Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

vendredi 21 décembre 2012

Pauline et Jeanne


Lui :
Elle avait des yeux, des yeux d'opale,
Qui me fascinaient, qui m'fascinaient,
Y'avait l'ovale de son visage pâle,
De femme fatale qui me fut fatale...

Elle :
Je cherche un beau mâle
Un beau mâle, un beau malabar
Qui m´aimera ce soir
Sans jamais me revoir...

Lui :
Elle a les yeux revolvers,
Elle a le regard qui tue, 
Elle a tiré la première,
Elle m'a touché c'est foutu...

Elle :
Tu me fais tourner la tête
Mon manège à moi c'est toi,
Je suis toujours à la fête,
Quand tu me tiens dans tes bras...

Lui :
Quand je vois tes yeux, je suis amoureux,
Quand j'entends ta voix, je suis fou de toi...
Elle m'a dit d'aller siffler là-haut sur la colline,
De l'attendre avec un petit bouquet d'églantine...

Elle :
La nuit souveraine
Étouffe les bruits
Vol fiévreux d´une chauve-souris
Voilà ta joue contre la mienne...

Lui :
Aïe!
C´est fou
C´que ça m´énerve
Quand tu rajustes
Sadique!
Au soleil
Tes jarretelles
Roses

Elle :
Elle rêve à la fermeture éclair
qu'elle remonta d'un air si fier
Elle rêve des divans profonds
Entrevus dans les garçonnières
« Mon dieu pourquoi fis-je des manières »...

Lui :
Moi, tu m´énerves
Moi, tu m´énerves
Avec tes chatteries
Ça m´donne envie de t´esquicher
De te moudre d´amour
De te couper en p´tites rondelles
Comme un petit rôti
Et c´est comme ça qu´un de ces jours
J´ te f´rai passer au four...


Ensemble :
Vogue, vogue vieux navire
Vogue, vogue grand bateau
Nous ne connaîtrons des îles
Que les filles à matelots
Nous ne verrons pas les Antilles
Nous ne verrons pas Macao...

Lui :
Elle m'a dit d'aller siffler la haut sur la colline,
De l'attendre avec un petit bouquet d'églantine...
J'ai cueilli des fleurs et j'ai sifflé tant que j'ai pu
J'ai attendu, attendu, elle n'est jamais venue...

Elle :
Où vas-tu Mathilda?
Où vas-tu ce soir
Le long du canal, 
De ce pas animal?
Je cherche un beau mâle
Un beau mâle, un beau malabar
Qui m´aimera ce soir
Sans jamais me revoir...

Pauline Djerfi

lundi 17 décembre 2012

Pauline Rey


Une chanson douce
Un beau jour
Où peut-être une nuit
Près d'un lac
Je m'étais endormie
Je voltais dans les ténèbres 
À l'allure d'un convoi funèbre
Je goûtais l'air de la nuit
Je ramais sans faire de bruit
J'ai marché autour du lac 
Et je n'ai rien trouvé
Mais qu'est-ce que je cherchais
J'ai mis les pieds dans les flaques 
Et je n'ai rien trouvé
Mais qu'est-ce que j'attendais
Quand je suis seule et que je peux rêver
Je rêve que je suis dans tes bras
Je rêve que je te fais tout bas
Une déclaration
Ma déclaration
Mais si tu crois un jour que tu m'aimes
Ne crois pas que tes souvenirs me gênent
Et cours, cours jusqu'à perdre haleine
Viens me retrouver
Je t'aimerai à genou 
Moi qui ne prie jamais
Je t'aimerais même si tout à coup
Tu me disais que tu m'aimais
Fais-moi une place au fond de ta bulle
Et si je t'agace, si je suis trop nul(le)
Je deviendrai tout pâle, tout muet, tout petit
Pour que tu m'oublies
Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime
Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime
On s'aimait tendrement et c'était l'été
Qui mourrait au moment où tu m'as quittée
Et ça fait mal, crois-moi, une lame
Enfoncée loin dans mon âme
Regarde en toi, même pas l'ombre d'une larme
Non, rien de rien
Non, je ne regrette rien.

John Stezaker

Benoît Villemont avec des liens

J'aime les filles et j'aime aussi les regarder qui marchent sur la plage, et leur allure sauvage.
D'ailleurs au niveau de la sauvagerie, celle qui habitait dans cette cabane au fond du jardin... c'est extra, c'est extra, c'est ma passionata...
Elle est belle belle belle comme le jour et avec ses cheveux rouges et noirs elle va plus haut que les montagnes de couleurs. Seulement, j'ai oublié son regard, j'ai oublié son sourire dans mes rêves glacés, depuis qu'elle est partie dans le sud. 
Là-bas, le soleil à l'horizon, quelques mots d'une chanson: le temps dure longtemps, plus d'un million d'année. Alors, avant de la revoir un jour, je préfère rêver, des roches de Biarritz en été.

dimanche 16 décembre 2012

Collage de phrases


Sonia siffle sans soucis
Son histoire est surprenante
Soudain son souffle se suspend 
Serait-elle surprise ?
Sans doute suit-elle son savoir sans concessions
Consciencieusement elle s'est adossée à un support
Sans s'annoncer une cigale commence à susurrer
Et le soleil s'efface 
Saisissant les senteurs du crépuscule
Délaissant les couleurs 
Pour s'installer dans les nuances 
Estompant les saveurs du jour

Laure Sabler

Laure Sabler


J'irai sur la route
Et le vent nous portera
Et malgré le doute
L'on partira
Que sera sera 
Et viva la liberta

Joie du vent qui souffle
Parce que sans contrefaçons
Nous nous en allerons 
Le longs des golfes clairs
Que sera sera 
Et viva la liberta

Partir un jour sans retour
Et tout ira bien
Je le dis sans détour
Je ne regrette rien
Que sera sera
Et viva la liberta

Plaine oh ma plaine
du passé faisons table rase
Parce qu’il y a trop de gens qui t'aiment
Alors prends garde à toi
Que sera sera
Et viva la liberta


samedi 15 décembre 2012

Marie Hareau



L'Homme : « Elle est lui c'est le jour et la nuit, c'est le sucre et le sel. »
La Femme : « Qui ? »
H : « Lui et elle. »
F : « Et alors, qu'est-ce que ça fait? »
H : « C'est juste une illusion. »
F : « J'y crois encore, à tout jamais jusqu'à la mort. »
H : « On va tous crever. »
F « Où seras-tu le jour après la fin du monde ? »
H « J'irai revoir ma Normandie. »
F « Mon Hawaï a moi ! Mais ... Je ne t'aime plus. »
H :« Ne me quitte pas. »
F: Il est déjà trop tard. Si vous avez peur des chagrins d'amour, évitez les belles. »
H : « Aime mon amour. »
F : « Tout est fini entre nous. Aujourd'hui j'ai rencontré l'homme de ma vie. Tu veux savoir pourquoi j'suis dure avec toi ? T'es pas beau, t'es palot, t'es petit, t'es gros, pas rigolo, t'as pas de cerveau, même pas d'abdos. C'est pas ma faute si toute les femmes de ta vie en moi réunies ! »
H : « Je dois m'en aller... »
F : « He sad no, he sa no, hou. »
H : « Je dois m'en aller. »
F : « Casse-toi tu pues et marche à l'ombre. »

John Stezaker

Bryan Peltier


Laisse pas traîner ton fils papy 
Si tu ne veux pas qu'il glisse 
Qu'il te ramène du vice 
Laisse pas traîner ton fils papy 
Si tu ne veux pas qu'il glisse dans le mia. 
Papy danse le mia jusqu'à c'que la soirée vacille 
Une bagarre au fond et tout le monde s'éparpille. 
Mais cette vieille machine sur sa crête 
Machine sourde et tempête 
Mais cette vieille machine sur sa crête 
Leitmotiv, nuit secrète 
La nuit il ment 
Il prend des trains à travers la plaine 
La nuit il ment 
Il s'en lave les mains dans la mer 
Qu´on voit danser le long des golfes clairs 
A des reflets d´argent La mer 
a Des reflets changeants 
Sous la pluie pose ton gun papy 
Avant que tu perdes tes dents 
Pose ton gun papy 
Quand on voit tes dents, on sourit .

Des chansons dans la tête, Denis Drouet

Souviens-toi 
Etait-ce mai, novembre 
Ici ou là ? 
Etait-ce un lundi ? 
Je ne me souviens que d´un mur immense 
Mais nous étions ensemble 
Ensemble, nous l´avons franchi 
Souviens-toi 
Mon petit oiseau A pris sa volée Mon petit oiseau 
A pris sa volée A pris sa A la volette 
A pris sa A la volette A pris sa volée 
Il s´est appuyé Sur un oranger Il s´est appuyé 
Sur un oranger Sur un o A la volette 
Sur un o A la volette Sur un oranger 
La branche a cassé L´oiseau-t-a tombé La branche a cassé 
L´oiseau-t-a tombé L´oiseau-t-a A la volette 
L´oiseau-t-a A la volette L´oiseau-t-a tombé 
1, 2, 3, nous irons au bois 
4, 5, 6, cueillir des cerises 
Dans la forêt lointaine 
On entend le coucou ; 
Du haut de son grand chêne 
Il répond au hibou, 
Coucou, coucou ! 
Thierry le chasseur est comme tous les chasseurs, il est con... 
...tent d´aller chasser, 
Il aime les fleurs, connaît la forêt par cœur, il est con... 
...centré sur son gibier 
7, 8, 9, dans mon panier neuf 
10, 11, 12, elles seront toutes rouges 
Auprès de mon arbre 
Je vivais heureux 
J´aurais jamais dû 
M´éloigner de mon arbre 
Auprès de mon arbre 
Je vivais heureux 
J´aurais jamais dû 
Le quitter des yeux 
Eh, j´crois qu´j´ai besoin d´un peu d´air frais 
D´une balade en forêt, j´sais plus trop c´que j´fais 
La vie use 

Alice Gravay

Je suis un homme plein d'ambition,
belle voiture et belle maison,
dans la chambre dans le salon,
je tourne en rond, je tourne en rond.
Et un jour une femme
dont le regard vous touche
vous porte sur ses épaules
comme on porte le monde
Elle me dit t'as pas encore des ch'veux blanc,
et t'auras bientot trente ans,
faudrait que tu te réveilles
Mais j'aimerais trop qu'elle m'aime
mademoiselle Valérie
mais j'aimerais trop qu'elle m'aime,
mais elle ne veut pas.
Je lui dis :
Emmène-moi, emmène-moi, 
loin de cette fatalité qui colle à ma peau
Elle me dit oui mais :
emmène-moi danser ce soir 
joue contre joue dans le noir.
Mais :
Les soirées de samedi soir
quelquefois ça me déçoit
pour quelques billets de 100
ça part en giclées de sang.
Ces soirées-là,
on drague on branche,
toi même tu sais pourquoi,
pour qu'on finisse ensemble
toi et moi.
Alors :
Laisse-moi t'aimer, toute une nuit,
laisse-moi, rien qu'une nuit
faire avec toi le plus beau de tous les voyages
Retiens la nuit,
pour nous deux, jusqu'à la fin du monde
Je m'endors dans tes bras,
et la tendresse et toi,
ne font plus qu'un pour moi.
Je me lève et je te bouscule
tu ne te réveilles pas, comme d'habitude.
Je pars au travail en sifflotant :
c'est ça l'amour, 
le grand amour,
tu es, ce que j'attendais,
tu es, mon rêve fou
le soir, je rentre chez moi:
Elle est partie, avant même de me dire au revoir
au fond de mon coeur, il reste encore un espoir
un mot sur la table :
j'me barre, ciao ciao le foyer j'me barre
j'men vais respirer autre part !
dites-moi, dites-moi, même
qu'elle est partie pour un autre que moi
mais pas à cause de moi
A l'heure qu'il est
je sais qu'il est déjà trop tard
elle aura sûrement pris le dernier autocar
elle m'oublie elle m'oublie elle m'oublie.
Comme elle est partie, Jim a les nerfs
Jimmy boit du gin dans sa Chrysler
Comme elle est partie
Jimmy tourne en rond.
Et rebolotte :
Je suis un homme plein d'ambition,
belle voiture et belle maison
dans la chambre dans le salon
je tourne en rond je tourne en rond.

Julie Dautel



-     J'ai encore rêvé d´elle
             C´est bête, elle n´a rien fait pour ça
             Elle n´est pas vraiment belle
            C´est mieux, elle est faite pour moi
            Toute en douceur
            Juste pour mon cœur

-        Je n'vous oublierai jamais
            Di doua di di doua di dam di di dou
            Toute la vie, nous serons toujours des amis
             Di doua di di doua di dam di di dou

-          Elle qui partagera ma vie
Elle, celle qui donnera la vie
Aura porté le fruit de notre union 

-          Ca dégouline d’amour,
C’est beau mais c’est insupportable.
C’est un pudding bien lourd
Des mots doux à chaque fois

-          Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer
Et la terre peut bien s’écrouler
Peu m’importe si tu m’aimes

-       Je vous l'avoue, je n'ai pour vous que du dégoût
             Pourquoi faut-il que dans cette ville on m’aime autant (Roméo et Juliette)

-          Ce rêve bleu
C’est un nouveau monde en couleurs
Une nouvelle vie
Un paradis aux mille nuits sans sommeil

-          Je ne t’aime pas mon amour
Je ne t’aime plus tous les jours
Je ne t’aime pas mon amour
Je ne t’aime plus tous les jours
Parfois j’aimerais mourir tellement y a plus d’espoir
Parfois j’aimerais mourir pour ne plus jamais te revoir

-          Mamma mia, here I go again
My my, how can I resist you?
Mamma mia, does it show again?
           My my, just much I’ve missed you


jeudi 13 décembre 2012

En regardant des collages de John Stezaker...

et en empruntant des paroles de chansons selon le principe exemplaire d'Alain Resnais dans son film On Connaît la Chanson

John Stezaker
John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

John Stezaker

mercredi 12 décembre 2012

Carte postale d'automne


Une feuille est tombée sur le sol dans un mouvement mou et lent. 
Les mots écrits sur cette feuille se sont perdus quand elle est tombée dans un mouvement lent et doux. 
Elle s'est détachée de son accroche pour glisser sur le sol.
J'ai bien essayé de retracer ces mots, de les retrouver. Mais ils se sont dispersés. Leur destinataire ne les recevra jamais. Celui qui les trouvera liera une carte postale dont le destinataire est toi et l'expéditeur moi, sans autre précision. 
J'avais semble-t-il écrit un paysage. Un paysage dont les lignes dessinaient des cubes et des boîtes construites par des rues droites et un ciel bas. Un paysage automnal. 

Images indécryptables


Ce matin, devant les portes vitrées qui interdisaient l'entrée de mon bureau, je fus tétanisé. Un écœurement invincible me submergea. Le bâtiment imposant et froid me fit l'effet d'un tombeau, comme si chaque jour je venais préparer mes obsèques.  
En ce début de jour, semblable à tous les autres, englué dans le même cocon d'ennui que me conférait mon quotidien, je me sentais incapable de franchir cet obstacle que composait le hall presque infini de ce bâtiment administratif. 
Maintenant, depuis que je travaille ici chaque fois que je franchis le pas d'un de ces bâtiments, tous semblables, j'ai l'impression de retourner en enfer. 
Pourtant je crois me souvenir d'un temps où l'évocation de mon travail avait réveillé en moi des enthousiasmes. Ces souvenirs émergent parfois comme des pointes coupables qui viennent me rappeler qu'un jour j'ai choisi de venir travailler ici, et qu'à cette époque je me faisais une grande joie de ce travail. 
Toujours figé sur place, je suis brusquement tiré de mon état par un choc violent. Une femme passe, elle court et ses talons résonnent dans le hall, semblable aux battements d'un temps terrible qui passe sans rythme ni cohérence, mais ponctue ma vie. 
Soudain de ses bras qui enserrent un monceau de papier, s'échappe une feuille. Eclat blanc-gris solitaire, elle vient se poser à mes pieds. 
 Un instant j'hésite avant de me pencher pour la ramasser. Une fois que je l'ai saisie, je vois qu'elle est couverte de symboles. En fait, après observation le mot qui conviendrait plus, me semble être dessins.
Oui, elle est recouverte de dessins. Cette apparition me fait oublier ma déception. Je m'accroche à ce document et franchis le hall, sans même le percevoir. Je traverse les rangées de piliers, passe devant le bar d’accueil et atteint l'ascenseur, d'une traite. J'ai un pas assuré comme je ne l'ai pas eu depuis de nombreuses années. Je vois seules ces esquisses, Un chapeau, une brioche, une clef, un ver, un ancien fer à repasser, et dans une autre, case des briques, un nœud, un étrange objet non-identifiable. 
Toute mon attention est absorbée par ces signes. Ils m'évoquent au premier abord un rébus. Chaque objet se répète deux fois, mais dans une case différente uniquement. Et ils ne sont jamais positionnés au même endroit.
Je découvre que cette disposition ne peut être un hasard. Il faut bien, que pour avoir glissé sur le sol de ce bâtiment précisément, cet assemblage ait un sens. 
Je n'ai jamais vu de code aussi beau, aussi gracieux. Fasciné je cherche un sens évident, une signification. Mais je ne vous trouve pas. Moi qui suis vu comme un expert dans mon domaine, je n'arrive pas à découvrir le sens de ce document. Je suis incapable d'en percer la signification. 
Je travaille depuis un temps immémorial, comme briseur de code, je suis d’ailleurs un des derniers qui restent encore. Et cet élégant dessin, ce malicieux montage me résiste. 
Et je sais que tant que je ne l'aurai pas percé, je ne saurais avoir de repos. 

mardi 11 décembre 2012

Des images, tout un roman...




J'ai gardé mes lunettes et posé mon livre. La porte était restée ouverte pour que le chat puisse entrer et sortir comme il le souhaite, et qu'il ne me dérange pas en plein travail.
Je me suis assise à mon bureau, j'ai ajusté le ruban qu'arboraient mes cheveux.
Il fallait que je continue à écrire. Ecrire un roman.
J'ai commencé à noircir le papier d'encre. Les idées me venaient petit à petit, comme on construit un mur. On élabore la base puis on bâtit le reste en cimentant les briques entres elles pour ne pas qu'elles s'effondrent. 
Un à un, les mots prenaient sens, une histoire émergeait. 
J'ai regardé par la fenêtre une feuille de chêne qui tourbillonnait au vent.
J'avais faim. J'ai mangé un morceau de fromage que j'ai étalé avec un couteau à beurre sur du pain blanc.
Puis j'ai achevé mon récit, jusque tard dans la nuit.
J'ai pris une enveloppe dans laquelle j'ai glissé mon manuscrit.
Un jour, peut-être, aurai-je l'audace de l'envoyer à une maison d'édition...

Pauline Rey

vendredi 30 novembre 2012

Julie Dautel observe


Exercice de description d’après l’observation pendant 5 minutes de la page 13 d’un manuel et restitution sans avoir l’image sous les yeux.
A la page -13- d’un manuel, je vois deux encadrés rectangulaires de la largeur de la page, figures 21. et 22., qui se superposent et contiennent chacun 16 dessins qui paraissent identiques. Les deux encadrés semblent proposer deux compositions des mêmes dessins. Le premier encadré, comme je le lis en premier, est la référence. Les dessins ne me semblaient pas respecter de proportions particulières entre eux. Je répartis les objets en trois lignes. Sur la figure 21, de gauche à droite, un clou, un stylo, une clef, une cuillère, une boule de pétanque à deux stries, un champignon, je passe à la ligne, un petit pic avec la tête recourbée, un bouton avec quatre trous, une barque en bois avec trois sièges, une plume d’oiseau, un couteau, une fourchette, une mine de stylo plume, une feuille d’arbre, un bateau réalisé en pliages en papier et un bouchon de liège dans le goulot d’une bouteille en verre.
En regardant plus attentivement, l’image du dessous m’a paru être la symétrique de la première. Dans sa composition elle l’est, mais par contre les ombres sont restées à droite, comme sur les dessins de l’encadré du dessus.
Je me demande quelle était la destination de ces images. Servaient-elles à aiguiser le regard, à trouver un détail, est-ce de la logique ?
Intriguée, je reregarde la double page (p12 et 13) du manuel. Les figures 19 et 20 elles aussi sont intrigantes. D’un premier coup d’œil j’ai cru que les deux encadrés (qui là pour le coup contiennent exactement les mêmes dessins) proposaient des compositions différentes des dessins dans l’espace rectangulaire. Mais en revenant dessus, je m’aperçois qu’elles fonctionnent d’une manière particulière : par paire. Les deux encadrés offrent à voir une composition différente, mais chaque dessin se déplace avec son binôme. Tout faux ! Le gros pavé est seul, tandis que d’autres dessins sont associés par paire ou par trio.
On dirait qu’une règle régit chaque image et que le spectateur doit la trouver. D'où l'importance de regarder les choses plusieurs fois pour les comprendre.

jeudi 29 novembre 2012

En regardant des images


Quand j'étais petit le vendeur de bonbons me disait toujours : dehors ! tu n'as pas un CLOU, bouchon, un jour j'ai ramené un morceau métallique que j'avais arraché de la palissade de mon méchant voisin, ça faisait longtemps qu'il me faisait de l’œil. Quand je l'ai enfin tendu au vendeur en guise d'argent, il est devenu tout rouge de colère et en me traitant d'enfant plus con qu'un balai, il me renvoya le soi-disant clou, qui s’avérait être un CROCHET plume. J’eus alors l’idée de me construire mon propre clou et pour cela je pris le COUTEAU pierre de cuisine que mon père avait pour habitude de manier afin de tailler son CRAYON DE PAPIER bateau. Pour être sûr de moi j'ai pris la FOURCHETTE barque aussi. 
Je me disais que si mon méchant de voisin était méchant, c'est qu'il devait avoir des raisons. J'en étais maintenant convaincu il cachait quelque chose qu'il me fallait découvrir. Un midi alors qu'il avait laissé la CLEF balle sur sa porte, je m'introduisis chez lui afin d'élucider le mystère de sa méchanceté. Mr grognon, c'est comme ça que papa l'appelait quand j'étais devant lui même si je sais très bien qu'en fait il l'appelait Mr gros con, était un collectionneur de BOUTONS feuilles d'arbres. Il en avait partout chez lui, sur les murs dans les armoires sur ses vestes et même j'en suis sûr, sur ses fesses. Alors que j'entrais dans le couloir j’entends un bruit métallique. Il me semble reconnaître le son d'une CUILLERE plume à écrire tombant au sol. Je m’empresse de me cacher sous le bureau et je tombe nez à nez avec son chat exégèse comme il l'appelait. Il tenait entre ses dents une PLUME A ECRIRE cuillère. On aurait dit qu'il voulait m'adresser un message, comme une introduction, un welcome. Je l'ai donc suivi jusque dans le jardin où sous nos pieds les FEUILLES D'ARBRES bouton craquaient. C'était l'automne et le froid faisait des stalactites sur le bout de mon nez. Pourtant, il semblait vouloir jouer avec moi et en me tendant une espèce de BALLE clef, je compris que le froid lui était d'aucune importance. Il était collant alors j'ai lancé la balle et pour m'en séparer j'ai sauté dans la BARQUE fourchette sur le bord de l'étang. J'avais l'habitude de faire du bateau depuis quelques années. Mon grand-père George m'avais pris comme matelot. Et pour m’entraîner, à chaque dîner de famille il me faisait répéter les pliages nécessaires pour un bon BATEAU crayon de papier. Je rigole tout seul au milieu de l'océan qui m'entoure et que j'imagine sans fin. Jusqu'à ce que je sente sous mon pied une PIERRE couteau informe. Ouais une pépite d'or criai-je ! Je commence alors à chanter des chansons de matelots que tonton Roger criait haut et fort après chaque bouteille de pinard. D'ailleurs moi j'ai toujours trouvé ça dégueulasse les épinards. Je me lève et fais tanguer l'embarcation quand tout à coup, j’aperçois une bouteille à la mer. A l'intérieur, une PLUME crochet se balade, c'est sûrement un naufragé qui dans sa détresse a enfourné son instrument à la place de son message. J'ouvre le BOUCHON clou pour extraire cette chose et enfin lui rendre sa liberté. 

Denis Drouet

La langue française

Un cours  de français 
Oh, le petit chat noir et la chaise ! Les petits exercices d'utilisation des prépositions pour exprimer la position. Ça me fait me souvenir de mon premier cours de français.
"Un chat sur la chaise, un chat  sous la chaise, devant la chaise, derrière la chaise, à gauche, à droite ! "
Nous avons répété, répété......
Ça fait déjà cinq ans que je suis arrivée en France, la langue française parfois est un ami, parfois un ennemi. Je la parle tous les jours, avec mon accent chinois, je ne peux pas bien prononcer le mot "la rue" Je le déteste, j'imagine quelquefois si on parlait tous la même langue dans le monde entier.
En revanche, grâce à la langue, je peux connaître les amis français, je peux communiquer avec les français, je peux faire mes études en France. La langue française me permet de découvrir la culture française.
Oui, à la fin, je vais répéter une phrase que j'ai entendue dans mon premier cours de français 
" La français, c'est la langue la plus belle dans le monde."


Zheng Xili

lundi 12 novembre 2012

Sur une page du manuel de grammaire intuitive


Personnages :
  • Mme de G, grande bourgeoise Parisienne qui aime inviter beaucoup de monde
  • Mrs I, invitée de Mme de G, parlant parfois anglais pour se rappeler ses origines
  • Germain et Hubert, enfants de Mme de G, Germain est l'aîné
  • la bonne

Dans le salon d'un appartement parisien cossu. Les deux femmes, assises chacune dans un fauteuil époque Louis XVI, discutent et usent des bonnes manières. La télévision est allumée. La maîtresse de maison commence.

« Avez-vous des enfants?
  • - Yes, I have a daughter. La pauvre s'est froissé un muscle dès les premières foulées d'un marathon qu'elle voulait courir depuis longtemps...     
  • - C'est étrange. Etait- elle souvent malade avant cet accident? Elle doit être très fragile.
  • - Oh, vous savez, il en faut peu. The beginning is sometimes much more difficult than the end. Et vous, où sont les vôtres? Je sais que vous avez deux garçons.
  • - Ils font leurs devoirs dans la pièce voisine. »
A ce moment, un enfant d'environ huit ans arrive avec un cahier sous le bras. Il le tend vers sa mère qui le lit attentivement. Puis elle redonne le cahier à son fils Hubert.
  • « C'est la même faute qu'avant. Retourne corriger. »
  • L'enfant s'en retourne, la mine boudeuse. Mrs I questionne.
  • « Excellent-ils à l'école vos chers enfants?
  • - L'aîné est ma petite fierté mais celui-là... C'est autre chose. Il mange un gland pensant que c'est une amande. Si vous voyez ce que je veux dire...
  • - Il doit être très distrait, souligne Mrs I en tentant de relativiser.
  • - Sûrement. »
  • Mme de G regarde ses ongles, pensive. Elle reprend :
  • « Ne parlons pas de sujets qui fâchent. Regardons la télévision, ce sont les informations. »
  • La bonne entre. Elle porte un petit plateau sur lequel sont disposés des gâteaux secs et deux tasses de café . Elle dépose le tout sur la table basse du salon.
  • «  Votre café est trop chaud ; laissez-le refroidir un peu. », dit Mme de G à Mrs I. En s'adressant à la bonne, elle ordonne sans même la regarder:
  • «  Mettez les assiettes devant le feu avant le dîner. » 
  • La bonne acquiesce et s'en va dans la cuisine. L'anglaise regarde la télévision qui montre des images de manifestation. Elle commente:
  • «  Je vois un soldat parmi les émeutiers. 
  • - Bien sûr, il en faut bien pour rétablir l'ordre, répond avec vigueur Mme de G.
  • - They are very badly paid.
  • - Les émeutiers ou les soldats?
  • - Both, certainly. Mais quelles sont leurs revendications à ces rioters?
  • - Certainement l'arrêt de la guerre. Au fait, vous êtes anglaise. Etes-vous pour nous ou contre nous?
  • I don't know, c'est assez difficile pour moi. I was in France all the time. 
  • Les deux femmes ne parlent plus pendant un temps. La maîtresse de maison change de chaîne. Apparaît une publicité pour du parfum. Mme de G rompt le silence.
  • « J'ai vu cette actrice sur la scène.
  • She has a beautiful complexion.
  • Germain et Hubert entre dans le salon. 
  • « Pouvons-nous jouer à quelque chose, maintenant que nous avons fini nos devoirs?
  • Venez plutôt saluer milady. Elle est anglaise. » répond la mère. 
  • Les enfants s'approchent et disent en coeur:
  • « Dites quelque chose en français. »
  • Mrs I sourit.
  • Mes chers petits, je sais parler french évidemment! Vous m'avez l'air d'être de sacrés garnements! Qui fait votre lit quand la bonne est absente? Vous êtes grands à présent...
  • Les deux frères se regardent, interloqués. Mrs I rit de plus belle.
  • « Je plaisante, my dear! Je sais très bien que la bonne est toujours là! Parlez-moi plutôt de l'école. »
  • Mme de G ordonne tout bas à ses enfants:
  • « Tenez-vous bien. Vous êtes trop serrés. Hubert cesse de coller ton frère!
  • Je suis à la tête de ma classe, répond fièrement Germain à l'invitée.
  • Il a passé un concours récemment. Vingt-six candidats ont échoué. Lui est arrivé premier. » renchérit sa mère.
  • Hubert qui s'était éclipsé revient avec la gamelle du chat dans les mains. Sa mère le toise, gênée: « Où avez-vous été?
  • Le chat a bu le lait qui était dans le bol.
  • Oui, oui. Laissez les grandes personnes discuter entre elles maintenant! » répond  Mme de G, impatiente. Les enfants se retirent et vont jouer à l'étage. L'anglaise remet sa coiffure en place. 
  • « Quelques unes de mes épingles sont tordues.
  • Cela ne se voit absolument pas. Vous êtes toujours ravissante. Et, je n'osais pas vous le dire mais... Votre mouchoir sent bon. » complimente Mme de G pour faire bonne figure.
  • Mrs I, flattée poursuit:
  • « Avez-vous eu des visiteurs?
  • Aujourd'hui, vous êtes la seule. Avez-vous du temps à votre disposition? J'aimerais vous garder à dîner avec nous ce soir. 
  • Ce serait avec plaisir mais je dois partir. It's getting late.
  • Avez-vous loin à aller?
  • Oh no, je vais au bureau de poste. Le facteur is friend.
  • Demandez-lui s'il a des lettres pour moi.
  • Je n'y manquerai pas.
  • Les deux femmes se lèvent et se dirigent vers la porte. En partant, l'anglaise se retourne, le visage crispé d'avoir trop sourit, et dit:
  • « Agréez mes meilleurs remerciements. Cet après-midi fut délicieux. »
  • Elle part d'un pas pressé, la porte se referme derrière elle. Mme de G souffle, soulagée que l'autre n'ait pas accepté l'invitation à dîner. 
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  • Pauline Rey
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