Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

dimanche 17 octobre 2010

Une collection de débuts de phrases pour ne pas rester devant une page blanche

C'était la fin du séjour, un peu avant ...


Bien sûr qu'on ne répond pas aux ...


Les pas s'arrêtent derrière la ...


Plus tard, beaucoup plus tard, lorsque ...


Loin, quelque part dans la ville ...


A la tombée du crépuscule, quelqu'un ...


Elle vient reprendre sa place auprès ...


Rien ne la détourne de son récit ...


Ils avaient failli ne pas arriver jusque là ...


Depuis son plus jeune âge il ...


La demi-heure qui suivit fut un véritable ...


Au sommet, ils furent harcelés par ...


Au bout d'un mois, il avait réussi à obtenir ...


Il ne souhaitait qu'une chose, être encore assis à ...


Ce n'est pas seulement un bon signe, cela prouve ...


Avant de se livrer à une telle ...


Moi, je crois savoir où tout ça ...


Entendant cette discussion, l'un des ...


Seules deux choses lui permettaient ...


Ce qu'il craignait le plus n'était pas ...


En effet, une autre homme était en train de ...


Quant à la fin de l'histoire, j'imagine que ...


Presque tous les jours désormais ...


Comme il l'avait fait tant de fois ...


A tout instant quelques-uns de ces ...


On peut se demander, malgré tout ...


Il en eut été tout autrement si ...


Ce que l'aquarelle ne montre pas, c'est ...


Par hasard, il se trouve que deux personnes ...


Un soir où, chez des amis de mon ...


Une fois passée la sensation de mon retour ...


Impossible, pour moi, longtemps après, de ..


J'attends l'heure où tous seront ...


Une carte postale, en vente au ...


Dans un élan titanesque ...


Cette boue semble sale mais en fait ...


Quoi qu'il en soit, celui qui va se promener ...


Génial et cabotin, riche de cette indomptable ...


Il serait plus important d'en parler avec ...


Il n'a pas inventé ce nom ...


C'est ainsi que commencèrent plusieurs ...


De ces entreprises aventureuses et charitables c'est à peine si ...


Ils vont finir par se fâcher ...


Près de l'endroit où se trouvait sa maison ...


Il a appris depuis longtemps à être ignoré ...


On était si bien sur l'herbe, surtout le soir ...


De ce désir vague et en même temps inflexible ...


Cela, je ne pourrais le dire ...


Pour quelqu'un qui ne fonctionnait qu'avec ...


J'ai toujours rêvé ...


J'aimerais éviter de me souvenir de ...


Il suffit de regarder l'horizon pour ...


Comment se fait-il que ...


Ne me demandez pas pourquoi ...


C'est chaque fois la même chose ...


jeudi 14 octobre 2010

on porte l'apôtre en porte à porte



-Bien qu'elle fût dans un faux fût, il faut bien user de cette faux bien usée.


-Ce parti-pris prend pied bien qu'il soit parti avec le prix.


-On s'en fout, dans la foulée on l'y fout sans se fouler.


-Apporte ta porte d'appart', on porte l'apôtre en porte à porte.


-Nous sommes sains et saufs, sauf les saints.


-J'ai acheté vingt vins en vain.


Quentin Aubé



"Je suivais du regard cette mouche qui avait sérieusement prit place sur une rigole.
Quand jaillit l'odeur nauséabonde de la bouche d'égout qui me submergea de dégout, la mouche quand à elle était bien à son aise dans cette flotte sinistre.
Un rire aussi étincelant que de l'or brisa le spectacle. La mouche se mit à flotter dans les airs et alla rejoindre sa consœur la mouche au croissant de la bouche d'une dame.
Or, cette dame qui rigole, n'avait pas la carrure de son rire, car la brise qui s'en dégageait n'était pas celle du croissant mais la même que celle des égouts voire pire.
Je compris bien assez vite que la mouche était toujours appâtée par la même odeur..."

Anaïs Ciaran

mercredi 13 octobre 2010

ce petit vent brise sa sieste

Le vieil homme est allongé dans son hamac, il porte un chapeau de paille et tient un livre ouvert sur sa poitrine. Vers dix-sept heures une légère brise lui pousse ses longs cheveux sous le nez, ce petit vent brise sa sieste et fait grincer la porte en bois du cabanon où il range son matériel de pêche.

Il a dormi la bouche ouverte, elle est sèche et sa salive pâteuse, il baisse le bras pour prendre sa gourde laissée en plan sur le sol. L'homme boit une gorgée et puis une autre avant de laisser couler le reste de flotte sur son visage. Il rentre dans son cabanon, pour regarder par la fenêtre étroite où aucun des arbres ne lui bouche la vue sur le bras de mer sous la falaise. Un petit voilier flotte près du rivage, il attend qu'on lui livre un sac de riz et des fruits. Il espère juste que ce ne sera pas cette gourde de livreuse qui se trompe à chaque fois, c'est des bananes et des marrons qu'il veut, pas des châtaignes. Le vieux regarde à présent ses instruments de pêche, ils prennent la poussière, ça fait maintenant longtemps qu'il n'avait pas prévu de plan pour ses journées.

Ce vieux attend, il ne fait plus qu'attendre, il est seul.


Mathieu Laffargue a bien suivi la règle, les mots en italique sont répétés, dans un sens différent.

curieux croissant

"Le curieux croissant, signe de sa ligne polie, le tour de ta bouche. Une tour, croissant alors sous ce signe discret, bouche ainsi toute une ligne de curieux bien trop polis. Cette foule, telle une flotte gauche, foule la gauche d'un bras de mer, sur lequel flottent... MINCE ! les bras minces de ma mère."

Hugues Loinard a répété, mais dans un sens différent, les mots en italique.

dimanche 10 octobre 2010

Tout ce qui reste dans ma gourde, c'est de la soude.

J'étais comme un poulet de batterie, en file indienne. La bouche ouverte, la porte du frigo entrouverte. Un rai de lumière sur le carrelage gris souris. Cette ligne floue est une menace pour la mienne. Cette ligne mince. Le signe curieux de mon état, qui met à jour devant la foule, les dégâts du canon qui me lance. J'avais un plan, pauvre gourde, bien au point, bien poli. Je suis descendue de ma tour pour diriger l'opération. J'avais tout planifié avec soin, sauf la sortie du port.

J'ai passé beaucoup de temps sous couverture, fidèle à mon poste, sans regarder jamais ni croissant ni dessert. Le creux dans mon ventre plan, c'est moi, la partie pour le tout. La brise me courbe, le vent me soulève. Je fais le tour de mon bras avec ma main. Mais je me donne un genre, faux et gauche, grave parfois. Je ne ferais pas de mal à une mouche. Je veux juste aller à la plage, me tremper, alors c'est régime sec, presque dictatorial. Le bras de ma mère n'y suffira pas, je sais que c'est grave, ni la batterie des conseils. Peut-être même que ça me dessert, que ça me conforte dans mon état souverain, assiégé par les canons, le danger va croissant. Je porte à ma gauche, un point de côté, il faut peut-être que je me livre, mince.


Tout ce qui reste dans ma
gourde, c'est de la soude. Je suis partie, je foule le sol, gare aux curieux. L'un d'eux se signe sur mon passage, me lance un regard étrange. Je me réfugie dans la gare, être sain et sauf. C'est à mon tour. Je souris, je file. A la sortie elle se poste, elle va chasser à la mouche, c'est sa plage horaire. Elle porte sa faux, me bouche le passage. Il faut rester poli pour le bien de tous. Faire genre. Le port du masque est obligatoire On commence le soin. Après l'opération, vous ferez un rapport. Il fait jour, la couverture de l'autorité se brise et part en rigole puis en crue. Comme un torrent de flotte qui emporte tout et le soude dans un magma bleu et or. Il m'en reste bien un, un bleu, mais ce n'est pas grave, et d'ailleurs, j'en rigole. A part ça, je ne crois pas avoir jamais été crue.

Rose Mansion

Les mots en italique ont été employés au moins deux fois, dans deux sens différents, telle était la règle.

Liste de mots à employer deux fois, dans deux sens différents

porte

tour

croissant

crue

livre

point

gauche

lance

gare

bras

mince

soude

gourde

plan

état

sauf

brise

vent

or

part

grave

bleu

souris

port

flotte

faux

genre

bien

poli

ligne

jour

file

rapport

partie

curieux

rigole

régime

batterie

canon

folle

dessert

couverture

poste

sortie

mouche

opération

soin

plage

signe

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Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist