Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

vendredi 14 novembre 2014

Supermarché express avec des mots latins par Quentin Geslan

Supermarché express

Être bercé par le mouvement de l'escalator. Lentement parvenir dans le hall, se diriger rationnellement vers les tourniquets automatiques, d'allure active et gracieuse comme les voltiges d'une libellule affolée par l'odeur contagieuse de l'origan mijoté au stand culinaire à l'entrée.

Sur les écrans animés à notre gauche, défilent les images d'un blockbuster où à la suite d'un naufrage miraculeux, des grenouilles carnifex dévorent généreusement les rescapés. 

Continuons notre marche, ponctuée d'arrêts incertains entre les biscuits et les fruits secs. Petit garçon, invisible dans l'allée à notre droite (apparemment celle du miel, des confitures et des pâtes à tartiner), humilié par son paternel d'avoir modestement tiré la langue à un ou une inconnue. Dans l'intervalle des paquets de semoule alignés en rangs quinze par quinze, jetons un œil pour entrevoir la scène publique. Le petit garçon, persévérant d'impertinence, continuait d'irriter le père

et par la même occasion, une famille taciturne et ruinée, bien décidée à se frayer un chemin entre les mailles du filet.

Poissonnerie – boucherie : sanctuaire à viande les chambres froides

nous les évitons pour mieux rejoindre la jardinerie : un brin de nature et de parfums nobles

pour finalement ressortir à l'entrée
affolés par l'odeur du met provençal à l'origan que
par l'irrésistible tentation
nous achetons.

Quentin Geslan

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Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist