Un groupe de personnes qui se réunissent un jeudi sur deux pour écrire

dimanche 30 novembre 2014

Trois textes de Charlotte Pineau en un seul envoi

Atelier écriture n ° 1 - John Kennedy Toole et C.Mc C avec Claire Berrebi 

J.K : .. Quant à mes convictions à l'égard de l'injustice sociale des pastèques et de leurs droits civils, mon anneau pylorique a vigoureusement réagi.. 

C.McC : Tu traverses un verger, tu es comme l'un de ces arbres tordus et voire, tu es une banche morte! 

J.K : Mais je n'ai pas connu quiconque qui brouillonne à l'apport des égouts. Même les poissons près de ton triste verger meurent de cette complète absence de contact avec la réalité quasi-totale de l ' " art " d'Amérique.. 

C.McC : Quel vent.. Tu es comme la cendre molle, indépassable dans le sillon du verger. Dans la réalité nous sommes comme tes pastèques, composées de sang séché, où poussent les uns à côté des autres, comme des frises de têtes humaines ou des viscères, desséchées, aplaties. Ton sourire est crispé, tes yeux rétrécissent ! 

J.K : Je n'ai jamais vu pousser moralement et spirituellement des compositions de sang séché ayant d'ailleurs une certaine aphasie stagnante. J'aimerais que la circulation de ces engins à leurs grosses lèvres bâtissent quelque part à travers l'obscurité de ce verger une ressemblance entre l'art d’Amérique et certaines régions d'Afrique !

C.McC : Tu parles d'anciennes cicatrices armées d'anciens motifs cousus le long des murs de pierre. Tu ne peux pas perdre la tête, même sous les coups de gourdin! 


Atelier écriture n° 2 - Liste de mots inconnus 

Un moment de flottement, l'esprit s'égare mais les yeux sont là, grands ouverts, à l’afflux du moindre petit détail. J'observe. J'observe tous ces passants ayant cet air roboratif. Ils filent. Le regard au sol, ou loin devant. Ils sembleraient suivre un chemin déjà tracé. Ils longent ces lignes imaginaires adjacentes les unes aux autres. Tous les laissent indifférent, tels des automates. Ces chemins éphémérides qu'ils créent transforment mon regard chafouin en un regard exaspéré. Tout a l'air d'être prédéfini. Mes yeux se posent sur cet homme, grand, attirant, une carrure qui ne passe pas inaperçue. Son air vigogne le rend frigide. Je le perds de vue. Ce moment intempestif me plonge dans une multitude de questions. 


Atelier écriture n° 3 - Ecrire d'après dessin - schémas 

L'heure sonne où les mains s’entrelacent 
où la pression atmosphérique trépasse
où l'eau épouse la forme de sa nuque 
où dans leurs esprits, il se passe plein de trucs
L'air chaud sous son dos,
le potentiel sous ses pieds, 
ne font que répondre aux secrets que cache cette clef. 
L'heure sonne où elle se trouve en chute libre
où ce transformateur nous fait part de son calibre
où l'administration publique se trouve sous le bureau
où là-haut, il faut toujours aussi chaud. 
La lumière est éteinte, 
l'énergie surgit, 
le temps que les hélices s'actionnent. 
L'heure sonne où sa jambe se soulève,

où dans les champs ils ne connaissent pas le mot " grève".

Charlotte Pineau

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Perspectiviste acharné depuis 1995 /unremitting perspectivist