Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

dimanche 8 janvier 2017

Si je te montre cette image, tu penses à quoi ? Lucie Cros

Moi - Hey, dis... Si je te montre cette image, tu penses à quoi ? 

Lui - Alors...à Tintin ! Y'a toujours des gros bateaux quelque part dans Tintin..Et puis parce qu'au niveau du dessin, y'a un peu de Tintin aussi.

Moi - Ah ouais. t'as pas tort. Vas-y, on va jouer le jeu...c'est quoi pour toi le numéro 1?

Lui - Un bateau.

Moi - Oui. Mais pour être exact, c'est un Cargo Lourd, un navire de charge spécialisé au long cours. OK ?

Lui - OK. Tu veux jouer à ça ? Le numéro 52 ma petite, trouve-le, et on en reparle.

Moi - T'es sérieux ? Je sais pas... un chapeau ? Un béret ? un...Bonnet ?

Lui - Non, c'est le passager.

Moi - Pfou. Non, mais c'est une blague. Le numéro 52 est sur son chapeau. Et y'a pas de numéro pour les passagères à côté de lui ? Je sais pas, si je suis une étrangère ou une enfant qui veut apprendre la langue, j'aimerais bien savoir le féminin du mot "passager". 

Lui - Rho ça va, range ton côté féministe deux secondes ! Mais ouais, je vois ce que tu veux dire, le rapport au langage est bizarre. Puis aujourd'hui tout le monde s'en fou de savoir tout ça. Bon, pas tout le monde, mais t'apprends tout sur le tas, et puis y'a déjà bien assez d'images dans la rue, et sur les réseaux sociaux. Mais par contre grâce à ce genre de système de dessin et de numéro, tu peux t'amuser à changer les noms, ou à carrément inventer une autre langue. Genre...le numéro 62, c'est "l'estrope". Bon, déjà, inconnu au bataillon pour ma part. Mais maintenant, si je te dis que cette image-là, cet objet-là, indiqué par le numéro 62, était en fait, un "Kikouillou salivaire".
 Ahhhh, ça t'en bouche un coin là, hein ! Comme quoi, tout est question d'image, de définition... Tu fais ce que tu veux. 

Moi - Ouais, tu fais que tu veux. Y'a presque pas de limite. A part peut-être une limite morale. Je te dis ça, parce que ça me rappelle un film... "Canine" de Yorgos Lanthimos. Un Grec. 
attends, je te lis le synopsis. 

Le père, la mère et leurs trois enfants vivent dans une villa isolée dans la campagne. Leur maison est bordée d'une haute clôture. Les enfants n'ont jamais franchi la clôture. Leur éducation, leurs loisirs, leurs amusements, leur ennui, leur entraînement physique se conforment au modèle imposé par les parents, en l'absence de toute empreinte du monde extérieur. Ils n'ont pas de prénom, et les parents changent la signification de certains mot. Les enfants pensent que les avions qui volent au-dessus de la maison sont des jouets, les parents renforcent cette croyance en mettant ce type de jouet dans le jardin, ce qui laisse à penser que les avions tombent. Une seule personne a le droit de s'introduire chez eux : Christina, qui travaille comme agent de sécurité dans l'usine du père. C'est pour satisfaire les pulsions sexuelles du fils que le père fait venir Christina. Un jour, elle offre à l’aînée un serre-tête qui brille dans le noir en échange d'un cunnilingus.
Lors d'une session suivante, Christina propose du gel en échange de la même faveur sexuelle, mais l’aînée refuse, et demande deux cassettes vidéo en échange qu'elle a trouvées dans le sac de Christina. Elle regarde plus tard les vidéos en cachette, et est fortement influencée par les films. Son père découvre les cassettes vidéos, il frappe alors sa fille pour la punir. Il frappe également Christina, et met fin à leur partenariat. Puisque Christina ne s'occupe plus du frère, les parents laissent le fils choisir la sœur qu'il préfère pour avoir des relations sexuelles.
Selon les dires des parents, ils ne seront prêts à sortir de la propriété que lorsqu'une de leurs canines tombera. Et conduire la voiture, le seul moyen de quitter la maison en sécurité, qu'une fois repoussée. L’aînée se fracasse une dent avec un haltère, et se cache dans le coffre de la voiture. Le lendemain, le père se rend à son usine avec sa voiture. L’aînée, toujours dans le coffre, n'en sort pas.

Franchement, ce film...est une pépite. Mais une fois que tu as fini, t'as juste envie de vomir. 
Lui - La vache. C'est flippant. Et du coup ça me donne pas trop envie de le voir hein.
Moi ça me rappelle un autre truc, un peu plus marrant...Le Golden Show, "On dit que tu t'encules", avec monsieur Poulpe. C'est l'histoire d'un étranger, qui a rendez-vous avec une femme. Au fur et à mesure de l'épisode tu te rends compte qu'il n'utilise que des insultes dans son vocabulaire. Du genre, pour lui dire qu'elle à de beaux yeux qui brillent, il lui sort " je trouve que tu as de très belles couilles, qui brillent. Qui brillent tellement que tout le foutre, il se reflète dedans." Bref, tu vois, le rendez-vous se passe comme ça, et le mec rentre chez lui. Il retrouve son colocataire, et tu vois un panneau derrière lui avec des images et des mots écrits en dessous. du genre, une mouette, c'est un bougnoule, un chien c'est une pétasse, le chat, c'est un connard... bref, dit comme ça, c'est naze, mais je te le montre après.

Moi - haha, oui, je veux bien voir ! Bon, on se fait un dernier test ? trouve-moi le numéro 43.
Lui - ... Une porte ?


Moi - Non, le sabord de muraille.

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Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist