de mon champ de vision avec la même acuité qu’auparavant. Comme s’il me suffisait de détourner l’attention sur les marges pour faire disparaître une faiblesse visuelle que je crus d’abord de nature hystérique. Elles devenaient rouges. Il faut dire que je n’y suis pas allé de main morte, mais j’y suis arrivé.
En dépit de multiples tentatives, mes cils restaient collés. Je me lève, sors de mon lit et me dirige vers la salle de bain afin de me rafraîchir. La lumière ! Enfin !
Les taches grises parurent bien plutôt s’élargir et parfois, quand je fermais et ouvrais alternativement un œil puis l’autre pour comparer, il me semblait que du côté gauche aussi ma vue était devenue moins bonne. Je me résous donc à aller chez l’ophtalmo pour qu’il me donne son diagnostique. Les mots tombèrent : « vous souffrez d’hypermétropie ». Autrement dit, je suis presbyte.
Déjà passablement déboussolé par cette perte d’acuité visuelle dont je redoutais qu’elle ne fut évolutive, je me souvins d’avoir lu un jour que jusque tard dans le XIX ème siècle les chanteuses d’opéra, avant de se produire sur scène, ainsi que les jeunes femmes avant d’être mises en présence d’un prétendant, se voyaient déposer sur la rétine quelques goûtes d’un liquide distillé à partir d’une solanacée appelée Belladone. Cette plante qui faisait briller leur regard d’un éclat langoureux et quasi surnaturel mais qui les empêchait elles-mêmes de presque rien voir.
Ma grand-mère, quant à elle, m’avait dit que quelques goûtes de citron sur l’iris l’éclaircissait et donnait un regard de biche… Souffrance ! Le simple souvenir de cette anecdote me remis les idées en place et me détourna de cette folie.

[…]

Mon état ne s’améliorant aucunement dans les jours qui suivirent, je partis peu avant la Noël pour Londres, afin de consulter un ophtalmologiste tchèque que l’on m’avait recommandé. Le mien ne me convenait plus. Et comme chaque fois que je me rends seul à Londres, un désespoir confus commença ce jour-là à me tarauder. Je ne verrai peut-être plus jamais.
Je regardai alors par la vitre le paysage plat, presque sans arbres, les immenses champs bruns. Les gares où jamais je ne descendrais, la grappe de mouettes qui comme toujours s’étaient rassemblées sur le terrain de football en bordure de la ville d’Ipswich et les match de la Ligue 1 sans le FC Nantes. Mais aussi les colonies de jardins ouvriers, les Oumpa-Loumpas, les arbustes rachitiques et les mannequins dénudées virevoltant sur les podiums pour Fashion TV. Les blocs qui poussent sur les talus, où s’enroulent les vrilles desséchées de la violence. Incarnée.

[…]

Cécile Laporte augmente Dominique Noguez

D'après Amour Noir

C'était une place absolue. Littéralement une plaque tournante (là j'imagine un carrousel au coeur de la place en question... C'est bien dans le ton du texte je trouve.). Je n'arrivais et n'arriverai sans doute jamais à la situer par rapport au reste de la ville, ou simplement aux points cardinaux (un cardinal des cardinaux). Lui il ne devait pas avoir un très bon sens de l'orientation...
Elle mène partout mais les voies qui en partent sont si bien cachées, discrètes, indirectes, insecte, intellect, que l'on ne sait jamais à l'avance, de loin, où elles conduisent. Peut-être serait-ce moins drôle aussi... Si je sais où je vais plus rien ne peut me surprendre. Image en abîme, par là, de Gênes comme base de conquête des mers et des mondes.
Gênes comme base de conquêtes des mers et des mondes... Voilà c'est ce que je voulais dire. Après tout c'est là qu'est né Colomb (1492 découverte de l'Amérique par C.C) Le saint patron de ceux qui se trompent d'itinéraire. Là dessus aucun doute c'était le meilleur... C'est la seule place au monde où l'on soit vraiment déboussolé.

Il n'y avait donc pas de lieu plus adapté à mes malheurs. Une boussole géante, si bien faite que celui qui se trouve dessus perde les points cardinaux? C'est clair il n'y a pas mieux... Je m'assis sur le rebord de la fontaine et restai de longues minutes à penser à Lae. Lè, Lé??? A coup sûr c'est étudié pour que le lecteur ait un doute. Quel drôle de prénom quand même. Quoique cela me fît un pincement assez désagréable au cœur, je n'étais pas mécontent de l'inquiétude où ma disparition avait dû la plonger. Elle en avait fait si souvent autant. Eternel problème des romans à l'eau de rose... Peut-être un peu facile comme appellation non? Cependant elle risquait de prendre mon mot au pied de la lettre, ce serait dommage, et de lire rupture là où il n'y avait que bouderie. Blablabla. Or, si elle m'avait inspiré ces derniers temps de la peur et même de la satiété, Mouais... Du ras le bol quoi, je sentais à cette bouderie que je tenais encore infiniment à elle. Jolie façon de lui montrer... On ne boude bien que ce qu'on aime et par désir d'être encore plus aimé. Musique aigrelette et "THE END".

Delphine Romain augmente Robert Walser

Comme j'ai fait l'important dans le paragraphe que je viens de terminer et que cela pourrait peut-être dissuader quelques lecteurs de poursuivre leur lecture, à présent je me calme, je m'adoucis, je me fais tout petit. Ça m'embêterait qu'ils stoppent leur lecture car ce que j'aurais écrit ne servirait à rien. Les vraiment forts ne sont pas ceux qui jouent les forts, gentiment dit, n'est ce pas? Et d'ailleurs dans ce cas, les vraiment faibles ne sont pas ceux qui jouent les faibles. Et maintenant, il se trouve que dans une salle où les gens se rencontrent, un brave époux était assis en compagnie d'une autre et voulait que le brigant le vît. Il voulait qu'il le vît lui. Lui en compagnie d'une autre que sa femme. Oui car on est dans un lieu de rencontres alors il voulait qu'on le voit en train de rencontrer. Le brigand le voyait mais le brave époux ne voyait pas qu'il le voyait. Et le brigand voyait bien que le brave époux ne voyait pas que lui le voyait rencontrer. Lui qui aurait tant voulu être remarqué avait le regret de se dire qu'on ne le remarquait pas; et pourtant il s'était fait une joie à l'idée d'être remarqué. Mais bon, il était trop occupé à rencontrer pour remarquer que le brigand l'avait remarqué. Quelquechose devait l'empêcher de voir qu'il était vu alors que le brigand, lui voyait bien et rien ne l'empêchait de voir sans être vu. C'est que le brave époux s'était mis pour une fois dans la peau d'un viveur. Enfin, je dis "brave" mais il n'est pas si brave que ça l'époux ! Je ne vais pas changer de nom maintenant, c'est trop tard ! Mais du coup, c'est nul de dire "brave époux" alors que tout le monde a bien remarqué que c'était un...Enfin bref, je disais donc qu'il s'était mis dans la peau d'un viveur. Consciencieusement. Ce brave époux. Et il se serait bien vu l'objet de l'admiration de son ami le brigand. Il l'était mais ne le savait pas. S'il n'était pas occupé à flirter avec l'autre, il l'aurait remarqué. Le brigand donc, admirait le brave époux qui ne voyait pas qu'il était l'objet de l'admiration de celui qu'il voulait qu'il l'admire. Or, le brigand de son côté ne songeait qu'au moyen de devenir un "brave époux". Ça partait d'une bonne intention à part si "brave époux" signifiait pour lui "tromper sa femme". Il demanda à la serveuse: "vous croyez que je pourrais être encore digne d'avoir une femme ?" Question qui reçut de la fille cette réponse : "Eh mon Dieu, pourquoi non ? Vous êtes si gentil. " Cette réponse réconfortante mit le brigand dans une joie extrême et tandis qu'il goûtait à cet extrême plaisir de penser qu'il trouverait encore l'occasion de devenir un brave époux; le brave époux lui qui avait rendez-vous avec une autre, se voyait extrêmement privé de l'attention du brigand, qu'on appellera désormais le "brave brigand". Et le brave époux ne sera plus que "l'époux tout court". Ce dernier ne remarquait toujours pas qu'il avait été vu et qu'il pouvait arrêter son cinéma avec l'autre femme. Or il n'aurait souhaité devant personne plus que devant son ami le brigand, briller un peu avec son autre. S'il redescendait un peu sur Terre il verrait que ça y est! Il avait brillé devant le "brave brigand" avec son autre qui n'est à ce propos pas terrible, terrible. Mais non, il n'était pas décidé à voir qu'il était vu. Et continuait d'espérer que le "brave brigand" le remarque. le brigand se serait dit : "Sa pauvre brave épouse se morfond toute seule à la maison et lui s'amuse ici." Il était maintenant temps que le "brave brigand" devienne un "époux tout court" et aille un peu la rencontrer aussi cette "pauvre brave épouse qui se morfondait toute seule à la maison" vu que son époux tout court s'amusait ici.

Louise Devin augmente Umberto Eco

Ionesco, La princesse Loana


-Qu'est ce que c'est que cet homme là?
-Je l'avais à moitié-presque-quasiment oublié puis-et Gratarolo me l'a fait venir-revenir-survenir à l'esprit-en tête-en souvenir. Avec le métier-le travail-le job que je fais-je pratique-j'exerce, je ne pouvais pas-j'étais dans l'incapacité-j'étais empêché-j'étais interdit de ne pas avoir lu-legere oculis-assemblé les lettres par les yeux « Un monde perdu et retrouvé », un cas classique-normal-traditionnel. Seulement-simplement ça avait été des années-des ans-des paquets de 365 jours auparavant-antérieurement, et par intérêt-importance-sympathie universitaire-scolaire du 3ème cycle. Aujourd'hui-de nos jours-depuis peu, j'ai relu-j'ai réassemblé les lettres de connivence-avec complicité, c'est un délicieux-agréable-adorable petit livre-livrette-livre de poche qu'on parcours-lit-avale en 2 heures-120 minutes. Lurija, donc-celui-ci, le grand neuropsychologue-docteur en sciences de la psychologie dans le cerveau-docteur en neuropsychologie russe-moscovite-slave, a suivi le cas-a étudié le cas-a analysé le cas de ce Zasetskij qui-lui même, pendant la dernière guerre mondiale-en 39 45, est touché-percuté-atteint par un éclat-un reste-une éclaboussure avec dommages-abîmages-casse-dégâts-dégradations à la région-dans la zone occipito pariétale gauche du cerveau-dans son cerveau à gauche. Il se réveille-il sort de son sommeil-il reprend conscience-il ouvre les yeux, lui aussi-pareillement, mais dans un chaos terrible-un sacré bordel-un cataclysme total-un marasme du tonnerre, il ne parvient même pas à percevoir-à se rendre compte-à entrevoir la position-l'emplacement-l'orientation de son corps-de son enveloppe charnelle-de sa tête aux pieds dans l'espace-l'étendue-la surface autour. Parfois-par moments, il pense-réfléchit-songe que des parties de son corps-ses membres ont changé-se sont modifiées, que sa tête-sa boîte sur les épaules est devenue démesurément grande-absurdement gigantesque-a grossi telle une courgette de concours, que son tronc-le carrefour entre tous ses membres est extrêmement petit-très très très réduit, que ses jambes-membres inférieurs-bâtons-échasses-cannes-gigots-quilles se sont déplacées-déboîtées-chamboulées sur sa tête-là haut-au dessus de son corps.

- (il me manque la réplique de son interlocuteur, NDR)

SEPT

HUIT

NEUF

DIX

ONZE

DOUZE

TREIZE

QUATORZE

QUINZE

SEIZE

DIX-SEPT

DIX-HUIT

DIX-NEUF

VINGT

samedi 19 janvier 2008

Exposition Grandes Surfaces



jeudi 17 janvier chacun aura eu pour tâche d'écrire à partir de l'exposition GRANDES SURFACES inaugurée la veille. Certains auront suivi les visites conférences de David Liaudet, commissaire de cette exposition. Quelques-uns auront écrit devant les œuvres, d'autres préférant revenir à la salle habituelle dont la "polyvalence" semble propice à la concentration nécessaire pour nos travaux d'écriture.

GRANDES SURFACES


Estelle Kongo-Bacary

Il fait noir, plus un bruit. J’entends le souffle de mon ami.
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8. Des flashs m’apparaissent.
Je sens sa main qui se crispe et mes craintes s’accentuer.

Nous sommes dans le noir, toutefois je le crois.

Tétraèdre, cube, sphères, ligne. Est-ce un trouble de ma perception,
une fantaisie de mon imagination ?

Sa main se délie, j’ai les mains moites. C’est de ma faute.
Est-ce qu’il m’en veut ?

Je ne me rappelle plus comment nous sommes arrivés ici.
Je marche sans trop savoir où je vais.
Je ne l’ai pas attendu. Et puis depuis combien de temps sommes-nous là ?

Une silhouette, c’est lui ! Me voila rassurée.
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8. Encore ces flashs dans ma tête.
Des battements, des bourdonnements.
« La lumière blanche », je n’en crois pas un mot.

Il fait noir, plus un bruit. Je ne suis pas seule… toutefois je le crois.

Emma Bourgin

Perdues au milieu de cette foule criarde et chancelante,
Deux formes dansent, c'est la ligne et son ombre.
Malades et puériles mais rouillées elles contournent l'abîme "Opéra"
Déséquilibre, couleurs et rigueur les cernent et tentent de mettre fin à ce macabre rituel
Tournez, tournez, tournez, jamais ne cessez,
C'est au rythme de ce vacarme que vous les consumerez.

Thomas Dussaix

Et Serra engendra Turrell

Je l'imagine tomber, sans aucune raison mais je suis là. Je vois le début de la chute inexorable vers le sol.
Je le photographie ou la dessine ou la peint. Ce bloc d'acier, cette sculpture au milieu de la place, ce menhir moderne,
géométrique, en plein contre-jour. Mais n'ai-je pas le temps de tourner ma tête pour changer de feuille ou
de toile ou recharger mon appareil photo que je ne vois pas mais entends le vacarme créé par le contact de
la stèle sur le sol. Il a percé le toit d'un parking ou détruit le Velux d'une maison mais a fait sauter les plombs.
Je réussis à m'introduire à l'intérieur de l'édifice troué, je vois alors le trou béant qui laisse passer cette douche
de lumière. La poussière créée par l'impact vole, saturant l'air, la respiration et la vue. Il y a alors du grain sur mon dessin
ou du crachat sur ma peinture ou la poussière volatile apparaît sur ma photographie. Je n'ai pas réussi à avoir l'instant précis
du choc, seulement l'avant et l'après.
Le bloc créa la lumière, Serra engendra Turrell.

Delphine Romain

" J'ai pas vraiment d'idées. Je flotte complètement, les yeux dans le vague. J'erre dans la salle. Mes yeux sont ouverts mais je ne vois rien. ça m'agace. Je trouve pas, je tourne, je cherche. Je vois rien. Rien du tout. Ca commence à m'énerver d'ailleurs. A côté de moi, l'autre elle a l'air inspirée. Elle, elle voit tout.
Je suis assise, complètement perdue au milieu des couleurs et de ces gens. Ils n'ont pas l'air très sympas d'ailleurs ceux-là! Ils me regardent bizarrement, j'ai l'impression. Peut-être parce que je suis assise... Je ne devrais peut-être pas m'asseoir. C'est sûrement impoli en fait. Je devrais plutôt les regarder en face. Droit dans les yeux ou alors ne pas les regarder du tout. Au final c'est peut-être moi qui les regarde bizarrement.
Je me suis mise debout mais non, ça n'a rien changé. Ils font toujours des sales tronches. Mon regard est attiré par un chat. En tout cas ça y ressemble. Ils ne sont pas très amicaux avec lui le pauvre. J'ai même l'impression qu'ils lui font du mal. Je peux rien y faire de toute façon ! Les autres ils ne voient rien du tout.
Qu'est ce qu'il y a comme monde tout à coup ! J'étouffe! Quelque chose attire mon regard à terre. On dirait des espèces de cônes plantés dans le sol assez violemment disposés en cercle autour d'une sorte de chose tubulaire... Etrange comme sculpture...
Eh mais ! Quelquechose a failli me frapper de plein fouet. Qu'est ce qu'il y a comme volatiles ici ! C'est une véritable volière ! Euh... y a pas quelqu'un qui peut fermer la fenêtre si'l vous plaît ? Vous laissez rentrer les oiseaux à chapeaux !! merci. Et puis eux-là, on dirait qu'ils se foutent de moi ! Ils en ont rien à faire en réalité !
Je regarde par la fenêtre les animaux virevolter dans tous les sens et manger les fruits des arbres. C'est marrant comme "ils" ont une certaine élégance. ça doit être le chapeau haut de forme. Oui c'est ça. tout de suite le chapeau, ça fait plus classe. j'aurais dû y penser ! Ah tiens ! Un autre chat... Qui sort de l'eau ? bon. Oh, attention le chat !! Mais c'est que ça sait se défendre ces oiseaux-là ! Mais ils l'attaquent ?! Je frappe à la fenêtre pour éloigner les bestioles à chapeaux. Rien à faire, ils s'acharnent. Quelle violence ! Tous ces cris, toutes ces couleurs qui s'affolent dans tous les sens ! Prétentieuses créatures qui font tout ce cirque juste pour attirer l'attention. C'est vrai que dans la salle, je n'ai vu qu'eux. Je les ai trouvés tellement répugnants. Non... j'ai beau les regarder, j'ai vraiment du mal à apprécier ces drôles d'oiseaux..."

Cécile Laporte

La lumière apparaît entre les branches. Dans les gris clairs et blancs du fond du tableau. Un entrelacs de fil lacère, griffe alors le noir profond à quelques mètres. La rivière se déroule, fonçant droit sur elle mais se fige à quelques pas.
Quelque chose l'attire au fond, derrière les premières branches. Là-bas, l'air est comme du coton. En beaucoup plus froid.
Les barrières se dressent. La grande main squelettique s'avance. Le sens de tous ces mouvements lui échappe.
L'air est froid.
Un air glacial lui givre les membres et tout se perd dans les ombres.
Elle doit y aller. Ici le noir envahit tout.
De petites taches plus claires ponctuent le chemin.
Elle avance la main. Le froid s'insinue alors dans sa manche.
Tout autour la noirceur se presse.
Vers le centre elle s'éclaircit. L'endroit le plus clair lui est caché. Et elle ne peut l'atteindre.
Les grandes ombres figées empêchent le passage. Elle ne peut pas savoir. Elle essaye quand même mais reste bloquée au même endroit.
Dans le noir.
La lumière reste inaccessible.

Simon Breton à partir d'une œuvre d'Elke Krystufek

Elke Krystufek "the Good thing about globalisation"

Les bons et les mauvais côtés de la globalisation

C'est le bon côté de la globalisation, une silhouette de femme. Ce que je veux dire, que le bon côté de la globalisation, c'est qu'une silhouette de femme ça globalise vachement bien. En tout cas, ça donne envie de globaliser.
Par exemple, un exemple :
- Holà guapa ! Vous marinez chez vos harengs ? Ça vous dirait qu'on globalise avec votre silhouette autour d'un café ?
- Que và globaliser ! Qu'elle me répond, moi ce qui m'intéresse c'est le sexe, le cul, la bite, les nichons, la chatte... et j'aime quand ça fait trembler le sol.
Bon.
Alors ça, par exemple, c'était un mauvais exemple, enfin, disons qu'on peut pas non plus globaliser à tort et à travers. Et c'est là que je pose la question mes chers confrères, mes chères consœurs et mes chers cons-tout-court :
Peut-on tout globaliser ?
Pour répondre à cette épineuse question et ainsi éviter les réponses aussi capillotractées que cérébro-onaniques, faisons une petite expérience. Prenez une exposition d'art contemporain et donnez-lui un nom global, par exemple : « GRANDES SURFACES »
Rendez-vous, seul ou entre amis, à cette exposition. Qu'y voyez-vous ? Non pas UNE exposition mais DES oeuvres.
Incredible, but true.
Je vais donc répondre comme Pierre Desproges l'a fait avec le rire et comme Bergson aurait pu le faire au sujet du rire également :
« On peut tout globaliser, mais pas avec n'importe qui. »
Cependant, la silhouette de femme en tant qu'élément globalisateur d'une exposition dont elle est elle-même un élément intrinsèque à celle-ci rend les éléments confus si nous cherchons à globaliser les propos. En revanche, cette même silhouette utilisée en métaphore d'une ville ou d'un pays que l'on cherche à globaliser par le biais de la personnification possède une charge émotionnelle extrêmement riche pour peu qu'on lui cherche une signification métaphysique :
Aucune ville n'est une silhouette
Aucune silhouette n'est une femme
Aucune femme n'est un homme
Aucun homme n'est une île.
... et l'homme mouille son slip
... car l'homme est un continent
Quand tu frappes ton frère, c'est le Tibet qui brûle.
Ça, c'est le mauvais côté de la civilisation, hein guapa ?
- Que và la civilisation, je croyais qu'on parlait de globalisation ?
- que và toi-même guapa ! Le lapsus m'habite... et peut-être que le sol va trembler. D'ailleurs, globalement, la civilisation est à nos portes, à force de globalisation on va s'aristophaniser et finir comme un gros globe avec tout dedans et rien autour. Et comme disait l'autre: va pas demander pour qui sonne le glas, car le glas sonne toujours deux fois.

Agnès Calu

Le problème après avoir poncé huit plaques de bois en biseau sur l’énorme machine de Jean-Claude, c’est qu’on est tout ramolli du corps et de la tête. Bref je me suis méchamment brimée en m’imposant cette règle : rester au premier, ne surtout pas monter ou descendre les escaliers.

L’œuvre qui retient le plus mon attention, bien que pas la plus visible, est une gravure rouge, marron, et noire avec des dessins blancs. Je me souviens avoir regardé la tête blanche qui est dans le bas à droite, un visage à la fois fantomatique, innocent et un peu animal. Un autre problème se profile, Jimmy s’est posté devant cette tête et il a l’air de penser que je le fixe. Je ne souhaite pas froisser Jimmy une nouvelle fois, alors en plus d’être loin, je regarde l’œuvre de façon furtive. Si ce que je décris semble absurde une fois devant l’œuvre, il ne faudra pas m’en vouloir, je suis encore sonnée par les vibrations du cylindre ponceur et en plus Jimmy a limite intégré les motifs du tricot de son pull à l’œuvre. Il faut admettre que les couleurs collent vraiment bien. En plus, tout option design que je suis je ne voudrais pas me frotter à de mauvaises interprétations.

Enfin, mis à part quelques soucis et quelques obstacles choisis pour faire ce travail le moins bien possible et bien que je repousse d’une page mes propos sur l’œuvre, il va bien falloir que je vous parle d’autre chose que de la tête blanche en bas à droite. Bon, alors le plus évident c’est le volcan, élément central (ça me rappelle que j’ai raté de peu l’occasion d’en voir un), oui un volcan noir rocailleux avec des sillons marrons. Mais ce qui attire chaque fois mon regard c’est le rouge du ciel, je ne sais pas avec exactitude de quel rouge il s’agit, ni coquelicot, ni brique, certainement pas aussi rose que le magenta des tubes d’acrylique, plus clair. Les couleurs de ce tableau sont certes assez « japonisantes » comme le disait Alexis tout à l’heure. Oui, j’ai presque triché mais je ne suis pas descendue moi-même. Et puis par ailleurs grâce à ces discussions je sais qu’il y aurait écrit « O Guagua » en bas de l’œuvre et que l’auteur serait un certain « Marc Bruce ». Je ne sais pas si le O guagua est un cri mais ça pourrait être celui du diable qui se dessine dans les volutes de fumée noire qui s’échappent du cratère, mais pas du chien qui me semble bien trop mou pour menacer d’un tel cri. J’aimerais beaucoup vous en dire plus sur l’œuvre, mais je n’y vois pas grand-chose d’autre qu’un visage blafard et un chien, menacés par un diabolique volcan noir sous un ciel rouge ardent et des couleurs très chaudes, (dans le sens véritable où l’air semble lourd et brûlant). Là c’est sûr avec des états d’âmes pareils, Gérard Bonnaud m’aurait collé un deux sur vingt mais bon... Apparemment on a le droit d’écrire tout ce qu’on veut.

Un dernier problème qui n’en est pas un, je n’ai presque plus de place sur cette feuille, vais-je être sauvée par le gong? J’ai sûrement assez de place pour décrire le pull de Jimmy mais si ça coupe tant pis. Ce pull un peu irlandais a une base marron et des petits motifs triangulaires blancs, jaunes et rouges. Par moments même, la tête de son propriétaire est remplacée par la tête blanche et sans mauvaise blague, ça rend pas mal, pas mal du ... [hélas ce texte passionnant a été coupé suite à une panne de papier, afin de garder bonne conscience, nous en sommes restés là, aucun arbre ne mérite de finir en journal d’ado. Par ailleurs le manque de recherche et l’évidente perte de repères de l’auteur ce jour-là, ont été restaurés par une nuit de sommeil puis quelques jours plus tard, une analyse détaillée de l’exposition à laquelle appartenait l’œuvre a été offerte par le commissaire de l’exposition, graveur passionné.]

Archives du blog

Qui êtes-vous ?

Ma photo
Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist