Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

samedi 15 novembre 2014

Deux personnes qui discutent, écrit Corentin Postic

Le curé sur le mur

Deux personnes qui discutent.

A - Comme je dois lui paraître acariâtre.
B - Mais il ne déparerait le héros et la diaphane.
A - Avec perspicacité.
B -  Ma question tombe comme un caillou et fête l’incantatoire.
A - Je sais que pour son ephéméride...
B - Ma fille est une sorte de petit paladin radicelle.
A - Adjacent les meubles de paille et pousse devant ellele troupeaucomme si elle le menait en ce moment.
B - Je sais que pour sa vigogne fidèle...
A - Et un petit aquilin
B - Inaccessible au commun des oriels
A - Opiniâtre
B - Le mot presbytère venait de timoré

A - C’est certainement le presbytère le plus gai que je connaisse, avait dit chafouin

vendredi 14 novembre 2014

Supermarché express avec des mots latins par Quentin Geslan

Supermarché express

Être bercé par le mouvement de l'escalator. Lentement parvenir dans le hall, se diriger rationnellement vers les tourniquets automatiques, d'allure active et gracieuse comme les voltiges d'une libellule affolée par l'odeur contagieuse de l'origan mijoté au stand culinaire à l'entrée.

Sur les écrans animés à notre gauche, défilent les images d'un blockbuster où à la suite d'un naufrage miraculeux, des grenouilles carnifex dévorent généreusement les rescapés. 

Continuons notre marche, ponctuée d'arrêts incertains entre les biscuits et les fruits secs. Petit garçon, invisible dans l'allée à notre droite (apparemment celle du miel, des confitures et des pâtes à tartiner), humilié par son paternel d'avoir modestement tiré la langue à un ou une inconnue. Dans l'intervalle des paquets de semoule alignés en rangs quinze par quinze, jetons un œil pour entrevoir la scène publique. Le petit garçon, persévérant d'impertinence, continuait d'irriter le père

et par la même occasion, une famille taciturne et ruinée, bien décidée à se frayer un chemin entre les mailles du filet.

Poissonnerie – boucherie : sanctuaire à viande les chambres froides

nous les évitons pour mieux rejoindre la jardinerie : un brin de nature et de parfums nobles

pour finalement ressortir à l'entrée
affolés par l'odeur du met provençal à l'origan que
par l'irrésistible tentation
nous achetons.

Quentin Geslan

L'usage des mots, par Maëly Massereau


____Première partie en ne sachant pas la signification des mots proposés :

"Arthur, Arthur, où es-tu, viens vite, il faut que je te montre quelque chose !
- Oui, oui, j'arrive... Qu’y a-t-il de si urgent Elena ?
- Oh, mais tu m'as l'air tout chafouin aujourd'hui, que se passe-t-il ?
- Rien de transcendant, je suis seulement sorti avec mes amis et j'ai un peu abusé de la vigogne.
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Ça va, pas la peine de prendre cet air si circonspect ! Tu voulais me montrer quelque chose non ? Alors fais voir !
- Aussi fatigant qu'une crise d'acariâtre toi aujourd'hui ! Peu importe... Regarde ! N'est-ce pas d'une beauté sans pareil ?
- Heu... C'est un peu aquilin comme objet, tu ne trouves pas ?
- Quoi ? Mais tu es fou ! Peu être un peu roboratif certes, mais c'est un véritable bijou technologique !
- Je suis quelque peu intempestif face à ce que tu me montres là.
- Non d'une radicelle ! Je n'arrive pas à croire que tu ne puisses pas être sensible face à ce genre de chose... Parfois, tu m'exaspères Arthur...
- Ne diaphane pas comme ça Elena, je te prie.

____Deuxième partie en sachant la signification :

- Je trouve cet objet tellement incantatoire !
- Ça ressemble plutôt à une vigogne ton truc là !
- Arrête d'être acariâtre comme ça Arthur ! Bon, ça suffit, je vais aller nous préparer un bon repas bien roboratif pour être en forme pour ce soir ! Mais sinon, tu ne trouves vraiment rien d'intéressant à ce que je viens de te montrer ? Même un peu ? Ce n'est pas possible, il y a bien un peu de positif dans ton opinion, non ?
- Qu'est-ce que tu peux être opiniâtre toi des fois ! Laisse moi tranquille ! Et sois circonspect dans ce que tu fais pour une fois !
- Mince, j'ai oublié d'acheter des œufs !
- Tu n'as qu'à demander à nos voisins adjacents !
- Quelle perspicacité tu as des fois, tu m"impressionnes ! Bon je vais.... Arthur ? Est-ce que ça va ? Tu as le teint tout diaphane tout à coup !?
- Je ne sais pas ce qui m'arrive, je ne me sens pas très bien... Ouvre l'oriel s'il te plait, il faut que je prenne l'air !"

Maëly Massereau


Mercator-Vortex-Ruina-Punctum


Marchant inlassablement, je marche.
La rue est recouverte de neige sale. Il fait sombre, la rue est vide, le son de mes bottes claque dans l’air sec.
Sur ma droite une petite allée, une poubelle.
Je marche d’un pas rapide. En regardant de nouveau à droite, une boutique. 
Je marche de plus en plus vite.
Au bout de la rue, je me rends compte que je suis perdu. Hébété, je lève la tête cherchant une plaque indicatrice : Rue Mercator.

Je marche encore.
Le chemin est recouvert de neige sale. Il fait sombre, la rue est vide, le bruit de mes bottes retentit dans l’air sec. 
Sur ma droite une petite impasse, pas de poubelle.
Je marche rapidement. Regard à droite : un vieux plan de métro à terre.
J’accélère la cadence de mon pas.
A l’extrémité de la rue, je prends conscience que je me suis égaré. Groggy, je lève le visage cherchant une indication : Avenue Vortex.

Je marche toujours.
Le trottoir est recouvert de sloche. Je ne vois rien, il n’y a personne, la mélodie de mes bottes sonne dans l’air sec.
A ma droite un cul de sac, un ballon abandonné.
En marchant rapidement mon regard se pose à droite : rien.
J’allonge le pas.
A la fin de l’avenue je devine que je suis esseulé. Désorienté je lève mes yeux cherchant un renseignement : Boulevard Ruina.

Je marche irrémédiablement.
Les pavés sont recouverts de neige fondue. Je suis seul dans le noir, la rythmique de mes bottes enveloppe l’air sec.
Vers ma droite un passage, la moitié d’un dollar déchiré.
En allant promptement ma tête pivote à droite : rien.
J’accélère.
Au 4/4 du boulevard je comprends que je suis déboussolé. Sonné, je lève mon regard cherchant une information : Terminus Punctum.



Koré Préaud

Nom féminin, du latin radix

Radicelle [Radisεl] nom féminin, du latin radix –racine : 

Terme commun du 18ème siècle désignant une petite nacelle en osier remplie de radis.
La pratique courante de l’époque consistait à attacher une nacelle pleine de radis à un ballon gonflé d’Oriel et de lâcher l’ensemble dans les airs.
Ainsi un amant averti pouvait grâce à son doux palais découvrir les envies culinaires de sa belle.
Mais cette technique courtisane sombra le jour où Roméo envoya au balcon de Juliette une radicelle dépassée d’une semaine.
Il s’ensuivit ce que nous connaissons tous : deux suicides intempestifs de deux timorées.


Koré Préaud



" Intempestif "

"Intempestif !" Ce mot résonnait en moi comme un parfum familier qu'il est impossible de déterminer. Si bien, que j'en étais venu à l'appliquer sans en comprendre le sens. Toutes ces parties de "Uno" où, je me retrouvais à regarder ma mère d'un air circonspect et à prendre des pénalités dès qu'elle criait "intempestif" finirent par me conditionner. D'ailleurs, n'importe quelle personne perspicace finirait par en comprendre le sens de manière aussi implicite.
Mon voisin adjacent pensa m'en apprendre le sens en disant avec son air opiniâtre : "Ne soit pas acariâtre, le mot intempestif est composé du mot ''temps" et "in" ce qui donne l'intemporalité. Le "pestif" en fait un mot négatif. C'est donc le mauvais moment de jouer tout simplement."
Mince ! Je me focalisais maintenant sur le mot acariâtre.

Le lendemain sonnait différemment. Après maintes recherches roboratives dans le dictionnaire je me sentais prêt à prendre ma revanche. Le garçon timoré que j'étais laissa place au moi devenu chafoin. L'acariâtre respirait alors la science du langage prêt à extirper ma rancœur envers le voisin autrefois opiniâtre. L'éphéméride de ma méconnaissance passée allait être lavée. Armé de mon grimoire incantatoire nommé Robert je rendrai les propos de ce dernier, diaphanes. Mais mon empressement me fit oublier qu'on était dimanche, jour de travail pour certains. Brisant mes espoirs de vengeances me faisant revenir à l'état timoré que je fus la veille. Laissant Robert à sa bibliothèque et mon enthousiasme avec lui. 
 Rémi Hertrich

jeudi 13 novembre 2014

Bon au moins

bon au moins j'ai fini ça aujourd'hui ! hier j'avais tout bien rédigé mes définitions de mots, mais elles ont fait partie des certains trucs que j'ai perdus ! Je m'y suis remis avec vigogne aujourd'hui, c'était assez roboratif. Je dois t'avouer qu'hier soir j'étais un peu chafouin quand j'ai appris que mon document était acariâtre... Au moins, maintenant je m'organiserai mieux pour toujours faire une, voire deux sauvegardes adjacentes pour ne pas que ce genre de problème devienne intempestif. Comme disent les profs, il faut être plus radicelle. C'est tellement imprévisible ce genre de situation. Des fois je me dis, il suffirait d'être perspicace, de prédire en fonction de l'éphéméride, l'état du fichier... Ou prier, organiser un petit rituel incantatoire. Mais bon... c'est plus oriel.

Benoît Villemont

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Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist